LIVRE xxxiv. m
Un certaÎD nombre des commissaires de la ConvenliOD, envoyés au commeocemeat de mars pour Mter la levée des trois cent mille hommes, se trouvaient sur le théâtre des troubles au moment où ils éclatèrent. C'étaient notamment : Billand-Varenne et Seveste à Rennes, . Fouché et Villers à Nantes, Ghoudieu et Richard à Angers; partout ils donnèrent une vive impulsion à la marche des troupes républicaines.
Une colonne sort de Rrest le 21 mars sous les ordres du général Ganclaux, se dirige sur Saint-Pol -de-Léon, détruit, en huit jours, les bandes insurgées et rétablit la tranquillité dans toute la basse Rretagne^
Une autre colonne part de Rennes sous les ordres de Beysser; les représentants du peuple Billaud~Varenne et Seveste l'accompagnent. Elle se dirige sur Redon et La Roche-Bernard, où elle trouve peu de résistance, et enlève successivement tous les postes occupés par les rebelles sur la Vilaine. Le premier foyer de la révolte, La Roche-Bernard, est repris sans combat dans la soirée du 29 mars. L'un des meurtriers de Sauveur est aussitôt conduit devant une commission militaire, et jugé à la lueur des torches. On lui tranche la tête sur la culasse d'une pièce de douze. Son cadavre reste exposé pendant quarante-huit heures*.
1 . Nous donnons à la fin de ce volume trois lettres du général Canclaux qui font connaître les détails de cette expédition.
9. Nous donnons à la fin du volume une lettre de Billaud-Varenne et de Seveste, en date du 39 mars. Elle complète les renseignements qui se trouvent dans les lettres datées des %i et 23 mars, é mêmes commissaires et insérées au Moniteur (n" 83 et 86).
Dans ie département des Côtes-du-Nord il ne s'était formé qu'un attroupement un peu considérable, entre Moncontour et Lamballe. Quelques bataillons de gardes nationales suffirent pour disperser les révoltés. Enfin, le 36 mars, deux colonnes formant un total de 900 hommes sorlentde Vannes avec de rarlillerie et chassent les insurgés de la petite ville de Rochefort, après leur avoir mis. de 150 à 200 hommes hors de combat.
Le i" avril, des cinq départements de la Bretagne, un seul, celui de la Loire-Inférieure, pouvait encore donner des inquiétudes sérieuses. Encore n'était-ce pas pour la partie située sur la rive droite de la Loire, mais seulement pour celle qui se trouve sur la rive gauche et forme ce qu'on appelle le pays de Retz. Cette contrée, depuis le commencement de l'insurrection, n'avait pas cessé d'être le théâtre de combats sanglants et d'effroyables représailles. Machecoul était devenu le centre de la révolte. Après quelques essais infructueux de conciliation dont nous avons parlé plus haut', les Bleus, qu'on avait admis à faire partie du comité de défense, avaient été obligés de se cacher, et les Blancs, Souchu en tête, étaient restés maîtres de la place. Leur premier acte fut de publier la proclamation suivante :
H Le peuple du pays de Retz et pays adjacents, rassemblé de lui-même en corps de nation, dans la ville de Machecoul, pour arrêter le brigandage, secouer le joug de la tyrannie et reconquérir ses droits et propriétés dont il a été dépouillé par la force et la violence des
i. Voir t. VI, p. 27S.
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