‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 3)Chapitre 74 sur 205 · LIVRE XXXV. i · texte numérisé non relu

LIVRE XXXV. i

marchent à l'armée pour y dooner l'exemple de la soumission et du courage*. »

La motion de Vernier fut accueillie assez froidement; l'attention de l'Assemblée était dans ce moment absorbée par une scène qui se passait au bureau des secrétaires. Plusieurs députés, qui s'étaient précipités sur les pas de David et de Dubois-Grancé pour mettre leurs noms au bas de l'adresse des Jacobins, étaient venus prudemment biffer leurs signatures. Sommés de donner , les motifs de leur rétractation : « C'était, dirent-ils, parce qu'ils craignaient que l'on ne fit un usage perSde de leur approbation écrite. »

u — Et moi, s'écrie Camille Desmoulins, je m'honore d'avoir apposé ma signature à cette adresse ; je ne la retirerai pas. Savez-vous pourquoi on vous parle de l'appel au peuple? C'est parce que les meneurs de la faction savent que les quarante-huit sections de Paris vont venir vous demander l'expulsion de vingt-deux royalistes, complices de Dumouriez ; c'est parce que , se voyant submergés, ils veulent mettre le feu à la Sainte-Barbe. »

Cette révélation soudaine, échappée à l'enfant terrible de la Révolution, soulève les cris d'indignation de la droite.

« À l'ordre, à l'Abbaye, Camille ! Est-ce que les sections de Paris ont le droit de chasser des membres de la Convention ? »

i . Vernier survécut à la tourmente révolutionnaire. U partagea , avec Boissy d'Anglas, le dangereux honneur de présider la Convention nationale lors de la journée du *" prairial; plus tard, il fui, coitime lui, appelé au Sénat, puis à la pairie.

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i3S HISTOIRE DE LA TERREUR.

A cette protestation de la Gironde les tribunes répondent par des vociférations et des menaces. Un misérable montre insolemment le poing aux membres de ta droite ; on le désigne au président Delmas, qui donne l'ordre de t'arrêler. Ceux qui l'entourent résistent et cherchent à le faire évader; force enfin reste à la loi.

Lorsque le tumulte est un peu apaisé, Buzot essaye de ramener l'attention de l'Assemblée, et sur le nouvel appel au peuple, proposé par Gensonné, et sur le décret d'accusation contre Marat.

« Si, dit-il , \es sections de Paris ont le droit de se convoquer elles-mêmes pour venir demander l'expulsion de quelques membres de la Convention , les départements ne peuvent-ils pas suivre leur exemple pour sauver la chose publique? C'est dans les assemblées primaires que j'appelle les dénonciateurs ; c'est là que je les attends ; c'est là qu'on jugera entre eux et nous. Mais comme il ne faut pas qu'une loi soit décrétée par lassitude, je demande qu'on ajourne de quarante-huit heures la discussion des propositions faites par Gensonné. Quanta Marat, je le pense et le déclare, la majorité de Paris applaudira au décret qui chassera cet homme impur du sanctuaire de la liberté; dans nos départements, on bénira le jour oîi vous aurez délivré l'espèce humaine d'un homme qui la déshonore. »

La Montagne demande que l'on renvoie à trois jours la discussion du rapport de Delaunay, mais la droite veut en finir, et insiste pour qu'on en mette immédiatement aux voix les conclusions. En vain Robespierre entreprend-il de défendre Marat, n auquel on ne

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