PROCÈS-VERBAUX DES ASSEMBLÉES DE BRUXELLES ET D'OSTENDE
■ANS LESQDILLU FUT VOrfa U nfnlMON Wt CES niXM i U atRIBUqDB
PItOCÏS-VEBBAL DE l'aSSEMBiJe DE BBUXULES.
LUurU. — ÉgdUté.
Il Le peuple de la ville libre de Bruxelles et de sa banlieue, assemblé en très-grand nombre dans l'égllae des S. S. Michel et Gudule, conformément à la convocation qui a été faite par la proclamation du lieutenant général Moreton, commandant en chef le Hainaut et le Brabant, laquelle a été affichée et publiée anx termes du décret de la Convention nationale du SI janvier 1798, pour émettre librement son voeu Bur la forme du gouvernement qui convient le mieux au Brabant;
« L. I. B. I,avalette, lieutenant-colonel, commandant le bataillon des Lombards, ayast été chargé par )e lieotenant général Moreton de le représenter et de remplir en son nom tes fonctions que le décret attribue aux commandants militaires;
« Lavalette a dît : n Citoyens, c'est en vertu de cette réqui- « sition des commissaires de la Gonveution nationale députés
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« dans la Belgique, et d'après les ordres du général Moreton, « que je viens vous réunir. Par la lecture du décret et de la «proclamation, vous jugerez que l'objet qnï vous assemble a est le plus important dont un peuple libre peut s'occuper, a Vous allez prononcer entre la liberté et l'esclavage ; vous « allez choisir le gouvernement qui vous convient le mieui ; « je vous engage à faire librement et avec courage le {H-emier u acte de votre souveraineté. »
n Le discours du citoyen Lavalette, applaudi, a été souvent interrompu par l'impatience que l'assemblée témoignait d'émettre son vceu.
u La parole ayant été donnée au citoyen Gonchon pour dd discours patriotique, et dont le but était d'éclairer le peuide sur ses vrais intérêts, malgré les applaudissements dont les vérités. qu'aDDonçaîent le Citoyen, étaient couvertes, il a été impossible d'arrêter l'ardeur des citoyens; ils ont ordonné l'impression du discours, et demandaient St prononcer un vœu sur lequel ils ont assuré qu'ils étaient assez instruits.
« Le citoyen Gonchon ayant applaudi à l'ordre du peuple, Lavalette a dit :
«Peuple de Bruxelles, votre impatience est bien louable; a mais il faut, pour que les malveillants n'attaquent pas votre Il suffrage, que vous remplissiez les formes qui assurent la li- II berté de vos décisions.
II Vous avez un président et des secrétaires à élire : qud mode ( voulez-vous employer pour l'élection ? i> Le cri unanime a élé : (I Par acclamation et surtout la réunion, la réunion !... n
« La présidence mise aux voix, la très-grande majorité y a porté J. B. C. Verlooy, qui, ayant prêté le serment d'être fidèle à la liberté et à l'égalité, en a occupé ta place. L'assemblée ayant procédé à l'élection des secrétaires , les citoyens Grégoire , Lorenzo, A. d'Aubremez, G. J. Glaeysens, F. F. Baret, ont été appelés au bureau et ont prêté le serment.
a Le {ffésident a proposé à l'assemblée, avant de procéder à émettre son vœu, de prêter aussi le serment de liberté et d'égalité. Les transports les plus vifs se sont manifestés, et l'église a retenti des cris de : u Fidélité à la liberté et à I'^- « litél Vive la République française! Vive la réunion I »
B Le président, ayaot ra[^)â l'asieinb]ée aa recueillemeat. a répété le serment au aom du peuple de firnielles et de sa banlieue ; le président ayant proposé les différents modes de voter, on a demandé à l'unanimité le mode d'acclamation ; le président ayant demandé si on connaissait bien l'objet de la délibéi ration, tous répondent : « oui, ouil n Alors il propose que le peuple choisisse entre le gouvernement aristocratique, qui cchuprend les anciens États et le gouvernement autrichien, et le démocratique. Le voea unanime, les cris d'allégresse ont annoncé que tout voulaient le gouvernement démocratique. Il a proposé ensuite de prononcer entre le gouvernement timpiement libre, ou la réunion dipartementaire à la France, H Que ceux qui veulent la réunion k la France, a-t-il dit, poca sent à gatûhe. » Un cri spontané et universel a déclaré vouloir la réunion ; les bras se sont élevés, toutes les voix s'écrient : a Nous sommes Français, vive la France 1 nous voulons la • réunion] u
« Le président répète le même cri et annonce le vœu unanime de l'assemblée. « Vive la République! Vive t'unioni b se répètent à l'envi.
« Un citoyen fait la motion qu'il soit envoyé à la Convention nationale une députation qui exprime le voeu de la réunion départemenlaire à la France, émis par la ville et banlieue de Bruxelles.
<■ Cette demande arrêtée à l'unanimité, les citoyens Rosières, lieutenant général, Chapel, l'aîné, Lavalette, lieutenant-colonel, et Verlooy, ont été chargés de porter ce vœu dans le plus court délai à la Convention nationale *,
« Un citoyen a demandé :
« !•> Que toutes les cloches de la villes sonnent depuis l'instant de l'émission du vœu du peuple jusqu'à la nuit;
1. De cet qattra délégnéa du peuple bruiellola, dem an moloi étiient Frmaçali : 1* le géiiénl Ratière*, qui, da scrrice de France, était paué an HTviee belge, et anr le compta duquel Dumonrlei a'eiprime aiaai dan» lea Mémoriu : * Cet ancien offider frantais aana mérite et lani talent goaTer» ■tait le comité de la guerre tria-ignorant et trèa-MpoD; ■ S* la colonel Lavaletie, qnl commaDdait le bataillon dea Iioiiibarda. Il deTînt plaa tard an des lâdei de RdMeplerre et fat soiUMiiiâ arec lui le 10 thermlder.
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' u 2' Que le commandant militaire fasse tirer le canon ;
u 3* Que la ville soit illucniDée ce soir.
<i Ces diiï(!reDtes motions accueillies, le président a étéchai^ de surveiller l'exëcntioa de la volonté du peuple souverain, qui désire mettre la plus grande solennité au jour précieux qui assure son bonheur.
<i On a demandé une nombreuse députatîoa aux députés de la Convention commissaires dans )a Belgique; chacun avec joiea crié: <( Nous irons tous 1 nOn a proposé qu'un registre soit ouvert à la ville pour recevoir la protestation de cffux qui voudraient s'opposer à la réunion. Un mouvement d'indignation générale aurait fait repousser cette proposition, si l'on n'avait pas annoncé qu'il ne faot laisser aucune ressource aux malveillants.
Il Sur la demande d'un citoyen, on a arrêté que le procèsverbal de celte séance mémorable serait imprimé, affiché, envoyé à la Convention nationale, aux quatre-vingt-cinq départements, aux commissaires de la Convention, à ceux du pouvoir exécutif, aux généraux d'armées «t commandants des places de la Belgique, aux autorités constituées et aux sociétés patriotiques.
u Un citoyen demande que l'hymne des Marseillais tennÎDe la séance, et que les cris de réunion, de liberté et d'égalité se lassent entendre dans toute la ville ; Arrêté.
(i Fait et clos les jours et an, avant dits, à midi.
« J. B. C. Vehlooi, président; Lokenzo, secrétaire; G. 1. Claeïsehs, secrétaire; J. F. Baket, secrétaire; Lavalette, commissaire. »
Procès-verbal de V Assemblée dOstmde eonvoiiuie le 38 frmier pour le dimanche 3 mars.
« Liberté, égalité.
« Cejourd'hui, dimanche 3 mars, l'an deuxième de la République française et le dernier du règne des tyrans, à midi précis, l'assemblée s'est ouverte après l'ordre dooDé à la force -
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NOTBS. 471
armée de s'éloigner du lieu des séances, le citoyen Amandrj', remplissant les Eonctions de commiseaire national du pouvoir exécutif de la Bépublique frangaise, a fait l'ouverture de l'assemblée par un discours dans lequel il a retracé que sa nation
libre et généreuse ne pouvait altendre plus longtemps à connaître le vœu des Ostendats. «Eh quoi, leur a-t-il dit, quelqu'un « d'entre vous regreiterait-i! les chaînes honteuses que le Fran- « çais vainqueur a brisées? — ^on, non! » s'est-on écrié de toutes parts. « Je proposerai donc ces deux points importants : « Toption vous est accordée, citoyens, ou vivre sous le régime « du prince, ou vivre sous celui de la liberté. Que chacun de « vous consulte la liste, et près de son nom qu'il éiftette son «1 vœu. 1) \ ces mots, on n'entendait que des cris : k La réunion o à la France! nous sommes Français! n Le commissaire poursuivit : H Quoique le vœu paraisse unanime, je n'en ouvre pas « moins un registre pour ceux qui ne voudraient pas de la <i réunion. — Point de registre! s'est-on écrié, personne ne « protestera. » Le commissaire reprit : k Ostende et son arron- « dissement, convoqués bien légalement tant par le général « O'Moran que par les représentants provisoires du peuple, sont <i réellement représentés dans celte assemblée. En conséquence, « je déclare Ostende et son arrondissement comme faisant parti tie de la République fran(;ai5e; celte déclaration sera ratifiée B par les députés de la Convention nationale. »
« Le serment fut proposé dans cette ville, formule écrite dans les deux langues :
u Je jure que je renonce à tous les privilèges, je jure de « maintenir ta liberté et l'égalité, et de mourir à mon poste « en les défendant. Je jure aussi que je consens à la réunion « d'Ostende à la France. »
u Cbaque citoyen l'a prêté individuellement et signé; aussitôt la réunion a été proclamée dans toutes les places publiques. Le canon a été tiré, les cloches ont été sonnées, les illuminations ont été ordonnées et deux pièces de vin ont été bues à la santé de la République française.
« Le peuple a demandé les drapeaux des anciennes confréries sur lesquels étaient peintes les armoiries d'Autriche; ils n'ont pas tardé à être mis en pièces.
n L'assetnblée a nommé les citoyens Delplanque et Porcade comme porteurs du vœu des Ostendais auprès des députés de la Convention nationale, et le citoyen Amandry a été dtirgé d'exhiber leur commission. »
« AMuiraT, GBrcPBaBE, Ghbbnwoou. b
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