‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 52 sur 205 · LIVRE XXXV · texte numérisé non relu

LIVRE XXXV

Louvet, les Buzot, etc. Qu'attendez- vous pour les frapper du décret d'accusation? Vous mettez Dumouriez hors la loi et vous laissez ses complices s'asseoir parmi vous! Vous manque-t-il des preuves ? les calomnies qu'ils ont vomies contre Paris déposent contre eux. Ils ont peint cette ville comme le foyer de l'anarchie, et cependant eux-mêmes sont en sûreté* »

L'orateur, se tournant vers l'extrême gauche, termine par cette péroraison, digne complément de cet insolent manifeste :

u C'est sur vous que la patrie se repose du soin de désigner les traîtres. Il est temps de les dépouiller d'une inviolabilité devenue liberticide. Levez-vous, livrez aux tribunaux les hommes que l'opinion publique accuse; appelez le glaive de la loi sur la tête de ces inviolables, et la patrie reconnaissante, même quand tous ne serez plus, bénira les jours où vous aurez vécu pour son bonheur.' »

Le président Garran-Coulon répond aux pétitionnaires : « Sous le règne de la liberte et de l'égalité tous les citoyens soat soumis à la loi. La Convention a prouvé qu'elle reconnaissait ce principe; maïs elle sait aussi que c'est à tous qu'il appartient d'énoncer la volonté générale. La Convention se fera rendre compte de votre pétition. Elle vous invite aux honneurs de la séance. »

A ces derniers mots un effroyable tumulte s'élève dans l'Assemblée. « Non! non! s'écrie-t-on à droite, ils ne les méritent pas. Qu'on chasse de la barre ces insolents! » Mais la Montagne tient à faire constater le droit des pétitionnaires. » C'est la violation d'un principe sa-

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cré, s'écrie Marat, qui occasionoe cette scène scandaleuse. Pourquoi contester aux, pétitionnaires la faculté de dénoncer les mauvais citoyens? Avez-vous refusé d'entendre ceux qui me dénonçaient? avez-vous refusé tes honneurs de la séance aux agents de cette cabale qui venaient me calomnier? »

La majorité, qui veut toujours faire preuve d'impartialité, n'ose refuser à Marat sa demande et accorde les honneurs contestés. Cet incident vidé, un autre surgit aussitôt.

« L'accusation que vous venez d'entendre, dit un membre de la droite, ne contient que des imputations vagues; mais il est un mot qu'avant tout il est nécessaire de préciser. Les pétitionnaires voiis ont dit : « Nous vous dénonçons Guadet, Vergniaud, etc. Je demande qu'ils soient tenus de dire à l'instant quels sont ceux qu'ils entendent comprendre dans cet etc.. »

Cette proposition est aussitôt adoptée, et le président invite l'orateur des pétitionnaires à répondre à la question si catégoriquement posée :

« Législateurs, dit celui-ci, tous les noms des traîtres ne nous sont pas connus. Il en est qui ont écrit à leurs amis pour faire arrêter vos commissaires; il en est qui ont corrompu l'esprit daos les départements. Nous connaissons les crimes et non les auteurs; voilà ceux que nous avons voulu désigner par etc., etc. »

L'Assemblée dédaigne de prolonger l'incident, et passe à l'ordre du jour. Mais la querelle ne pouvait se dénouer par une fin de non-recevoir; chacun sentait qu'il fallait aller jusqu'au bout et faire expliquer catégo-

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