‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 154 sur 200 · LIVRE XXXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXII

Dans cette proclamatioD , après avoir rappelé les nombreux et importants services qu'il a rendus à la liberté, la défense de l'ArgooDe, la ' conquête de la Belgique , le général s'élève avec force contre les intrigues du parti jacobin qui est parvenu à désorganiser son armée par la famine et veut aujourd'hui lui enlever ses généraux pour les entasser dans les prisons de Paris et les y faire septembriser. Il annonce que (X8 complots ont été déjoués par l'arrestation des envoyés de la Convention et par ta suspension d'armes qui vient d'être conclue avec ' les Impériaux ; qu'il marche vers la capitale afin d'éteindre le plus tôt posshie les germes de la guerre civile et de proclamer le rétablissement de la Constitution de 1791 « qui, tout imparfaite qu'elle est, peut encore assurer le bonheur des Français et établir un équilibre sage entre tous les pouvoirs. »

Il s'élève « contre le pouvoir tyrannique qu'ont usurpé sept cents hommes, presque tous sans mœurs et sans principes, qui délibèrent sous te glaive des satellites de Marat et de Robespierre, qui viennent de faire périr l'inrortuné Louis XVI sans procédure juridique et sans tribunal compétent. » Il demande à la Convention ce qu'elle a fait pour soutenir la guerre qu'elle a provoquée contre toutes les puissances de l'Europe. « Au Heu de recruter et de renforcer ses troupes de ligoe.et ses anciens bataillons de volontaires, elle les a désorganisés ;

étève, B eu la biblesse de les accompagner, pour succéder à mon connnandement. »

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au lieu de récompenser ses braves guerriers par de l'avancement et des éloges, elle a laissé les batailIoDs incomplets, nus, désarmés, mécontents; elle a formé de nouveaux corps composés des satellites du 3 septembre, commandés par des bommes qui n'ont jamais servi et ne sont 'dangereux que pour l'armée française, 6ù ils portent le désordre; elle sacrifie tout pour ces suppôts de la tyrannie , pour ces coupeurs de létes ; elle ordonne la conquête et la désorganisation de l'univers; elle dit à un de ses généraux d'aller prendre Rome, à un autre d'aller conquérir l'Espagne pour pouvoir y expédier des commissaires spoliateurs, d'aflreux proconsuls; elle envoie dans la plus mauvaise saison de l'année la seule (lotte qu'elle ait dans la Méditerranée se briser contre les rocbers de la Sardaigne ; elle allume la gume civile dans les départements par des vexations et des persécutions de tout genre, par l'indignation qu'excite la fin tragique et inutile de Louis XVI.

« L'armée va punir tous ces forfaits ; elle n'a point à s'occuper à faire face à l'ennemi, car il a promis de suspendre sa marche, de ne point passer les rrontières, de laisser à Dumouriez et à ses compagnons d'armes le soin de terminer toutes les dissensions intérieure. Les puissances étrangères n'ont de baine que contre les factieux; elles ne demandent qu'à rendre leur estime et leur amitié à une nation dont tes erreurs et l'anardiie troublent toute l'Europe. »

La proclamation se termine ainsi :

« La paix sera le fruit de cette résolution ; les troupes de ligne et tes braves volontaires nationaux, qui

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depuis UD an se sool sacrifiés pour la liberté et qui abhorreol l'aDarchie, iront se reposer au sein de leurs fomilles après avoir accompli ce noble ouvrage. Quant à moi, j'ai déjà fait te serment, et je le réitère devant toute la Dation et devant toute l'Europe, qu'aussitôt après avoir opéré le salut de ma patrie par le rétablissement de la Constitution, de l'ordre et de la paix, je cesserai toutes fonctions publiques et irai jouir dans la solitude du bonheur de mes concitoyens. »

A trois heures de l'après-midi, Dumouriez monte à cheval et se dirige vers les camps auxquels, par un ordre .du jour, il a annoncé sa visite'. Il se présente

t. Voici le texte de cet ordre du jour :

■ An quartier gânénl de Sûnt-Amuid, le ! a?ril 1193,

9' de la République fruiçaiae.

Mot d'ordre : Camaradet, suivez-moi.

Ralliement: Tout ira bien.

■ L'armée conservera sa position. Le général la prévient qu'il ira la voir aujourd'hui ï 3 heures. Pour laisser reposer ses braves troupes et pour mieui servir son pays, il est convenu d'une suspeDsion d'armes avec les généraux de l'armée impériale, et comme les deux armées sont très voisines, il ordonne une surveillance exacte pour la police; il défend sous peine de mort de passer les limites du territoire FrançaiB. Les généraux de l'armée impériale ont proclamé diez eux la même défense et sous la même peine. >

Le même jour, 1 avril, Dumouriez avait adressé un ordre du jour particulier aux régiments de cavalerie commandés par le général Neuiliy; cet ordre du jour est remarquable par une iovocalion i l'obéissance passive beaucoup plus explicite que celle que l'on trouve dans les autres pièces datées du même jour et des jours suivants.

Ordre du jour du général Dumouriez adressé au généra Neuiliy. « Annoncet b votn corps d'armée que nous voulons être libres.

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383 HIST01RB.de LA TERBEUR.

d'abord au camp de Braille ; il y est reçu avec eulhousiasme ; il harangue les troupes bataillon par bataillon, et s'enivre de leurs acclamatioDS ; il reçoit des adresses toutes préparées, où on lui prodigue les noms de père de la patrie et de sauveur de la France ^ Mais il est trop

qae les étrangers ne se mêlent pas de nos efiïtires, eL que nous reprenons la Constitution que nousavons jurée en 4789, 1790 et 1791, qui nous donnait dos lois et un roi constitationnel. Par c« moyen nous noua tirons de l'anarchie et des crimes, nous redevenons une nation honorable; tel est le vœu de )a totalité des bons ciloyei». Cette mesure rendra le calme et la paix i la France, et les braTS voloDtaireB seront à même de retourner tranqniUemeat danslaon Toyers et de donner leurs soins à la culture et au commerce.

R Le général prévient qu'il a reçu les ordree les plus exprès ponr agir avec la plus grande sévérité contre les corps ou individus qui chercheraient à établir la mésintelligence ou une espèce de guene civile parmi l'armée.

* Tous les braves soldats se EQfiviendront que l'année est essentiellement obéissante et qu'elle ne doit pas bc^ancer dans cette circonstance puisqu'il s'agit de sauver la patrie et d'avoir une paix intérieure et extérieure qui adoucira les maux dont nous sommes nogk depuis quatre ans.

■ Le général est le premier à donner des marques d'obéissmca aux ordres de ses supérieure, quand ils tendant au bien-être de a patrie. >

4. Le Moniteur, n» 98, donne ane de ces adresses, qui fut signés par le cinquième bataillon de Saéne-el-Loire ; elle est ainsi ctncne;

« Les méchants qui vous persécutent sont vos ennemis sans doute et ce sont vos vertus qui les attirent, mais ils sont encore [du les nôtres et nons les délestons sans les craindre.

«Général, sauvezl'armée, sauvez encore votre patrie. C'est an nom de cetts mère commune, au nom des bons citoyens, que nous vonseii conjurons. La victoire a marcbé il votre voix ; elle vons suivra pai^ tout; notre obéissance et notre confiance vous en sont de sArs'garanIs.

I Cherpieux, premier lieutenant-colonel commandant le S* babillcn

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