‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 175 sur 200 · Cet ordre Tut dicti à Ijiutc · texte numérisé non relu

Cet ordre Tut dicti à Ijiutc

voiï, \ lionl de la corvette, d'apr^i le

délai fatil qae l'équipage voulut eii

er pour lu retraite. »

D,i.,.db,Googlc

Déclaration du commandnnt et des officiers de la corvette la Fauveltc.

« Le commandant de l'expédition de la contre-atlaqiie de la Sardaigne étant à bord dans sa chambre, il fut appelé par l'équipage de monter sur la couverte vers les sept heures du malin. 11 me fit appeler' pour me demander qu'est-ce q]i.'on vovlait. et je lui répondis que l'équipage voulait lui prier, et nous montâmes ensemble. Le commandant de i'expédilioti demanda à l'équipage qu'est-ce qu'on voulait, et l'équipage répondit qu'il voulait partir.

n Le commandant de l'expédition dit à l'équipage qu'il ne pouvait pas croire qu'ils voulussent laisser ses frères d'armes sur l'ile de Santo Stefano, qu'il faisait occuper par la petite armiîe. On lui répondit liautemenl qu'on voulait partir, et quelques unes des têtes gâti^es coururent à la voile.

<i Le commandant de l'expédition, partant de la poupe, parcourant le long de la couverte les larmes aux yeux, conjurait de le jeter h la mer si on ne voulait pas lui faire le plaisir de le débarquer à l'Ile.Santo Siefano, qui était ]h 'a quatre paî, pour périr, s'il le fallait, avec ses frères d'armes'.

II La réponse fut de vouloir partir. Le commandant susdit proposa de lui donner au moins le temps, de six à huit heures, pour ordonner la retraite à la petite armée qui occupait l'île de Santo Stefano; car les galères ennemies qui étaient à la vue n'cusse:;t eu qu'à en profiler.

le Les matelots suspendirent à cette proposition, et feo prolilai habilement en ordonnant que ceux qui étaient d'avis de rester à protéger la retraite se portassent à tribord, et ceui qui étaient de l'avis contraire restassent à bâbord.

1 . a C'est le citoyen Goj'elchc , commandant la corvclte , qui ptrle. •

2, •! Il fut nécessaire que le commandant de 1'e»pédiiion praiiquiidel» prudence pour ÉvJler des dangers et pour se mettre à l'abri des (iinestï) inconvénients. >•

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NOTES. f6l

« Je fus secondé par plusieurs citoyens d'honneur de mon bord qui, égalementavec les larmes aux yeux, criaient à l'équipage qu'il fallait adopter ce parti.

n La grande majorité se porta à tribord, ce qui marquait la décision d'attendre pour protéger la retraite, et une parue, qui était d'avis contraire, resia à bâbord.

« Le commandant de l'expédition profita du moment et dicta l'ordre de retraite aux troupes' ; lequel ordre fut lu hautement et remis entre les mains d'un oflicier de mon bord, pour le remettre sur l'Ile de Santo Slefano au citoyen Quenza, lieutenant-colonel commandant sous ses ordres.

Il Le canot partit avec la lettre, et, après s'être éloigné de la cor\'ette, il retourna. Je vis alors que quelques lâclies de matelots, qui avaient prétendu de se faire un mérite en s'oiïrant d'aller les pi-emiers pour effacer l'idée qui était parmi eux, et qui avait excité l'équipnge à demander h partir, n'avaient pas «u le courage d'aller, et ils retournèrent encore. J'en fis partir d'autres qui furent faire le service.

le la République rraii<oise,

GoïETCUE, commandant de la Fauvelie; Piebre- LouisDucr, officier; A. Langevin, lieulenantde détail; Jean- François Pilon, officier; Baitiste Fabse, officier; Phemovence, chirurgien; Du- UEU, commandant le 15' régiment; BlescitAMPS, sous-chef; Rualx, maître; Hehui, contre-mailre. n

t. u Cet acte politique Tut rendu pour ne pas encourager l'enoemi, et r>iir que la petite armée campée sur Itle de Sonto SteTano De fût sa vic-

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HrSTOIRE DE LA TERREUR-

Dédaralion des officiers des diff'érenls corps de Carmée.

i{ Les odiciers des driï<^reDts corps qui composent voire année, citoyen commandant, avaient vu avec étoonement l'ordre que vous aviez donne de la retraite dans un moment où les troupes étaient pleines d'espoir de la victoire, lis voient aujourd'hui avec indignation la trame qui vous a obligé à te dicter. Ils espèrent que vous vous empresserez pour en faire punir les auteurs. Ils se félicitent de devoir toujours consener de votre zèle et de votre patriotisme l'opinion qu'ils ont toujours eue.

« Bonirado, le 28 r<!vrier 1793, 3' de la République.

u Ortolli de Tallano, capitaine ; GuiDuca, capitaine; Pehetti, capitaine de grenadiers; Gâ- BHiELLi, capitaine ; Bonelli, capitaine; Oirrou DE Sartène, capitaine ; PEnsm d'Oliotto, capitaine; PiETHi, capitaine ; Gogueui, capitaine; Tavera, capitaine; Ottavi, capitaine; Peralm, capitaine; PiNAiriEm, lieutenant; Cucuai, lieutenant; Ambrosini, lieutenant; Peraldide ZiCAVO, lieutenant; Leonabdi, lieutenant; Re- BULLi, lieutenant; Ortoli, lieutenant; Qucsza, lieutenant; Pandoui, lieutenant; Picmi, liertenant ; GiuseppeQdiuckini, lieutenant ; Ahtomo Padeho PtETRi, lieutenant ; Robagua, quartiermaître; Pereth, adjudant-major; Buonapakic; QuEKZA, commandant le 2* bataillon. »

Déclaration des officiers du SS* régiment d'infanleriepréseitlée au commandant de l'expédition.

a Les oiEciers du 52" régiment d'infanterie, qui se sont trouvés sons vos ordres à l'expédition de la Magdelaine, ont examiné de nouveau, avec la plus scrupuleuse attention, citoyen commandant, l'exposé par écrit de ce qui se passa le 25 du mois de février à bord de )a corvette la Fauvette, signé par.les officiers de ce bord ; ils avaient eu hier l'honneur de veus présenter à ce sujet le résultat de leurs plus mûres réflexions; et ce résultat était tel que le leur avaient dicté le sentioient de l'honneur qui les anime et leur amour pour la justice et la vérité.

a Ils avaient vu avec un sentiment pénible et une sorte d'étODoement l'ordre de la retraite, qui leur avait été transmis de votre part au moment où tous les officiers et soldats étaient pleins de l'espoir de la victoire; nous croyons à présent que les circonstances où vous vous êtes trouvé peuvent justifier votre conduite dans ce moment de crise. Veuillez âtre persuadé qu'ils mettront au rang de leurs devoirs les plus sacrés de rendre dans tous les temps hommage à la vérité, d'éclairer ceux qu'on aurait pu égarer sur la nature de vos intentions, et qu'ils se félicitent de pouvoir conserver de votre zèle et de votre patriotisme l'idée qu'ils ont toujours eue.

■ A Boninuio, le 1" mars 1793, S* de la République.

a EicABD, capitaine; Deuck; Ledoïen; HusQuiN, lieutenant; Petricohi, sous-lieulenant ; danos. n

Il nous parait superflu d'indiquer point par point tout ce que ces certificats présentent entre eux de contradictoire. Nous De relèverons qu'un seul fait, parce qu'il porte sur la partie la plus essenUelle du récit. Goyetche et ses ofBtîers de marine

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attestent dans leur certiTicat que la révolte de l'équipage de la Fauvelle éclata lorsque Cesari CoJonna était abord; celui-ci, au contraire, déclare qu'il ne s'y rendit que pour apaiser une insubordination qui était déjà complète. Il y a là une contradiction flagrante. Une autre remarque est à faire sur la pièce n" V. Qiioiqulelle soit donnée comme émanant des ofiiciers des différents corps de l'année, elle n'est signée que par les officiers du bataillon de volontaires corses, en commenf;ant par le grade de capitaine et en finissant par celui de lieutenan:. Les deux cltefs de bataillon, Quenza et Bonaparte ont signé les derniers; Quenza a accompagné sa signature de la mention de son grade, Bonaparte n'a fait suivre la sienne d'aucune qiialiûcation. D'après ces indices, il est bien à croire que le certificat n'a été signé par le futur empereur des Français qu'à contrecœur et au dernier moment.

Nous avons voulu, autant qu'il était en notre pouvoir, vérifier si les odiciers de terre et de mer, qui ont signé les certificats présentés par Paoli et Cesari Colonna. faisaient bien réellfrment partie de l'expédition de la Magdelaiue, Lorsqu'il s'agit d'officiers de grade aussi peu élevé, les vérifications sont difficiles. Cependant nous avons pu nous assurer, en consultant leurs états de service, que Goyetche, commandant la FaitvHte, Jeaa- François Pilon, enseigne de vaisseau, Dtilicu, licutonani au 15* r<^giment, faisaient tous trois partie de l'expédition delà Magdelaine. Dulieu était embarqué sur la Fauvette depuis le mois de mars 1792 ; il ne quitta ce bâtiment que le 8 juin 1793 pour retourner, avec le détachement qu'il commandait, rejoindre son régiment. Goyetche mourut'en mai 179Z|, à Saioi- Florent (Corse), des suites d'une maladie contagieuse qui décima, à cette époque, les équipges des vaisseaux français réfugiés dans cette lie après la reprise de Toulon par les troupes

Cette vérification, quoique partielle, nous a démontré la parfaite authenticité des certificats dont Paoli envoya les copies au ministre de la guerre. Ils furent signés par ceux dont les noms figurent au bas de la copie que nous avons retrouvée; mais contiennent-ils la vérité? C'est là la question.

Pour compléter ce qui concerne le général Paoli, pour bien

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NOTES. Ui

faire connaître les sentimeats d'hostilité k peine dissimulée qui l'aDÎmaieDt vis-à-vis de la Convention et de ses commissaires, avant mdme qu'un dëcret ne l'eût mandé à la barre, nous mettons sous les yeux de nos lecteurs la lettre qu'il âcrivit au ministre de la guerre un mois après l'envoi des certi- Qcats dont noua venons de donner le teste, et au moment même où il apprenait le débarquement en Corse de Saticetti, Delcher et Lacombe-Saint-Michel. C'est déjà presque une déclaration de guerre.

Paoli, li«ulenani général, commandant Ifi i3* division militaire. Au ministre de ta guerre.

• Corte (Ue de Corae), le S nril 1793, an S* de !■ République. 0 Citoyen ministre,

le J'ai l'honneur de vous prévenir que je suis informé de l'arrivée des commissaires de la Convention nationale daus ce département : ils sont débarqués à Saint-Florent avec le régiment ci-devantVermandois, qu'ils ont fait passer à Bastia : je n'ai pas eu le bonheur de recevoir de leur part aucune communication.

« Le bruit s'est répandu que des personnes très-accréditées auprès d'eux menacent d'exciter en Corse des troubles et des désastres ; le peuple de ce département, fidèle à ses promesses,, est invinciblement attaché â la République; maïs, toujours irréconciliable avec le despotisme et l'arbitraire, il voit avec inquiétude les abus d'autorité. •

Il Si les commissaires veulent le bien, il ne dépend que d'eux ; au contraire, si, trompés par des faux rapports, ils cherchent à accumuler sur les Corses le poids de l'autorité, et les accabler, certes ils ne peuvent pas se promettre d'obtenir leurs bénédictions.

Cl Je doute, citoyen ministre, que celte lettre vous parviennei puisque la correspondance est entièrement soumise à un complot de méchants qui a la force de l'intercepter; mais ma conscience me commande de remplir envers vous uu devoir que ' je vous dois, et comme citoyen et comme subordonné.

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(66 HISTOIRE DE Lk TERREUR.

(I Quel que soient les calomnies dont tous êtes (ri>sëdés sur le compte des Corses, je prévois ud temps où la Convention nationale et le conseil exécutif leur renâroBt justice, et je me flatte d'obtenir d'eux l'estime qii*on a cherché à altérer par tant des manœuvres insidieuses.

« Le lieutenani général, commandant la 23" division militain, « Pasquale db Paoli. h

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