‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 40 sur 205 · LIVRE XXXIV · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIV

Il n'y avait plus qu'à eo appeler à la force des armes. Les AutrichieDS meoaçaieDt sJmultaDémeDt Maubeuge, Lille, ValeQcîeanes, Gondé, mais assez mollement; car ils avaient résolu de n'agir qu'avec une extrême circonspection. Ils attendaient que les Prussiens se fussent emparés de Mayence, se contentant jusque-là de prendre une forte position sur l'Escaut.

Dampierre, de son côté, suivant les instructions du pouvoir exécutif, se tenait sur la défensive et ne hasardait aucun mouvement qui pût amener un engagement

de DOS eanemis. Quoiqu'il ne convienne pas de s'engager dans des négociations politiques et que nous ne devions nous occuper que de

la guerre et du développement de toutes nos Torces et de la puissance nationale, il serait cependant très-avantageui que nous pussions pénétrer les intentions des puissances belligérantes; il fautcombattra aussi la politique de nos ennemis.

f La Convention n'a pas approuvé que deux de nos collègues aient ouvert une correspondance trop étendue avec le général Cobourg. Elle a entendu impatiemment les éloges donnés aux sentiments du général autrichien et les efforts trop marqués pour essayer de le convaincre; elle a cru entrevoir un caractère de faiblesse dans les efforts mêmes que faisaient nos collègues pour justifier les droits de la nation ; elle a cru que vouloir prouver les droits d'une nation, c'était lesalfaiblir.

■ Nous ne devons pas penser à négocier, mais ne trouverez-voua pas quelquefois l'occasion d'arracher le secret de nos ennemis sans compromettre la dignité nationale et le caractère dont vous êtes . revêtus, et sans vous engager dans des discussions qui ne conviennent qu'i des agents politiques et sont au-dessous d'un représentant du peuple T

a Les circonstances seules peuvent vous offrir des occasions précieuses que la prudence humaine ne peut prévoir ; nous vous prions de ne pas négliger cet objet de correspondance et de nous communiquer ce qui parviendra à votre con naissance. >

mzedBïGoOgle

général. Il mettait tous ses soins à réorgaaiser soq armée et à lui faire reprendre cette confiance en elle-tuême qu'elle avait pei'due depuis l'évacuation précipitée de la Belgique et la trahison de son général en chef. Il devait porter son attention sur une étendue considérable de territoire, car son commandement embrassait la frontière de terre, depuis Sedan jusqu'à Dunkerque, et les côtes, depuis Dunkerque jusqu'à l'embouchure de la Seine; il lui fallait donc veiller non-seulement aux entreprises des Autrichiens, mais encore à celles des Anglais, dont la flotte était attendue d'un moment à l'autre. Restait à savoir quel point du littoral elle attaquerait? Elle parut dans les derniers jours d'avril devant Dunkerque, cherchant ainsi à relier ses opérations avec celles de l'armée autrichienne. L'amiral anglais fit immédiatement sommer la place de se rendre; mais Dunkerque était confié à un général énergique, Pascal Kerenweyer, qui écrivait d'un côté à la Convention : » Je suis entêté comme un Breton, je ne capitulerai pas » ; de l'autre, à l'amiral anglais : « Faites-moi l'honneur de m'attaquer; j'aurai celui de vous riposter militairement ; c'est ainsi que se terminent les querelles entre gens de notre robe. »

On pouvait être certain que Dunkerque ferait une longue résistance; mais il y avait lieu de craindre pour Condé, place assez faible, mal pourvue de vivres et de munitions, devant laquelle Cobourg avait d'ailleurs concentré la plus grande partie de ses forces. Dès le 1" mai, Dampierre se met à manœuvrer, afin de dégager cette petite ville; il réussit, après plusieurs escarmouches, à débusquer l'ennemi de l'abbaye de Vicoigne

mzedBïGoOgle

Page 1