‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 59 sur 205 · LIVRE XXXV. lit · texte numérisé non relu

LIVRE XXXV. lit

Tallait détruire ce vasle foyer du républicanisme et des lumières publiques. Us se sont accordés tous à peindre celte immortelle cité comme le séjour du crime et le théâtre du carnage, à travestir en assassins et en brigands les citoyens et les représentants dont ils redoutaient l'énergie. Ils ont cherché à armer contre la capitale les défiances et les jalousies des départements. Ils n'ont pas osé s'opposer à*la proclamation de la République, mais ils se sont appliqués à l'étouffer dans sa naissance. Us étaient en possession des comités les plus importants de l'Assemblée législative; à l'ouverture de la Convention, ils les firent conserver provisoirementlis composèrent bientôt les nouveaux à leur gré; ils s'emparèrent du bureau, du fauteuil et même de ta tribune; ils tenaient dans leurs mains le ministère et le sort de la nation. Ils occupèrent sans cesse la Convention de dénonciations contre la municipalité de Paris, contre la majorité des députés de Paris ; ils inventèrent, ils répétèrent cette fable ridicule de la dictature qu'ils imputaient à ces citoyens sans pouvoir comme sans ambition, pour faire oublier l'oligarchie qu'ils exerçaient et le projet de tyrannie nouvelle qu'ils voulaient ressusciter. Delà, ces étemelles déclamations contre les événements du 2 septembre, contre la justice révolutionnaire qui immola les Montmorin, les Delessart et autres conspirateurs, au moment où le peuple et les fédérés s'ébranlaient pour repousser les Prussiens. Dès ce moment, ils ne cessèrent de remplir les âmes des députés de défiance, de jalousie, de haine et de terreur, de faire entendre, dans le sanctuaire de la liberté, les clameurs

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Ui HISTOILIE DE L\ TERREUR.

des plus vUâ préjugés et les rugissemeots des plus furieuses passions. Dès lors, ils ne cessèrent de souiller le feu de la guerre civile et dans la Coareotion et daus les départements, par leurs journaux, par leurs harangues, par leurs correspondances. »

Robespierre contiaue longtemps sur ce ton, se posant en homme modeste et sans pouvoir , représentant ses adversaires comme les* ennemis du bien public, comme des conspirateurs éhontés, qui donnent la main aux. généraux traîtres à la patrie, Tavoriseat les troubles de la Vendée et sèment partout la discorde et l'anarchie. Il termine par cette péroraison où déborde tout le llel dont son cœur est plein :

<( Il doit être prouvé aux yeux, de tout homme de bonne foi que si Dumouriez a des complices, ce sont ceux que j'ai désignés j que s'il existe une faction, c'est celle que j'ai indiquée. S'il eût élé en mon pouvoir de prendre les mesures qui seules peuvent donner aux incrédules l'unique genre de preuves qui peut les convaincre, des preuves écrites, émanées des coupables mêmes, si j'avais composé à mon gré le comité diplomatique et de défense générale, si j'avais disposé du ministère, je vous les aurais apportées, ces preuves écrites, auxquelles onn'a pas osé toucher. J'aurais montré tout entier à vos regards ce dépôt caché dans l'antre des Tuileries ; je n'eusse pas donné le temps aux coupables de s'échapper et de mettre à l'abri les papiers qui pouvaient les compromettre ' . Mais lorsqu'il est

i . Allusion à la manière donl l'armoire de fer fut ouverte en pré-

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