‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 46 sur 205 · Cette lettre était ainsi conçue · texte numérisé non relu

Cette lettre était ainsi conçue

I Saint-Amand, le 3 avril.

■ Je crois devoir, raon cher Biron, vous prévenir de la situation inouïe où nous sommes ; Dumouriez en état d'arrestation et faisant arrêter le ministre et les commissairefl; Lille et Valenciennes remplies de députés; les ennemis au nombre de 60,000 hommes, victorieux à deux lieues de nous, pas de provisions et point de fourrages : voilà où l'on a mis la République ; tous les généraux arrêtés, excepté moi. parceque Je suis blessé; Ligneville, d'Harville, Boucher , etc. , etc. Les traîtres qui vendent la France font arrêter les généraux pour la livrer plus aisément.

(Quelle différence de notre sort quand, en Champagne, nous pré* ferions la mort aux fers des despotes I Ici des représentants du peuple sont mis en mouvement, peut-être à leur insu, et livrent la République. Adieu, mon cher général; vous voilà insiruit de notre situation. Je vais donner ma démission; malade et hlessé, je ne puis servir utilement ici dans de telles circonstances ; mon cœur est ulcéré. nLe général en chef, 1 Valence. •

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mÎDistre qui annonçaient la fuite du traître. Il n'y avait plus à hésiter. Biron se bâta de remettre aux représentants du peuple la lettre de Valence, et d'écrire à la Godvention une lettre remplie de protestations de dévouement. Néanmoins, quelque temps après, la conduite de Biron parut suspecte au Comité de salut public. On l'envoya commander l'armée destinée à agir contre les révoltés du Poitou et de la Bretagne; armée qui n'était encore représentée à ce moment que par quelques corps de troupes peu nombreux, épars sur une immense sur^ face de territoire et presque aussi indisciplinés que les bandes qu'ils avaient à combattre^.

Nous avons raconté dans le volume précédent les débuts de l'insurrection de l'Ouest'. Reprenons notre récit \h oii nous l'avons laissé, c'est-à-dire au moment où les autorités départementales se décident à prendre partout l'ofTensive pour ané^tir dans son germe la révolte de ces paysans mal armés, sans chefs et Sîins munitions.

1. Pour passer en revue la sitaalion de loutes les armées de la République, il noua faudrait dire un mot des deux armées des Pyrénées orientales el des Pyrénées occidenlales. Hais ces deux armées n'existaient encore, pour ainsi dire, que sur le papier. Les premières hostilités de la part des Espagnols ne commencèrent que le 1S mai par l'attaque du camp de Thuir.

S. Voir t. VI, p. 25i et suivantes.

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