‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 37 sur 205 · LIVRE XXXIV · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIV

le 7 avril, c'est-^-dire quaraQte-huit heures après (a fuite de ce général '.

Dampierre, tout occupé de rallier son armée, si effroyablement désorganisée par la trahison de son prédécesseur, sentait bien qu'il résisterait difficilement à une attaque énergique. Aussi essaya-t-il d'obtenir de

4 . Voici la correspondance qui Tut échangée dans cette occasion entre Clerfayt et les généraux frangais.

• A Monsieur le général commandant à Maubeuge. • Monsieur, * Comme nous étions convenus de nous avertir réciproquement ■ vinglHjuatre heures d'avance, quand la suspension d'armes pourrait cesser d'un côté ou de l'autre, je dois vous prévenir, mon général, que Jes circonsUnces m'eropèchent de la prolonger davantage, et que voua ne pouvez y compter que vingt-quatre heures encore. « Au quartier général de Mons, le 7 avril 4793, » En l'absence de S. A. S"* Monseigneur

u le feld- maréchal, prince de Cobourg, «Clbbfaït. • « Général, il serait peul-étre utile* que la trêve, que Dumouriez avait conclue avec vous, subsistât encore, et il serait alors pQsaible de relâcher les personnes que le pouvoir eïécutif a dû faire arrêter.

a En continuant la suspension d'armes, j'enverrais à Paris entamer une négociation, et proposer l'échange des quatre députés de la Convention nationale et du ministre Beurnonvillo, avec ces mêmes personnes détenues présentement à Paris.

a Je serais charmé de reprendre des négociations qui assurassent la gloire des deux armées, le repos et la tranquillité de l'empire et da la République française.

0 Je compte sur une prompte réponse de votre part. <i Le général en chef de l'armée du Nord,

« Davpiekbe. b o 8 avril 1793. »

lî HISTOIRE DE LA. TERREUR.

Cobourg, dont il connaissait les dispositions pacifiques, une nouvelle suspension d'armes, en lui laissant l'espoir d'échanger les commissaires arrêtés contre les officiers alietnands que l'on avait interoés à Paris, et peut-être même contre des otages bien plus précieux, puisqu'il s'agissait des prisonniers du Temple. Malheureusement cette négociation traina en longueur et n'aboutit pas *,

t . Noua avons retrouvé, aux archives de Vienue, la lettre suivante adressée par le prince de Cobourg au comte de Mercy-Argentoau ; elle fait connaître l'état de cette négociation, au commencement de mai.

■ A Son Excellence M. le comte de Sfercg-Argenteau.

■ Au quartier général de Quiévrain, ce 3 mai 1793. «Ce serait avec le plus grand plaisir, monsieur le comte, que Je dérérerais à la demande que Votre Excellence a bien voulu me faire dans sa noie du 13 avril, en faisant entrer dans la négociation, pour l'échange de la famUle royale, la levée des scellés apposés sur votre maison de Paris. Ce serait à la fois un acte de justice et de prudence, et un eStit de mon véritable empressement h vous obliger. Hais j'aurai l'honneur de prévenir Votre Excellence que cette négociation n'a consisté jusqu'il présent qu'en une proposition vague et insigni- Ganle que le général Dampierre a faite de son chef, sans autorisation des Brigands régicides qui retiennent cette auguste et malheureuse famille dans les fers. On lui a répondu également en termes généraux, pour ne pas compromettre sans fruit la dignité du souverain et l'on s'est contenté d'ajouter qu'il n'y avait qu'un seul cas, qu'on n'avait pas besoin de nommer, dans lequel les commissaires détenus devraient trembler pour leurs jours ; et plus tard, à l'occasion d'une nouvelle réclamation et sans qu'il fût question des prisonniers du Temple, on a écrit aux commissaires de Bouchain, qui avaient succédé aux quatre envoyés à Maestricht, que le sort de ces derniers est entre leurs mains. Voilà en quoi a consisté toute la négociation. S'il devait s'en entamer une qui eût des bases et quelque apparence de succès, soyez persuadé, monsieur le comte, que je n'ou-

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