LIVRE XXVI
liberté publique, n'existe plus depuis que le Comité de sûreté générale a été réduit à douze membres, par une méprise indigne, dans une malheureuse circonstance dont on a trop bien su profiter, durant une séance du soir destinée aux pétitionnaires, et à laquelle n'assistait presque personne. »
En terminant, il cite ce dernier fait relatif à l'arrestalioD de Nicole: ud de ses collaborateurs s'étant rendu au Comité de sûreté générale pour réclamer le registre sur lequel sont inscrits les abonnés, on lui a répondu : Il Nous gardons votre registre pour connaître vos abonnés; ce sont des aristocrates. »
« Jje fait est faux, répond Bovère, secrétaire du Comité. Od lui a seulement dit qu'il n'avait pas besoin de ce registre pour faire son journal. » — Comme cette singulière dénégation ne semble pas contenter l'Assemblée, Rovère se hâle d'ajouter : « Ce journaliste a insulté des membres de la Convention; ainsi je Us dans son n" 73: tt Vous ne savez donc pas que le Comité de sûreté gé- <i nérale a été renouvelé et que la liste des membres qui u le composent est encore souillée des noms des Basire et u des Chabot, et d'autres bomm^ de sang qui, dans ce « moment, disposent souverainement de l'honneur, des u biens et de la vie des citoyens; ce Comité est le Con- » seil des Dix de Venise ; ils n'ont qu'à dire : poignardez ! « et l'on poignarde.
Il — C'est vrai ! crie un membre à droite. — A l'Abbaye l'insolent qui attaque l'honneur de la Convention! réplique la Montagne. — Vous voyez, dit Carrier, que Buzot est l'apologiste des assassins. »
DictizedbyGoOJ^IC
ftovère coofiaue : « Voici luaiDleoaDt ce que ce journaliste dit de l'assassiDat commis coQlre Lepeletier : (I Saint-Fargeau a été assassiaé par un homme qui lui « reprochait d'avoir voté pour la mort de Louis XVI u quoique il eût promis le contraire. »
Eu entendaQt accuser celui dont elle fait ua martjr, la Montague entre en fureur; ses coryphées lancent à la droite ces interpellations successives :
Chabot : « Voilà le journal que Buzot appelle estimable. »
Basire : « On peut maintenant supprimer le CcHnité; il a osé Taire le bien, il a balayé le Palais-Royal de tous les coquins; les complices de Paris ont été arrêtés. »
Collot-d'Herbois : « Depuis l'assassinat du malheureux Lepeletier, nous sommes devenus sa famille; nous devons faire ce qu'elle ferait elle-même, nous devons poursuivre ceux qui osent outrager la mémoire de ce patriote. »
A la proposition de Gollot, Bailleul oppose les principes ; « Que l'on poursuive, dit-il, si l'on veut le journaliste, mais je dis que le Comité de surveillance est sorti de son rôle, il doit se contenter de déjouer les complots, de découvrir les conspirations, il ne lui appartient pas de faire incarcérer des citoyens pour des délits individuels. »
Entre ces assenions contradictoires, la majorité semble indécise ; elle ajourne la mise eo liberté du journaliste et, malgré l'insistance de Buzot et de tanjuinais, maintient le nouveau Comité de sîkreté générale.
Trois jours après {4" février), Lasource vient, au
DictizedbyGoOJ^IC