LIVRE XXXIl
Cependant le capitaine Colin, qui a toujours couru ventre à terre et n'a pas mis plus d'une heure et demie à rraochir la distance qui sépare Orchies de Lille, s'est rendu sur-te-champ chez le général Duval. Il lui raconte et ce qui s'est passé la veille au soir à Sainl-Amand et ce qui se prépare pour surprendre la ville placée sous son commandenient. Le général ne veut pas croire au récit du capitaine et menace de le Taire arrêter. Surviennent heureusement Saint-Georges et Alexandre Dumas qui confirment en tous points le rapport de leur subalterne.
Enfin arrive Longuet, qui, après avoir remis ses dépêches à Mtaczinski, s'est habilement esquivé et a eu l'adresse de se faire donner un cheval Trais, en qualité de courrier du général en chef. Duval ne peut plus douter; car ce que Saint-Georg»;, Dumas et Colin n'ont pu lui rapporter que par ouï-dire, Longuet te lui confirme comme témoin oculaire. Mais le général veut, avant tout, mettre sa responsabilité à couvert. Il se rend à l'hôtel de ville, où siègent en permanence les conseils
a Mon cher général, je viens de recevoir votre lettre et votre ordre; niaia j'étais surpris que la courrier qui me les avait renais est arrivé à 8 heures du matiu, tandis que d'après la date de la lettre je dusse ta recevoir la nuit.
« Je vous embrasse et vous aime plus, si je puis, pour le parti vigoureux que vous avez pris; je vous réponds de mes troupes. Je me suis mis à 9 heures en marche pour Lille; j'eiéculerai vos ordres ou je périrai, n
Cette lettre fut trouvée, comme celle de Leacuyer, dans la redinfCOte que Dumouriez fuyant laissa entre les mains des volontaires de l'Yonne. Elle Tut l'ariit de mort du malheureux général.
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de la commune et du district; il expose ce qu'il vient d'apprendre et déclare que, dans des circonstances aussi graves, l'autorité militaire ne doit agir que de concert avec l'autorité civile. Son discours est couvert d'applaudissements. Ordre est donné de faire fermer les portes de la place, de ne laisser pénétrer en ville que les ofBciers et généraux qui se présenteraient avec une faible escorte.
Toutes les mesures de précaution étaient prises, tous les préparatifs achevés, quand Miaczinski arrive au faubourg de Paris. Il n'a que cent cavaliers avec lui; on ne voit aucun danger à le laisser entrer lui et ceux qui l'accompagnent. Mais, au lieu de le conduire chez le général Duval, comme il en exprime le désir, on le mène à l'hôtel de ville. Il monte sans défiance an premier étage, s'arrête dans la première salle et foit dire à Duval qu'il a besoin de lui parler en particulier; celui-ci lui fait répondre qu'il est au milieu de ses concitoyens et qu'il ne veut recevoir de communications qu'en présence des autorités lilloises. Miaczinski hésite, il fait un mouvement pour se retirer et aller sur la place rejoindre ses cavaliers; maison l'entoure, on l'entratne dans la salle des séances. Là, le président du district lui demande compte de la mission dont il est chai^, et te somme d'exhiber les ordres dont il est porteur.
Miaczinski assure qu'il n'a rien que des ordres verbaux apportés par un aide de camp.
« Quels sont-ils?
— Je dois me concerter avec le général Duval et me rendre à Douai et Cambrai.
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