‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 114 sur 200 · LIVRE XXX. Î · texte numérisé non relu

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vingt-quatre heures, et dans tes liuU jours du territoire de la République; 3° tout iadividu qui, dans les délais voulus, n'obéissait pas à l'ordre d'expulsion était passible de dix ans de fer. »

Les mesures contre les émigrés étaient sans cesse à l'ordre du jour; il se passait peu de semaines que de nouvelles rigueurs ne vinssent s'ajouter aux anciennes- II gérait impossible de suivre toutes les phases de cette législation chaque jour plus cruelle, chaque jour plus exorbitante. Qu'il nous suffise, pour édifier nos lecteurs, de mettre sous leurs yeux un épisode de la discussion.

I^source vient exposer à la Convention que l'on a amené au Comité de sûreté générale iinc jeune fille prévenue du délit d'émigration.

(1 Nous l'avons -interrogée, dit-il, et elle nous a répondu, avec la candeur et la franchise de l'enfanta, que son père et son frère étaient dans l'armée de Condi-, qu'elle-même avait quitté la France en 1790, lorsqu'elle n'avait que treize ans, et qu'elle avait été ramenée en France à seize ans par uo ami de sa famille auquel elle avait été confiée. Après avoir recueilli cet interrogatoire, nous avons frémi, car la loi condamne cette enfant à avoir la tâte tranchée ! Vous avez prononcé la peine de mort contre tout émigré qui rentrerait, et vous n'avez excepté de cette peine que les enfants ayant moins de quatorze ans. Voici le fait d'un côté, la loi de l'autre. La loi est injuste, elle ne peut subsister. Elle applique la même peine à l'enfant faible et timide et au conspirateur audacieux. Vous punissez l'enfant d'un crime qui n'en est pas un pour lui, puisqu'il n'a pas été libre de ne pas

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le commettre. Une fille de treize ans peut-elle résister à la volonté d'un père et d'une mère qui parlent et lui ordonnent de les suivre ? En eût elle la puissance morale et la force physique, quelle ressource lui reslerait-il autre que ia pmslitution et l'infamie? Si elle reste, l'opinion la flétrit, l'indigence lui fait de la débauche un besoin ; si elle part, la loi la frappe. Avec de pareilles lois, un peuple aura-l-il jamais des mœurs? Pour moi, s'il faut choisir, J'aime mieux des mœurs sans luis que des lois sans mœurs.

II La loi ne présente qu'une sévérité inutile. Craignez-vous que les enfants-en rentrant héritent des biens de leurs père et mère ? Mais, d'après votre législation, les enfants n'ont droit à rien ; c'est à la République que tout est acquis. Dira-t-on que ces enfants peuvent détruire la République ? Si cela était à craindre, voire République serait bipn mal assui"ée. Comment penseriezvous qu'à dix-huit ans ils peuvent l'attaquer, quand vous avez décrété qu'avant cet âge ceux qui sont dans son sein ne |)euvent la défendre ? Vous avez détruit cet odieux préjugé qui faisait rejaillir sur l'enfant la honte du supplice infligé au père ; ne l'avez-vous donc détruit que pour renchérir sur le préjugé? Il condamnait l'enfant à la lionle, vous le condamnez à la mort. Qu'on ne parle pas ensuite de philosophie, d'abolition de la peine de mort. Est-ce en infligeant avec barbarie celle peine à l'innocence que vous vous préparez philanthropiquement à cesser de l'infliger an crime ? Frappez les émigrés, je ne les défends pas ; mais respectez l'enfance, elle est sacrée comme la vertu. Je demande que l'on déclare d'une raa-

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