‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 5 sur 205 · LIVRE XXXIir · texte numérisé non relu

LIVRE XXXIir

tête d'une vaste conspiration dont le but est de rétablir la royauté en Fraoce. Votre Comité a pris un cerlaio nombre de décisions, qu'il croit devoir taire encore, à moins que vous ne nous ordonniez de parler. Mais je suis chargé de vous dire : 1" que nous avons fait mettre en arrestation chez eux les trois signataires du procès-verbal que je viens de vous lire; non pas que nous en soupçonnions la véracité, mais nous avons cru devoir prendre cette mesure pour leur sûreté personnelle el pour la conservation de témoins aussi précieux; 2" que nous avons pris des mesures pour nous assurer de tous ceux qui, à raison de leur naissance, de leurs intérêts, de leurs habitudes, de leurs rapports et de leur situation, peuvent être soupçonnés de désirer le rétablissement de la royauté' .

11 Le motif que je viens d'indiquer nous aurait portés à comprendre parmi les personnes dont il serait opportun de s'assurer, les citoyens Égalité et Sillery; mais notre respect pour la représentation nationale nous a arrêtés, el nous avons cru devoir les appeler dans notre sein. Aux interpellations qui lui ont été faites par le président, le citoyen Égalité a répondu qu'il voyait avec plaisir toutes les mesures qui ont été prises, qu'il demandait lui-même que l'on adoptât à son égard toutes celles que

1 . Le Comité de sflrelé générale donl la majorité était, comme on le sait, franchement montagnarde, profita de cette occasion poursatisfaire ses liaines et ses vengeances particulières. Feignant de voir dans Roland un complice de Dumouriez, il ordonna de mettre les scellés sur les papiers de l'ei-ministre et sur ceus de sa femme. (Voir le Patriote français, n» (828, Moniteur, n" (00 et iii.)

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le Comité jugerait convenable de prendre; qu'il désirait que sa conduite parût au grand jour et que la vérité bien connue fit taire ses calomniateurs. «

Aussitôt que Cambacéi-ès est descendu de la tribune, Sillery se hâte d'y monter pour protester de son républicanisme et pour expliquer les relations qu'il a pu avoir avec Dumouriez. Fonfrède, qui, comme la plupart des Girondins, poursuivait le duc d'Orléans d'une haine toute spéciale, s'écrie : « Sillery vient de s'expliquer ; qu'Egalité s'explique à son tour, c'est son droit. Mais lorsque les deux inculpés auront été entendus, je demande que la discussion soit renvoyée jusqu'au moment où Dumouriez aura été amené à la barre. Aujourd'hui elle ne saurait être utile. »

Robespierre, qui n'a jamais eu de relations avec Dumouriez et ne craint pas d'être compromis dans les explications que provoque le rapport de Cambacérès, insiste pour une discussion immédiate. La Convention adopte son avis, et le Girondin Penières commence l'attaque. H Ce sont, dit-il, les deux députés, Danton et Lacroix, qui ont empêché la lecture publique de la lettre du 13 mars; ils avaient promis de faire rétracter cette lettre par Dumouriez, et, dans le cas de refus du général, de proposer eux-mêmes le décret d'accusation. Qu'est-il arrivé cependant? Danton, de retour de la Belgique, ne s'est présenté ni à l'Assemblée ni au Comité de défense

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