‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 153 sur 200 · LIVRE XXXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXII

celle que venait de faire Dumouriez. Aussi, lorsque la proclamatiOD à l'armée ^ était arrivée à l' état-major de cfaacun des deux camps, avait-^lle été un véritable coup de foudre pour tous ceux qui, par leurs fonctions spéciales, étaient chargés de la porter à la connaissance des troupes.

Leveneur, comme le plus ancien lieutenant général, commandait le camp de Maulde eu l'absence de Valence, que la nécessité de soigna ses blessures retenait presque toujours au quartier général des bains Saintr-Amand. Quand it reçut la proclamation, il refusa de ta publier. Il fallut que Valence vînt lui-même au camp pour lui en intimer l'ordre. Encore I^veoeur ne se rendit-il que lorsqu'il eut eD main une réquisition écrite du général en chef.

Au camp de Bruille, c'était le général Rosières qui commandait provisoirement et jusqu'à la prochaine réorganisation de l'armée. Quand on lui remit la dépêche de Dumouriez, il avait près de lui les généraux de brigade Kermorvan, Davesnes, Ghancel, les adjudants généraux Pille, Chérinet Pinon.

Une espèce de délibération s'ouvre entre ces officiers pour savoir ce qu'il yak faire dans une circonstance si délicate. Pille et Ghérin se prononcent hautement contre le général rebelle. Ils émettent l'avis de s'emparer à l'instant de sa personne et de l'envoyer à Paris. Mais les autres officiers s'effrayent d'une proposition si téméraire ; on convient qu'il sera distribué aux troupes,

*. Voir plus heul, page 356.

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avec la proclamation de Dumouriez, uo ordre particulier leur rappelant le serment qu'elles ont prêté de maintenir la République, la liberté et l'égalité.

Le général en chef est bientôt instruit par ses espions de ropposition énergique de Pille et de Chérin. Sons prétexte d'un ordre de service àrecevoir età transmettre, il les fait appeler tous les deux au quartier général. Mçis déjà Chérin s'est esquivé et a couru à Valenciennes se concerter avec les trois représentants du peuple qui s'y trouvent. Pille, moins avisé, est resté au camp; il se rend sans défiance au quartier géaéral. Il y est aussitôt saisi et jeté en prison.

Dans UD bataillon de Seine-et-Oise faisant partie du camp de Bruille se trouvait un capitaine de canonniers, 01s du député Lecointre (de Versailles) . Dumouriez lui fait envoyer une ordonoance pour l'invitCT à se rendre au quartier général, où l'on doit M commuoiqucr une lettre de son père. Lecointre, comme Pille, répond à cet appel ; comme lui, il est arrêté dèssc» arrivée à Saint-Amand.

Mais Dumouriez ne s'occupe pas seulement du soin d'augmenter le nombre des otages qui doivent, suivant lui, répondre de la vie des prisonniers du Temple; il consacre la plus grande partie de sa matinée à rédiger une proclamation au peuple français '.

1 . Cette proclamation a élé insérée in extenso au Moniteur, n< t M. La date ne se trouve ni au commence ment d! à la fin, mais elle est précisée par un passage ainsi congu : a Hier, i" avril, sont arrivés quatre commissaires de la Convention nationale avec un décret pour rae traduire k la barre ; le ministre de la guerre Beuraonville, mon

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