LIVRE XX Y I
Dom du Comité, proposer de poursuivre Nicole devant les tribuoaux, pour avoir outragé la mémoire de Lepe- \el\et de Saint- Fargeau. Mais LaDJuinais Eait observer que l'on n'a pas iocrimiDé bien d'autres écrivains qui ont attaqué plus vivement encore des hommes que la nation, à tort ou à raison, avait panlhéonisés. « C'est vrai ! c'est vrai ! ajoute-t-on à côté de l'orateur. Lisez donc les * feuilles de Marat ! »
Plusieurs orateurs, appartenant aux. diverses frac- UoDS de l'Assen^lée, se succèdent à la tribuoe et défeodeot les droits de la presse. D'un commun accord l'ordre du jour est prononcé, et l'on décrète que le journaliste incriminé sortira immédiatement de r.4bbaye'.
4. Cette question ^e la liberté dès opinions se représeotait tous les jours sous une forme ou sous une autre. Elle avait surgi d'atwrd à t'occasioa d'une comédie; nous avons vu [t. V, p, 37î) la Convention casser par un ordre du jour motivé l'arrêté de la Commune qui avait rétabli la ceosurs théâtrale à l'occaBion de l'Ami des Lois, Hais l'antorilé municipale ne tint pas compte de ce décret ; elle étendit ses proscriptions DOn-seulemeut à la pièce de Laya, mais encore k un vaudeville nommé la Chaste Suzanne, et bientût à la tragédie 'de Mërope. Pourquoi ces nouvelles proscriptions? Parce que, dans la première de ces deux pièces, on voyait une jeune femme injustement accusée; parce que, dans la seconde, Voltaire avait raconté les malheurs d'une reine qui attend un héros pour venger son époux et rétablir son Dis sur le
La Convention, toujours à la remorque de la Commune, confirma bientôt (31 mars 1793) la sentence portée par sa rivale et inaugura le rétablissement de la censure en proscrivant l'œuvre du philosophe de Femef. La Communs fit alors un pas de plus el demanda par une délibération formelle ï la Convention de décréter :
1* Que le Comité d'instruction publique se Ht représenter le réper-
Basire et ses amis oe se sentent guère atteints par le blâme indirect dont le Comité vient d'être frappé ; seulement ils changent de taclique. Au lieu d'attaquer ouvertement la Gironde et les écrivains qui la soutiennent, ils procèdent par insinuations dans les journaux, par accusations sourdes devant les magistrats dont ils disposent; ils ne reculent pas même devant un faux matériel.
Marat avait mis ses presses à la disposition de tous ceux qui voulaient calomnier ses adversaires. Il se montrait fort peu scrupuleux sur l'origine et la véracité des pièces insérées dans sa feuille. Ses afQdés du Comité de sûreté générale lui communiquent une lettre empreinte des sentiments du royalisme le plus prononcé. (Elle émanait d'uQ ancien rédacteur de la Gazette de France, nommé Wadeville, et avait été saisie six mois auparavant chez Laporte, l'intendant de la liste civile.) L'ami du peuple n'hésite pas à l'imprimer en la faisant suivre de la signature de Brissot de Warville. Les amis du député d'Eure-et-Loir s'émeuvent. Celui-ci court au
toire des ihéâtres à l'effet de le purger de toutes les pièces propre!> a corrompre l'esprit républicain;
3* Que ion s'occupât des moyens d'établir un spectacle destiné à r instruction du peuple ;
3° Que, dans ia nouvelle salle qui devait être construilo pour le Uiéâire de l'Opéra, il Tùt réservé des places gratuiles pour les citoyeDS peu fortunés et que ces places fussent répandues dans toutes les parties de la salle.
Le Comité de salut public, devenu tout-puissant, n'bésila pas à adopter les errements déjà suivis par la Commune et se mit à protéger à sa manière les arts et la littérature. Nous aurons occasion de parler plus lard de ce régime qui fut intronisé par la loi du 2 août