LIVRE XXXIV
sieQDes, il fui obligé d'opérer sa retraite sur Frankenthal et de détruire d'immenses magasins militaires qui renfermaient tous les approvisionnements de l'armée du Rhjn. II s'arrêta un instant à Landau, puis il dut rentrer dans les lignes de Wissembourg , abandonnant ainsi toutes ses conquêtes et laissant même une partie du territoire français exposée aux incursions des Prussiens.
Le moment était peut-être mal choisi pour incorporer à la République française les pays que nos soldats venaient d'être forcés d'évacuer; mais la Convention tenait à imiter te Sénat romain, qui mettait en vente le cbamp où campait l'armée d'Annibal. Déjà, le ik mars, elle avait déclaré accéder au vœu formulé par trentedeux, communes dépendant du Palatinat et du ducbé de Deux-Ponts pour être réunies à la France. Le 30 mars, le jour même où l'armée française battait en retraite en abandonnant à leur malbeureux sort Mayence et ses défenseurs, elle acceptait par décret h le vœu librement énais au nom des peuples libres de la Germanie, par les déléguésde Mayence, Worms, Durkeim, et quatre-vingts autres villes et communes rassemblées en Convention nationale », e. déclarait que dès lors ces villes et ces communes faisaient partie int^rante de la République.
Ce qui acheva d'assurer à Gustine l'entière conSance de la Convention, ce fut l'attitude qu'il prit au moment où il fut instruit de ta trabison de Dumouriez. Le général autrichien Wurmser avait envoyé au général Gillot. commandant à Landau, une sommation « pour qu'il eAt à se réunir à la bonne cause. » Celui-ci transmit la
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lettre de Wurmser à son supérieur hiérarchique, qui s'empressa d'y répondre par )a note suivante :
u La proposition du général Wurmser est au moins de la jactance, puisqu'il s'imagine intimider ou séduire, par l'offre de la protection du roi, son maître, les Français qui sont chargés de défendre Landau. Le général Custine s'empresse de lui apprendre que les Français ne veulent la protection de qui que ce soit, et que l'armée qu'il commande, fidèle au serment qu'elle a prêté à la République, défendra la liberté et l'égalité, trahies en Flandre par Dumouriez. Le général Wurmser connaît trop la nation française pour ignorer que les vingt-quatre millions d'hommes qui la composent ne recevront la loi de personne» . »
1 . Nous avons retrouvé aui archives de Vienne une lettre de l'empereur François, relative auï négociations ouvertes par Wurmser avec Gillot et Custine. Cette pièce fait connaître les étranges illusions que l'on se faisait h Vienne sur l'élat intérieur de la France :
oGher général de cavalerie comte Wurmser,
« Ayant appris, par votre rapport du 41 de ce mois, les négociations suivies par vous, tant avec le commandant de Landau, Gillot, qu'avec le général Custine, il faut que je signale à votre attention non-seulement la conduite du général français, mais encore l'état actuel de la France elle-même, aSn que, par la ruse du premier, vous ne soyez point induit en erreur, et que vous ne vous exposiez pas à perdre la gloire que vous avez justement acquise par votre courage et la sage direction de vos troupes. La France s'est déclarée Ë(at libre; ses généraux sont placés sous la direction de commissaires qui leur ont été adjoints par la Convention nationale ; mais ni les ■ uns ni les autres ne sont autorisés, sans ordre spécial de la Convention, à entrer en négociation avec les ennemis de la République «t surtout à entamer des démarches qui auraient la paix pour résultat final. En France même, règne une confusion telle qu'on peut