‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 33 sur 205 · LIVRE XXXEV · texte numérisé non relu

LIVRE XXXEV

Les membres du Tribunal révolutloonaire avaient été é]us le 15 mars^; cependant, à la fin du mois, ils n'étaient pas encore entrés en fonctions; des plaintes très-vives s'élevaient contre ces relards. Les nouveaux magistrats s'en émeuvent et viennent, le 2 avril, à la barre de l'Assemblée dénoncer l'inaclion oîi les laisse la commission des Six, chargée de mettre en mouvement et de surveiller le Tribunal.

Garran-Coulon, président de la commission, répond que si des actes d'accusation n'ont pas encore été soumis à l'approbation de l'Assemblée, c'est que ses collègues et lui attendaient les pièces nécessaires pour servir de base à des procédures aussi importantes.

Le montagnard Osselin n'admet pas cette justification : (1 Toutes les fois, dit-il, qu'un tribunal a derrière lui un autre tribunal, il ne peut marcher, la. commission est inutile. J'en demande la suppression, n Albitteajoute : n S'il s'agissait déjuger des fauxmonnayeurs, je consentirais à ce que l'on suivît toutes les formes; mais quand il s'agit de punir des conspirateurs, il n'y a plus de formes h suivre. «

Rabaud Saint-Êlienne, l'un des Six, revient sur les explications de Garran-Coulon j mais il déclare en même temps ne pas s'opposer à la suppression de la

i . Voir t. VI, p. SSi et 289-

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commission. Maral s'écrie : » Oui, la suppressiOD. Cette commission n'a été instituée qne pour paralyser le Tribunal révolutionnaire et pour assurer l'impunité à quelques membres de la Convention. » Devant l'insistance de Marat et de ses amis, devant la mollesse des Giropdins, l'Assemblée n'ose maintenir plus longtemps la commission des Six; elle supprime comme un rouage inutile ce contre-poids que l'on avait essayé, trois semaines aupaiavant, d'opposer aux pouvoirs exorbitants attribués au Tribunal révolutionnaire.

Les démagogues, voyant la Convention de si facile composition, ne s'en tiennent pas là; le 6 avril, ils reviennent k la charge et arrachent k l'Assemblée une concession nouvelle. L'Assemblée venait de décréter d'accusation un officier présumé complice de Dumouriez. Charlier s'écrie : « Pourquoi ce décret? il n'est pas nécessaire de le rendre. L'accusateur public doit avoir le droit de poursuivre directement les individus soupçonnés de conspiration, d Lanjuinais, toujours sur la brèche lorsqu'il s'agit de s'opposer aux envahissements de la démagogie, répond : « Au nom des principes qui consacrent la liberté individuelle, je demande la question préalable sur la proposition de Chariier. u Mais Danton s'élance à la tribune. « La Convention, dit-il, a voulu un tribunal extraordinaire pour effrayer les conspirateurs. Dans les circonstances actuelles, il faut imprimer à ce tribunal une marche rapide et prompte. Vous l'avez déjà si bien senti vous-mêmes, qu'il y a trois jours vous avez anéanti la commission chargée de la rédaction des décrets d'accusation. Si vous vous réser-

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