LIVRE XXXlil
générale. Je fis la motioa de l'appeler. II y vint; je lui ai demandé alors et je lui demande encore aujourd'hui pourquoi, ayant promis de faire rétracter Dumouriez et ne l'ayant pas fait, il n'a pas demandé contre lui le décret d'accusation. »
« Eh quoi ! réplique Danton, ce sont ceux qui ont été constamment en opposition avec Dumouriez, que l'on accuse aujourd'hui d'être ses complices ! Qu'a voulu Dumouriez? Établir dans la Belgique un système à sa manière, y faire des emprunts, y disposer les esprits pour empêcher toute réunion et pour se donner les moyens de traiter avec les aristocrates de ce pays. Eh bien! ce sont vos commissaires qui ont déjoué ses projets et fait voter les provinces belges en faveur de l'annexion.
« Dumouriez s'élève contre la réunion du Hainaul, qui, dit-il, s'est faite à coups de sabre. Ce sont vos commissaires qui l'ont faite.
« Lors de ma dernière entrevue avec le général, j'ai reconnu qu'on ne devait plus attendre de lui. rien que de funeste à la République. Arrivé à Paris à neuf heures du soir, (atigué du voyage, ignorant si le Comité de défense générale était assemblé, je ne m'y rendis pas; j'y parus le lendemain ; et là j'ai déclaré que Dumouriez nous avait tenu, à Lacroix et à moi, les propos les plus atroces ; qu'il avait osé dire que la Convention élait composée de trois cents imbéciles et de quatre cents brigands. Je proposai contre lui des mesures sévères. Je fus regardé par mes collègues du Comité comme un homme extrême.
« On prétend aujourd'hui que nous avons usé de trop de condescendance envers le général en chef de
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n HISTOIRE DE LA TERREUR.
l'armée du Nord; on nous reproche de ne l'avoir pas fait arrêter. Mais le pouvions-nous, seuls au milieu d'une armée? Quel officier général se fût chargé d'arrêter Duroouriez sur notre réquisition? Nous avons fait notre devoir. J'appelle sur ma tête la plus sévère responsabilité, convaincu que ma tête, loin de tomber, sel'a ia tête de Méduse qui fera trembler tous les aristocrates, u
 travers ces explications assez incohérentes, Danton, qui se sentait vulnérable, laissait percer, on le voit, le désir de se tenir sur la défensive. Aussi se contenla-t-il de proposer l'établissement d'une commission extraordinaire chargée d'examiner la conduite tenue par les membres de la Convention envoyés en Belgi(|ue. Il fallut, pour le contraindre à une rupture éclatante et définitive avec la Gironde, qu'il fût poussé à bout par l'un des orateurs les plus véhéments de ce parti.
Lasource avait demandé lui-même, l'avant- veille, que toute discussion sur les affaires de la Belgique n'eût lieu qu'après la comparution de Dumouriez à la barre. Mais son impatience et celle de ses amis ne lui permirent pas d'attendre jusque-là. Depuis plusieurs jours sa philippique était prête-, il épiait le moment favorable pour la produire. A peine l'ex-ministre de la justice a-t-i! quitté la tribune,, que l'orateur girondin s'en empare; il commence par déclarer que ce n'est pas une accusation formelle qu'il entend porter contre Danton et Lacroix; qu'il n'a que des conjectures à soumettre à l'Assemblée. Vaines précautions oratoires ! Il veut atteindre au cœur ses adversaires, on le sent,, rien qu'en l'entendant ainsi poser la question : » Dumouriez a ourdi un plan de
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