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et se coafond en protestations de dévouement à la République. Les députés l'accueillent parfaitement, et, croyant pouvoir se fîer au zèle d'un officier qui vient leur apporter la preuve palpable de la trahison de Damouriez, ils l'investissent d'un commandement importaot.
Ainsi se passa la journée du 2 avril à Valenciennes. Dumouriez dut se repentir amèremeot d'avoir confié à des instruments si peu habiles, à des cœurs si peu décidés, le succès de son entreprise. Aulaot les agents du général rebelle montrèrent de maladresse, de lenteur et de tergiversation, autant les commissaires de la GonventiOQ, surpris à l'improviste, déployèrent d'énergie et d'activité. Du reste, la tentative sur Lille échoua peut-être plus misérablement encore, mais par des circonstances entièrement différentes.
En même temps qu'il expédiait Lescuyer à ValencieoQes, Dumouriez ordonnait à Miaczinski de lever son camp d'Orcbies dès la pointe du jour, de marcher sur Lille, d'arrêter les représentants Garaol et Lesage-Senault qui devaient s'y trouver, de s'assurer de cette place importante, d'y proclamer la Constitution de 1791 ; puis de se rendre à Douai, à Cambrai, de pousser enfin uoeavant-gardejusqu'àPéronne, et, celafait> d'attendre ses ordres'.
A Voici le texte infime de la lettre qae Dumonriez adressait i
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Dumouriez avait si peu d'officiere de coofiaoce sous la main qu'il eo est réduit à envoyer ses instructions a Miacziuski par le même courrier Longuet, qui avait accompagné te ministre et les quatre députés depuis leur départ de Paris. Longuet avait, il est vrai, été l'homioe du ministre depuis vinglr-quatre heures, mais il avait été l'homme du général en chef pendant plusieurs mois. Dumouriez avait d'ailleurs une si bonne opinicm de luimême qu'il croyait inspirer un dévouement absolu à tous ceux qui l'approchaient. Il fait donc venir le courrier, lui dit qu'il ne le croit pas assez fou pour s'attacher à une cause désormais perdue, et, sans attendre sa réponse, lui remet ses dépêches en lui recommandant la plus grande
HiacztQski, On y voit percer l'agitatioD fébrile qui animait le général an moment oit il écrivait. Elle est pleine d'incohérence et de redites. ■ Aui buns de Saint-Amand , te 1*' svril.
« Je viens, mon cher Hiaczinski, de faire arrëler le ministre de la guerre Beurnooville et les quatre commissaires de k Conveolion nationale, envoyés ici pour m'arrfiter ou plutôt pour me &ire assassiner, et lee généranx ainsi que toat l'élat-major de l'armée.
H Helbez-vous en campagne dès la pointe du jour. Marchai sur Lille, entrez-y avec uae partie de vos troupes, allez trouver le général Duval; montrez-lui la lettre; annoncez qu'il faut, si les commissaires ne sont pas encore partis, les arrêter sur-le-champ. Vooi les conduirez à Orcbies, oà je vous enverrai des ordres de ce qu'il faudra en faire, Diles^ui aussi que je lui donne ordre de s'emparer du trésor, d'ordonner au commissaire ordonnateur Malet de nommer sur-le-champ un payeur et de faire arrêter le citoyen Le Hennier que vous ramènerez ii Orchies et pour lequel je vous donnerai des ordres. Ce Ld Meunier est contrôleur général de la trésorerie n>> tionale près l'armée. Vous direz à Duval de m'envoyer sur^le-cbamp Petit-Jean, parce que je fais faire demain un mouvement à l'armée. Vous lui direz que l'armée est décidée à proposer à la nation enlière
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diligeoce. It prend seulement la précaution de' le foire accompagner par deux hussards.
En route, Longuet s'égare ou feint de s'égarer et met cinq ou six heures pour franchir les dix-huit kilomètres qui séparent Orchies des bains de Saiot-Amand ; i] n'arrive qu'au grand jour chez Miaczioski.
Celui-ci avait donné à déjeuner à Saint-Georges, à Damas et aux autres officiers de l'escorte qui, la veille au soir, avaient, de Lille à Orchies, accompagné le ministre et les députés. Les hâtes du général s'apprêtaient à lui dire adieu; déjà les chevaux étaient sellés, les cavaliers rangés en bataille sur la place. On en était aux dernière poignées de main et aux derniers toasts,
de reprendre la CODstitntion que nous avionâ jar^ en 4789, 90 et91, qni peut seule noua tirer de l'anarchie et de l'inSme tynuinia dee Robespierre et des Harat; voua lui direz de l'annoDcer aux administrations et vous enverrez, par no officier, à Douai, la lettre ci-inclass pour les admioistniteurs du déparlameot. Faitfie cette missioa avec mtolligence et zâle, et revenez sur-le-champ de Lille à Dorai où vous arrêterez le général Horetou et vous laisserez le commandement de la place, jusqu'à nouvel ordre, h l'officier général d'artillerie qui y est en résidence. Ces deux missions faites, vous vous rendrez avec votre troupe à Cambrai, dont vous prendrez te commandement jnsqn'i noorel ordre, et vous pousserez 300 ou 400 bommes sons un bon cbeT il Péronoe pour y tenir garnison. Vous direz h mes compatriotes de Cambrai quel noir complot on a tramé contre leur défenseur, et vous leur ajouterez que je n'ai pris le parti de me soustraire 6 l'as- ■assinat que pour rétablir l'ordre et la Constitution, que nous avons Jurée en 1789, 90 et 94, qui peut seule nous sauver de l'anardiie. Je vous embrasse, mon cher Hiaciinski, et Je compte sur vous et snr vos troupes pour le salut de la France.
■ Le général en chef,
I DUHOUBIBZ. ■
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37S HISTOIBB DE LA TBRREUB.
lorsque 'arrive LoDguet qui demaDde à parler en particulier à Miaczioski et l'entralae dans uq arrière-cabioet. Bienldt te général revient le visage en feu. Jetant les ordres de Dumouriez sur la table, il s'écrie : « Messieurs, le ministre et les commissaires de la ConventioD sont arrêtés; j'ai ordre de marcher sur Lille, marchezvous avec nous ?
— Nous sommes sous les ordres du général Duval, répond Saint-Georges, c'est à lui que nous devons obéir.
— Attendez-moi quelques instants et nous partirons ensemble. »■
Saintr-Georges et Dumas déclinent cette offre et se retirent précipitamment. Ils sautent en selle et se font suivre par leurs chasseurs. Mais le détachement ne marche pas assez vite au gré de leur impatience; ils envoient en estafette le capitaine Colin qui monte un des meilleurs chevaux des écuries de Saint-Georges.
Miaczinski, laissé seul par ses convives, ne s'aperçoit de la faute qu'il vient de commettre que lorsque ceux-ci sont déjà bien loin. Il veut la réparer par son activité ; il fait battre la générale, seller ses chevaux et ceux des cavaliers qui doivent l'accompagner; car il compte devancer de quelques heures son infanterie qui, ayant trente-trois kilomètres à faire, ne peut dans tous les cas arriver à Lille que vers la 6n du jour. Il écrit & Dumouriez pour l'assurer de son dévouement à toute épreiive et se met en marche '.
1, Toici le texte mâme de la leLlre écrite par Miaczinski i Dumouriez :
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