‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 120 sur 200 · LIVRE XXXI. S · texte numérisé non relu

LIVRE XXXI. S

feu de renoemi '. < D'ailleurs, cette lettre, ajoute l'exniinistre de la justice, n'est qu'une boutade; elle a été inspirée par la mauvaise humeur dont Dumouriez n'a pu se défendre en voyant entravés et détruits tous set: projets sur la Hollande. »

La piajorïté du Comité de défense générale 0nit par se ranger à l'avis de Danton et de Lacroix, et les charge d'aller demander au général en chef la rétractation de ce qu'il vient d'écrire.

Pendant que les deux amis s'apprêtent à remplir cette mission diflicîle, retournons auprès de Dumouriez. \ Louvain, il avait trouvé ses dc^ux lieutenants, Miranda et Valence, qui étaient enfin parvenus à opérer leur jonction, gi-âce ii la prudence excessive que Coboui^ avait mise dans la poursuite de l'armée française. Quoique plusieurs corps détachés eussent été rejetés sur

intervention de noire ambassadeur H. le duc de Grammont, cette demande a été accueillie avec une libéralité dont nous conserverons une ëlernelle reconnaissance. Bien plus, les archives particulières de l'archiduc Albert, l'illustre Gis de l'archiduc Charles, ont été mises ï notre disposition par une Taveur toute spéciale et nous ont livré plusieurs documents intéressants , surtout des lettres confiileiilielles de l'empereur François à son Trére. Tels sont les documents qui font la base du récit que l'on va lire.

Nous ne nous donnerons pas le puéril plaisir de relever une ît une les erreurs volontaires que Oumourteï a semées à chaque page de celte partie de ses mémoires et qui ont été depuis soixante-dix ans servilement reproduites par la plupart des historiens. Nous noua permettrons seulement de signaler celles qui se démontrent par des rapprochements de dates ou de bits incontestables.

1. Voir, pour ce qui se passa dans le sein du Comité de défense (générale, les discours de Bréard, de Penières, de Lasource, de Danton, de Barère (séances des <" et S avril).

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300 illSTOIRR DE LA. TERREUR.

la haute Meuse, après l'échec d'Aldenlioven, cette armée éuil encore Forte de 35 k (iO,000 raotassios et de 7,50U cavaliers. Mais, depuis dix jours qu'elle ballait- en retraite, elle avait perdu une partie de son matériel, presque tous ses effets de campement. Elle n'avait plus ni cohésion ni entraÎD; il lui aurait fallu quelques Jours de repos dans une bonoe position pour se recoonaitre et se reraire. Or, Dumouriez , dans la situation où il s'était mis vis-à-vis la Convention, ne pouvait pas s'arrêter un instant; il lui fallait au plus vite une revanche éclatante de son échec de Uollande, il lui fallait à tout prix une victoire qui le rendît maître des destinées de la France.

Décidé à Jouer sur une seule carte la conservation ou la perte de la Belgique, le général arrête court la retraite et reprend l'offensive. Il marche sur Tirlemont que son armée a évacué deux Jours auparavant et qu'il réoccupe presque sans coup ïénr. Cobourg, qui, à ce changement de front, comprend que Dumouriez a rejoint l'armée et veut se mesurer avec lui, rétrograde de plusieurs lieues, se relire derrière une rivière nommée la petite Cette, et s'éteblit solidement sur les hauteurs qui la dominent. Cent ans auparavant, le 28 Juillet 1693, ces mêmes lieux avaient éte le théâtre d'une bataille meurtrière, où le maréchal de Luxembourg était resté vainqueur des Hollandais et des Anglais commandés par Guillaume III. Dumouriez esiwre être aussi heureux que le général de Louis XIV et compte qu'il enlèvera les hauteurs de Nerwinde comme, il y a quatre mois, il a enlevé celles de Jemmapes.

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