LIVRE XXXVI. m
2' l'anéaQlissement du commerce des grains ; 3' la suppression de tout iotermédiaire entre le cultivateur et le consommateur -, II" uu recensement général de tout le blé après chaque récolte.
De teKes absurdités semblaient n'avoir pas besoin de réfutation. Cependant Vergniaud prend la peine d'expliquer à l'ex-cordonnier transformé en administrateur que ce qu'il réclame est contraire à toutes les règles du bon sens et de la saine politique : h Quoi! ditil , vous voulez, d'uQ seul trait de plume, anéantir le commerce des grains, vous ne voulez plus d'intermédiaire entre l'agriculteur et le consommateur ? Comment s'approvisionnera Paris, qui est obligé de tlrei* sa subsistance de la Flandre, de la Picardie et de l'Artois ? Vous voulez donc décréter la famine? Vous dites que vous nous apportez le vœu de vos concitoyens, mais, lorsqu'ils s'égarent, c'est à vous, magistrats du peuple, de les éclairer. »
Lhuillier répond à Vergniaud : « Nous connaissons notre devoir et nous saurons le remplir malgré les calomnies dont on nous abreuve. »
Le renvoi de la pétition au comité d'agriculture est demandé de toutes parts. « Eh bien, ajoute insolemment le procureur-général, allons-y, et l'on verra de quel côté sont l'ignorance et la mauvaise foi. »
C'est en formulant de telles demandes que les meneurs essayaient de faire croire aux masses populaires que la Convention, en vertu de sa toute-puissance, était maîtrise de décrétera son grél'abondance et le bonheur. Le soir même, Chaumette, le digne acolyte de Lhuillier^
répétait les mêmes billevesées à l'Hôtel de Ville ; il dénonçait la' manière irrévérencieuse, suivant lui, dont la G)DveDlion avait reçu les délégués du peuple parisien , et demandait que le Conseil général se déclarât en état de révolution tant que les subsistances ne seraient pas assurées. Mêlant adroitement toutes les questions à l'ordre du jour, il proposait : 1* de renvoyer aux sections récalcitrantes la pétition relative à l'ostracisme des vingt-deux, pour qu'elles eussent à y adhérer;
2° De prendre sous sa sauvegarde tout membre du Conseil, tout secrétaire ou président de section, tout citoyen qui serait frappé pour ses opinions ;
3° De mettre immédiatement en activité le comité de correspondance avec les 4û,000 communes de France.
Toutes les propositions du nouvel Auaxagoras furent accueillies avec enthousiasme par le Conseil général et adoptées à l'instant même *.
Le lendemain, dès l'ouverture de la séance de la Convention, les arrêtés rendus sur le réquisitoire de Chaumette sont dénoncés par Guadet.
■I 11 faut, dil^il, que nous sachions, une bonne fois pour toutes, si nous sommes ta première autorité de la République, ou s'il y en a une au-dessus de nous; si nous sommes ici pour recevoir des lois ou pour en faire. »
i. Voirie Moniteur du il avril 1793, article Commtme.