‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 164 sur 200 · Le Moniteur, n" 104, donne celle proclamation t'n eximto · texte numérisé non relu

Le Moniteur, n" 104, donne celle proclamation t'n eximto

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coatre-sigoer les éloges que Dumouriez se prodigue à lui-même et les flatteries qu'il adresse à la natioa française. &[ais le coioael Mack était depuis quelques Jours sous le charme de Dumouriez; il lui avait promis, en le quittant, d'arracher le coaseutement du généralissime; aussi emploie-t-il toute son éloquence et toute son habileté à faire valoir les raisons qui semblent devoir faire accepter la demande dont il est porteur '.

(I Dumouriez, dit-il au prince, croit être certain de réussir dans son entreprise s'il obtient cette lettre ; il désespère de la partie s'il ne l'obtient pas. S'il réussit, les deux armées n'en forment qu'une ; la outre s'assurera

1 , Il n'eiiale pas, on le comprend facilement, un procès-verbal ds la conversation qui eut lieu dans la nuil du 4 au B entre Mack et Cobourg. Nais nous avons trouvé trois mémoires adresses, quelque temps après les événements, à l'Empereur par Cobourg et tràs-vrai' setnblablement rédigés par Uack. Dans ces mémoires sont exposées les raisons qui tonr firent apposer leurs signatures à la proclamation préparée par Dumouriez. Ces raisons sont celles que nous mettons ici dans )a bouche de Hacic. Il est certain que celui-ci se servit, auprès de Cobourg, des mêmes arj^umenta qu'ils Srent ensuite valoir tous les deux auprès de l'Empereur.

Du reste, en écrivant ce chapitre et le chapitre précédent, nous avons consulté avec le plus grand soin lea correspondances échangées étalre les généraux, les ministres et l'empereur d'Autriche, correspondances dont nous avons parlé déjà page 197, et dont nous donnons de nombreux extraits dans la note \IV h la &o de ce volume.

Nous avons eu également h noire disposition plusieurs rapports faits par des officiers appartenant aux camps de Haulde ou de Bniillo, rapports qui se trouvent sut archivée du dépôt de la guerre, h Paris.

NtAis avon» donc pu contrèler, les uns par les autres, les documents français et les documents autrichiens j nous croyons Être ainsi arrivé aussi près que possible de la vérité.

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vu HISTOIRE DE LA TERREUR.

des places qu'on nous remettra ; la sienne marchera sur Paris et délivrera la famille royale, nous attaquerons la République et l'anarchie dans leur foyer; l'armée se dissoudra ou se joindra è nous; la marche des événements deviendra rapide et sûre, nous ferons la loi en France. S'il ne réussit qu'à demi et même pas du tout, nous aurons toujours gagné de propager en France la fermentation et le désordre, de diviser et d'exaspérer, plus encore qu'ils ne le sont, les partis qui s'y disputent en ce moment le pouvoir, nous aurons privé l'armée française d'un chef qui a opéré avec elle de grandes choses, de généraux dans lesquels elle a le plus de contiance. En échange de ce papier, au bas duquel il vous répugne d'apposer voire signature, Dumouriez nous promet une et peutr-être plusieurs places de sûreté; nous les obtenons immédiatement sans coup férir, tandis qu'il. nous est impossible en ce moment de les prendre de vive force. Nous n'avons pas avec nous une seule pièce de siège et nous ne disposons que d'un nombre insuffisant de troupes ; il nous faudra attendre six semaines au moins pour rassembler le matériel et pour recevoir les renforts nécessaires au siège de Gondé et de Valenciennes. Vous reconnaissez, il est vrai, dans la proclamation que les places que Dumouriez tous livrera resteroot entre vos mains comme un dépôt sacré; mais cette promesse vous la lui avez faite par mon organe il y a déjà près de dix jours, car il m'a dit à notre première entrevue el il m'a toujours répété depuis qu'il ne coosentirait jamais au démembrement de sa patrie. Supposez que la cour de Vienne, que vous

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LrVBE XX.XII. 405

D'avez pas le temps de consulter, désavoue celte déclaration, TOUS serez toujours à même de lenir vos promesses aux Français et d'obéir à votre souverain; tous rendrez les places qui vous auront été conGées, mais vous aurez eu l'avantage d'en avoir acquis une coq- Daissanue exacte, et sans compromettre votre parole, vous aurez de très-grandes facilités pour en opérer plus tard la reprise à main armée. L'oecupatioD de ces places, quoique conditionnelle, sera d'une très-grande utilité dans les négociations à entamer ultérieurement, et, avant qu'elles n'aboutissent, vous aurez tout le temps de recevoir les instructions de la cour de Vienne. n Examinée en détail, même sévèrement analysée, cette déclaration est-elle de nature à froisser chez les souverains alliés les susceptibilités les plus délicates? Dans les premières lignes, elle fait, il est vrai, l'éloge des vues et du caractère de Dumouriez; mais ne devons-nous pas tenir ce langage, puisque nous faisons (h sa cause la nôtre et puisque nous joignons notre armée à la sienne? On dit plus bas que Dumouriez veut faire cesser l'anarchie et les calamités qui déchirent )a France en lui procurant le bonheur d'une constitution et d'un gouvernement sage et libre, et on ajoute que les puissances s'associent à ce vœu. Mais les puissances ontr-eltes jamais annoncé d'autre but dans leurs manifestes ; et d'ailleurs, les rédacteurs de proclamations politiques disent-ils jamais exactement ce qu'ils pensent? Vous répugnez à faire l'éloge de la nation française, que la déclaration suppose abjurer les atrocités et les extravagances qui se commettent en son nom;

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mais n'est-ce pas ie moyen le plus sûr de Texallcr contre les coupables, de lui rendre de l'énergie, de la faire rentrer en elle-même, de donner plus d'essor h sa haine contre les monstres qui la déshonorent, la ruioent et l'avilissent?

« Quant h la promesse de rétablir la pr^nière Constitution, vous ne la Tailes qu'en votre propre et privé nom ; d'ailleurs, la cour de Vienne et les autres puissances coaJisées restent complètement en droit ei en mesure de mettre à cette concessicm telles restrictions que la politique, les circonstances, leur volonté et nos succès peuvent ultérieurement suggérer. Quant à la déclaration de ne vouloir pas faire de conquêtes, quoi de plus facile que de désavouer, modifier ou éluder une promesse du moment, prise en son nom seul par un général qui peut toujours déclarer n'avoir pas reçu préalablement de son souverain les pouvoirs nécessaires, et n'avoir agi que par sa propre impulsion? »

Nous n'avons pas à juger dans ce moment cette morale un peu trop commode, mais à constater que Coboui^ l'adopta et apposa sa signature si déarée sur la proclamation que lui avait fait remettre Dumouriez. Mack l'expédie aussitôt à son nouvel ami, qm d'avance en avait fait faire plusieurs copies par les officiers qui l'entouraient. Aussitôt qu'il a reçu cette pièce, l'impatient général ne veut pas di^rer son retour d'un seul instant ; il part à la pointe du jour, et se fait accompagner par une escorte de dragons impériaux. Il envoie en avant quelques-uns de ses aides de camp avec ordre de faire battre la générale

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