‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 100 sur 200 · LIVRE XXX. i · texte numérisé non relu

LIVRE XXX. i

s'était servi. Od ne fausse pas impunément le suffrage universel, on ne violente pas sans danger la liberté électorale. Oq avait, il est vrai, imposé à la seconde ville de ta Républic(iie un maire selon le cœur des démagogues. Mais, pour obtenir ce résultat, on avait profondément froissé l'immense majorité de la population lyonnaise. L'indignation qu'elle ressentit d'un si profond mépris de ses droits et de ses vœux ne devait pas tarder à éclater et à produire d'épouvantables catastrophes *.

avaient qupiqaos grâces à solliciter du piocureur-gyndic de la commune de LyoD. Laussel et ses deux complices Turent traduits au tribunal révolutionnaire, maïs naturollement il» obtiarenl leur acquitte- . ment. Les loups ne se mangent pas entre eiix.

h. La lettre ostensible des trois commissaires est imprimée su Moniteur, n' 8). Maïs nous avons retrouvé une lettre confidentielle écrite à Pache par deux d'entre eux, Rovère et Legendre; on y verra comment ces prétendus apôtres de conciliation et de paix comprenaient leur mission; comment des représentants du peuple, qui avaient reçu mandat pour parler au nom de la Convention entière, ne travaillaient qu'au profît de In Montagne.

« Citoyen maire de Paris, notre ami, la commission im|iorianle dont nous avons été chargés par la Convention nous a privés du plaisir de dîner avec vous mardi. Jour de notre départ. Nous voulons nous en dédommager en correspondant avec vous. Nous avons trouvé cette intéressante cité dans un état bien déplorable pour les vrais jacobins. Elle renferme décidément un parti de contre-révolutionnaires coalisés avec la cour de Tarin, l'Allemagne et la Suisse, et n'atlendant que le moment d'une irruption sur le territoire de la République pour arborer la cocarde blanche et massacrer les vrais patriotes. La seconde section des habitants de Lyon 'a été pervertie par les écrits insidieux des Roland, des Brissot. Enlîn il nous reste les élus de la patrie, tes sans-culottes réintégrés dans leur club

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BISTOIRE DB LA TERREOR.

Ce n'était pas assez pour la France d'être en proie à UDe épouvantable anarchie, de se sentir i&olée au milieu de l'Europe en armes, de voir ses premiers succès se changer en désastres. Elle allait avoir à supporter le plus grand de tous les malheurs, la guerre civile, et de loatés tes guerres civiles la plus cruelle el la plus vivace, la guerre de religion. ,

C'est à ce résultat que devaient inévitablement aboutir

dévasté, reprenant haleine en voyant parmi eux trois commissaires de la UonlAgne et du comité de surveillance...

■ Un certain Gilibert, brissotin bien avéré, avait réuni la majorité pour Être maire. Il est détenu dans la maison d'arrêt pour délit de provocation au meurtre contre les patriotes. Il a donné sa démission. On procédera vendredi à une nouvelle élection. Tous nos efTorts doivent être didgés dana ce moment ï Taire nommer un citoyen vraiment patriote; ai nous obtenons cet avantage, nous aurons déjà fait UD grand pas vers notre but de Taire revivre le patriotisme abattn.

x Un chagrin auquel nous ne devions pas noua attendre a été de voir le bataillon des Marseillais se déclarer le plus fortement contre les vrais patriotes, et nous donner à lui seul plus d'inquiétudes que toute l'aristocratie réunie. Nous avons requis Kellermann de nous envoyer un régiment de dragons; nous l'aurons demain avec un officier gêoéral, que nom ferons marcher. Faites-nous l'amitié de nous coramuuiquer vos sages réflexions et d'être persuadé que nous vous aimons bien sincèrement.

■ F. RovKnB, LE&EnonB. ■

■ P. S. Les calomnies de Brissot nous ont précédés dans cette ville, el nous sommes assurés que ses correspondants dénatuTeot dos discours et nos actions pour nous faire perdre la cotiQance. a

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les témérités de l'Assemblée coDStiiuante. En promulguant sa fatale coustituliOD civile du clera;é, elle avait, sans le savoir et sans le vouloir, enfanté un schisme, qu'avaient entretenu et développé des décrets de plus en plus rigoureux.

Quand on a la force en main, comment résister à la tentation de l'employer? Louis XIV avait poursuivi au désert les assemblées protestantes, enfermé dans des couvents, jelé aux galères ceux de ses sujets qui ne voulaient pas se convertir à sa religion. A leur tour, les philosophes de la Constituante, qui avaient passé leur jeunesse à maudire les auteurs des dragonnades, en arrivèrent bien vite à suivre leurs exemples. A cent ans de distance, à la fin du xviii* siècle comme à la fm du XVII*, les pratiques gouveroemen taies furent les mêmes contre de prétendus rebelles dont le culte était différent, dont le sort fut pareil. Les consciences furent également violentées en vertu de la même maxime qu'on n'eut qu'à modi&er d'une manière presque insensible : FÉtat c'est moi, avait dit Louis XIV, rÉtat c'est nous, dirent les Jacobius.

Presque tous les départements furent agités par les troubles religieux; mais les provinces de Bretagne, d'Anjou et de Poitou furent les seules où ces troubles se transformèrent en luttes sanglantes et acharnées.

On a cent fois décrit les lieux qui furent le théâtre de cette guerre et les mœurs des habitants qui y prirent part. Il serait superflu de revenir sur ce sujet. Contentons-Dous de mettre en relief quelques points un peu trop laissés dans l'ombre par certains historiens, et sur-

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loul exposons les griefs principaux, qui poussèrent ces populations à une révolte ouverte.

. Dans ces ^ois provinces, les grandes vill^ sont rares, les bourgs sont disséminés de loin en loin, les villages mêmes ne sont pas agglomérés. Ils se composeot d'un grand nombre d'habitations isolées; chaque champ est entouré de haies, plantées sur les bords de fossés profonds. Des chemins, que les eaux ont ravinés depuis plusieurs siècles, sont les seules voies de communication, nous ne disons pas de maison à maison, mais de village à village , de bourg à bourg. Les paysans, presque tous occupés k l'élevage des bestiaux, vont très-rarement à la petite vide voisine, et professent pour. les bourgeois qui l'habitent une aaimosité inslinclive. I.« chasse est leur occupation favorite; passer la nuit à l'affût dans les marécages fait leur bonheur. La contrebande sur les côt^ et, avant l'abolition de l'impôt du sel, rex|>ortation frauduleuse de celte denrée des provinces rédimées dans les provinces de gabelle avaient donné à beaucoup d'entre eux l'habitude des ruses, des surprises et des combats nocturnes.

Le gentilhomme breton ou vendéen vivait en bon accord avec ses vassaux. Allant fort peu à la cour, il mangeait ses revenus, généralement assez minces, sur ^ ses propres terres. Le montant des fermages ne se dépensant pas à Versailles et restant dans le pays revenait assez promplemeot dans les mains de ceux qui l'avaient payé. Il y avait partout une demi-aisance, de richesse nulle part.

Le clergé de ces contrées était pauvre et cependant

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