‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 39 sur 205 · LIVRE XXXIV · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIV

en même temps qu'elle s'ensevelira plutôt sous ses propres ruines que de souffrir qu'aucune puissance s'immisce dans le régime intérieur de la République, et influence la création de la Constitution qu'elle veut se donner.

11 La Convention décrète la peine de mort contre quiconque proposerait de négocier ou de traiter avec des puissances ennemies qui n'auraient préalablement pas reconnu soleonellement l'indépendance de la nation française, sa souveraineté, l'indivisibilité et l'unité de la République fondée sur la liberté et l'égalité. »

Robespierre demande alors qu'il soit bien entendu que le vote qui vient d'avoir lieu ne préjudicie point aux pays réunis. « Il ne peut leur préjudicier, répond Lacroix, puisque ces pays fout partie de la Répu~ blique. n

Quelques voix réclament l'ordre du jour pur et simple, mais Ducos s'élève contre une pareille solution qui serait un véritable déni de justice. « Vous avez, dit'il, engagé la foi de la nation française; vous ne pouvez pas rendre la nation parjure... Ce serait une trabison, une déloyauté dont vous êtes incapables. "

La Convention, sur la proposition de Lacroix et de Ducos, interprèle son premier décret par le décret suivant :

« La Convention nationale, sur la demande, faite par n un de ses membres, que la Convention déclare qu'elle « n'entend pas nuire aux droite des pays réunis à la u République française, et que jamais elle ne les aban- « donuera aux tyrans avec lesquels elle est en guerre.

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76 H[STOIRE DE LA TERBEUH.

« passe à l'ordredn jour, motivé sur ce que ces contrées « font partie intégrante de la République. »

Le surlendemain, 15 avril, la correspondance de Briez et de Dubois-Dubais avec Cobourg est lue à la Convention et excite sur tous les bancs une vive réprobation. Ducos et Bréard insistent pour que l'on fasse cesser au plus tôt la scandaleuse controverse que les commissaires de la Convention ont engagée avec les géuéraux ennemis. Ils veulent que l'on révoque immédiatement les pouvoirs de ces représentants, qui n'ont pas su maintenir la dignité de la nation française.

Toute motion propre à montrer aux puissances étrangères la ferme volonté de pousser vigoureusement la guerre ne pouvait qu'être accueillie avec faveur par la Convention. Celle-ci révoque donc ses deux commissaires, et, sur la proposition de Barère, adopte ua manifeste, adressé à tous les peuples et à tous les gouvernements, pour protester contre l'indigne violation du droit des gens qui a livré Camus et ses collègues aux mains de l'Autriche *.

1, Ce maDifeste et le discours de Barère se trouvent au Moniteur, n° 109. Comme commentaire dos mesures prises par la ConventioD, il nous paraît intéressant de mettre sous les yeux de nos lecteurs la circulaire confidentielle adressée, quelques jours après, par le Comité de salut public, aux représentants en miesion. Elle prouvequ'en réalité les dépositaires du pouvoir exécutif n'étaient pas aussi tarouchea qu'ils voulaient le paraître.

Les représentants du peuple, membres du salut public, aux , représentants du peuple, députés près de V armée de ... i Citoyens nos collègues,

«Il nous importe à tous de connaître les forces et les dispositions

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