‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 36 sur 205 · LIVRE XXXIV · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIV

Décessaires pour accélérer la réorganisa tion des armées, rincorporatioQ des volontaires et recrues dans les cadres existants. Ils étaient investis de pouvoirs illimités - pour l'exercice des fonctions qui leur étaient déléguées; ils pouvaient employer tel nombre d'agents qu'ils croiraient conveDable. Les dépenses extraordinaires, qu'ils auraient autorisées, devaient être acquittées par le trésor public sur des états visés par eux ; leurs arrêtés devaient être exécutés provisoirement, à la charge de les adresser dans les vingt-quatre heures à la Convention nationale, et, pour ce qui devait être secret, au Comité de salut publie. Tous les agents civils et militaires étaient tenus d'obéir à leur réquisition, sauf recours à la Convention. Enfin ils devaient prendre sans délai toutes les mesures nécessaires pour découvrir, faire arrêter et conduire devant le Tribunal révolutionnaire tout militaire, tout agent civil et tous autres citoyens qui auraient aidé, conseillié, favorisé d'une manière quelconque la trahison de Dumouriez ou quelque autre complot contre la sûreté de la nation, qui auraient machiné la désorganisation des armées et tenté la ruine de la République '.

1^ Comité de salut public, ayant assuré son action prépondérante sur les armées, s'étudia à maintenir les ministres dans un état absolu de subordination. Il leur renvoya comme insuffisants et incomplets les premiers rapports qu'ils lui avaient adressés, et se mit à gourmander leur paresse et leur indécision dans une corres-

1, Moniteur, Jt'iOh,^. 93.

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pondance qui ne reproduisait que trop souvent les crudités de langage que Danton avait mises à ta mode ^.

Mais, en même temps que le tribun faisait adopter à ses collègues son style d'une brutalité cynique, il leur communiquait son audace, et les déterminait à écrire lettres sur lettres aux. généraux, aSa qu'ils profitassent du'printenaps pour reprendre l'offensive.

Cette reprise, la position de plusieurs de nos armées la rendait assez difficile.

L'armée du Nord surtout avait été cruellement éprouvée. Heureusement les Autrichiens, fidèles à leur parole, respectèrent l'armistice qu'ils avaient conclu avec Dumouriez, et n'en dénoncèrent la cessation que

1 . Toici la lettre que Servan, dans son Tableau miUtaire de ta ■campagne de 1793, nous a conservée.

« Les représentants du peuple composant le Comité de salut au ministère de la guerre el à ses adjoints.

sLiberté, Égalité, Fraternité.

«Allez vous faire f..,..! que le diable vous confonde, s'il vous faut des ordres pour donner des selles, quand il vous a été enjoint de fournir des chevaux I Faut~-i] aussi des ordres pour que vous donniez des brides?

« Dahton, Robert-Lindbt, Caiibon 6Is aîné, i

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