‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 35 sur 205 · LIVRE XXXIV. 6T · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIV. 6T

illusoires, l'Assemblée donnait à Fouquier-Tinville ud droit de yie et de mort sur tous les citoyens de la République. Celui-ci en usa d'abord assez modérément et daigna, pendant quelque temps, observer certaines formes protectrices de l'accusé. Mais vienne le jour où lui et ses patrons seront débarrassés de surveillants incommodes, ils n'auront, pour mettre la population en coupes réglées, qu'à user des pouvoirs qu'ils ont arrachés d'avance à la faiblesse et à l'imprévoyance de leurs adversaires.

te Comité de salut public fut nommé par appel nominal dans la nuit du 6 au 7 avril. Barère obtint 360 voix, Delmas Blil, Bréard B25, Cambon 278, Danton 233, Jean Debry 227, Guyton-Morveau 202, Treilhard 167, Lacroix 151. Jean Debry déclara qu'il ne pouvait accepter, pour cause de santé, et fut remplacé par Robert-Lindet.

Le Comité se constitua immédiatement : Guyton fut élu président, Bréard vice-président, Barère et Roberl- Lindet secrétaires. Moins nombreux et plus homogène que le Comité de défense générale auquel il succédait, il montra immédiatement une vigoureuse activité. Quelques jours après son installation, il traçait ainsi, par l'organe de Barère, l'ensemble de ses attributions :

K Le Comité s'est pénétré de la grandeur et des difficultés attachées à sa mission. Former un plan de

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défense de terre et de mer ; scruter dans les circonstances actuelles les opinions politiques et la conduite militaire des généraux; revoir la composition des diiïérents étatsluajors; veiller à la défense des cotes; augmenter la cavalerie nationale; animer les travaux dans les ports et seconder l'empressement des braves marins; comprimer les trames; faire rechercher el fabriquer des armes pour les nombreux^ défenseurs de la liberté; suivre la marche nouvelle des armées, veiller à leur approvisionnement en tout genre; presser l'action de l'administration publique; surveiller et aider l'action du Conseil exécutif provisoire ; éteindre par des mesures fortes et promptes les torches de la guerre civile : voilà les objets principaux dont déjà il s'est occupé. »

Pour bien établir toute l'étendue de ses pouvoirs, le Comité demaiida et obtint de l'Assemblée plusieurs décrets qui mettaient sous sa complète dépendance les commissaires de la Convention près les armées. Aux: termes de ces décrets, dont Bréard fut le rapporteur, il devait y avoir près de chacune des armées de la République trois commissaires. Chaque mois, un des trois devait rentrer dans le sein de la Convention et être remplacé par un autre. Ces commissaires devaient exercer ta surveillance la plus active sur les agents du pouvoir exécutif, les généraux et officiers de tout grade ; rendre compte de l'état des magasins, des fournitures, . des vivres et des munitions; porter l'examen le plus sévère sur les opérations et la conduite des fournisseurs et des entrepreneurs ; prendre, de concert avec les généraux et les autres agents du pouvoir exécutif, toutes mesures

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