‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 60 sur 205 · LIVRE XXXV. H · texte numérisé non relu

LIVRE XXXV. H

question d'uoe coDspiration politique qui tient aux événements, n'est-il pas d'autres preuves qui peuvent être suflSsantes? Les faits notoires, par exemple? Ce sont ces preuves que j'apporte, et si elles ne suffisent pas k tel ou tel individu, elles suflisent au moins à l'opinion publique, à la nation qui, comme l'histoire, juge sans partialité.

« Je demande que les individus de la famille d'Orléans, dite Égalité, soient traduits devant le Tribunal révolutionnaire, ainsi que Sillery, sa femme, Valence et tous les hommes spécialement attachés à cette maison ; que le tribunal soit également chargé d'instruire le procès de tous les autres complices de Dumouriez, sans excepter même messieurs Brissot, Vergniaud, Gensonné, Guadet.

« Je renouvelle, en ce monieni, la proposition que j'ai déjà faite à l'égard de Marie-Antoinette d'Autriche. Je ■demande que la Convention nationale s'occupe ensuite sans relâche des moyens tant de fois annoncés de sauver la patrie et de soulager la misère du peuple.

« Je n'ose pas dire que vous devez frapper du même décret des patriotes aussi distingués que messieurs Vergniaud, Guadet et autres; je n'ose pas dire qu'un homme quicorrespondait, jour par jour, avec Dumouriez doit être au moins soupçonné de complicité; car, à coup SÛT, cet homme est un modèle de patriotisme, et ce serait une espèce de sacrilège que de demander le décret d'ac-

sence du seul Roland, alors ministre de l'intérieur. (Voir I. T, p. 193.)

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cusation contre monsieur GeDsooné. Aussi bien je suis convaincu de l'impuissance de mes etTorts à cet égard et je m'en rapporte, pour tout ce qui concerne ces illustres membres, à la sagesse de la Convention. »

■A peine Robespierre a-t-il quitté la tribune que Vergniaud l'y remplace ; aux applaudissements enthousiastes que les spectateurs viennent de prodiguer au dé~ pulé de Paris, succèdent les murmures et les vociférations. Les séides du grand prêtre de la démagogie ne peuvent admettre que l'orateur girondin renvoie à son accusateur la qualiScation de monsieur qui, suivant eux, ne doit désigner que des aristocrates et des modérés.

a J'oserai répondre à monsieur Robespierre, » est-il obligé de répéter plusieurs fois avant d'obtenir le silence ; «j'oserai, dis-je, répondre à monsieur Robespierre, qui, par un roman perfide, artificieusement écrit dans le silence du cabinet et par de froides ironies, vient provoquer de nouvelles discordes dans le sein de la Convention et essayer de vous faire perdre de vue la pétition dénoncée par Pétion. Je répondrai sans méditation, je n'ai pas, comme lui, besoin d'art; je lui répondrai non pas pour moi, mais pour ma patrie; et ma voix qui, de cette tribune, a porté plus d'une fois la terreur dans ce palais d'où elle a concouru à précipiter le tyran, la portera aussi dans l'âme des scélérats qui voudraient substituer leur tyrannie à celle de la royauté.

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