LIVRE XXXV. toi
riquement la CoQventioQ sur les accusations contradictoires que se renvoyaleot les deux partis ; la Gironde résolut cette fois d'entamer elle-même le débat.
Le 10 avril Pélion obtient la parole pour une motion d'ordre et lit h la tribune l'adresse que la section de la Halle-au-Blé faisait colporter dans tout Paris; ce n'était qu'une seconde édition revue et corrigée de la pétition BoDconseil*.
La Montagne laisse Pétion lire l'adresse tout entière, et en accueille les conclusions par les plus vives acclamations; mais, la lecture terminée, elle veut empêcher l'orateur d'y ajouter ses commentaires. On l'interrompt à chaque mot; on demande à grands cris que l'on entende Cambon, qui a un rapport à présenter au nom du Comité de salut public. Pélion défend son droit avec énergie et déclare que, puisqu'il est à la tribune, il ne cédera la place à personne. Danton l'apostrophe violemment et s'élance de son banc; les Girondins les plus déterminés se précipitent pour lui barrer le passage. Le tribun se tourne alors vers ses adversaires, et leur montrant le poing : u Vous n'êtes que des scélérats, s'écrie-t-il, je demande que vous accordiez à l'adresse que vient de lire Pétion une mention honorable. » Celte
t. L'adresse préseniée par la section de la Halle-au-SIé à l'approtiation de ses quarante-sept sœurs se trouve au Itttmiteur,
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proposition soulève un tumulte iodescriptible. Le président Deiroas se couvre, et, lorsque le silence s'est un peu rétabli, il s'exprime ainsi :
» C'est en faisant régner le calme dans vos délibérations que vous sauverez la patrie. Un pareil spectacle, s'il se renouvelait, forcerait les citoyens qui nous entendent à désespérer du salut de l'Étal. Si Danton veut répondre à Pétion, ajoute-t-ii, il aura la parole après lui. Je rappelle les représentants du peuple à leur serment et à leur dignité; j'invite les citoyens des tribunes au respect et au silence. Pétion, tu as la parole. »
L'ex-maire de Paris reprend : « Je ne fais pas aux citoyens de ta section de la Halle-au-Blé l'injure de croire qu'une pétition aussi incendiaire, une pétition qui tend si évidemment à la dissolution de l'Assemblée nationale, soit leur ouvrage. On sait assez comment on obtient dans les sections ces adresses avec lesquelles on amène les pillages et la perte de la République. Quoi! citoyens, l'avez-vous bien entendu? ils vous disent qu'ils énoncent le vœu de la France entière, ils vous disent qu'il y a ici des conspirateurs, des monopoleurs; ils vous disent que la majorité de la Convention est corrompue; ils s'adressent à la minorité, lui demandent si elle peut sauver la patrie, et déclarent qu'à son défaut, ils se chargent de la sauver! Avons-nous donc été envoyés ici pour être abreuvés d'outrages, et ne serions-nous pas coupables si nous ne sévissions pas contre de pareils scélérats! Gomment prétendent-ils sauver la patrie? Est-ce par des brigandages et des assassinats?... «