‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 183 sur 200 · U COBOURG · texte numérisé non relu

U COBOURG

Très-respeclaetise note.

K Dans la conférence d'Anvers, il m'est venu quelques dûules sur la situation actuelle des affaires, que je ne puis m'empécher de soumettre id aux hautes lumières et à la décision de Votre .Majesté.

« Dès le premier moment, les négociations avec Dumouriez rencontrèrent parmi les ministres des trois cours alliées des objections. Ce ne fut que lorsque j'eus démontré les avantages

'1. LeprinradeCobourgn'oupas ici s'expliquer lUTBiitage sur sadâclantioD du b %yti\ , qu'il s'empretsa d'ailleurs de rétrarter le 0.

3. Ce rapport est sans date, mais étidemment il tut écrit le surlendemaiD de U untéreace d'Anvers , c'est-à-dira le tO avril.

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51i HISTOIBK DE LA. TEBRBT1R.

évideois qui pouvaient et devaient en résulter pour nos opérations ultérieures, que l'on approuva mes mesures; je oe puis cacher à Votre Majesté que je fus surpris des seotiments et des opinions que je découvris à cette occasion. N'étant aucunement versé dans les mystères de la politique et le secret des cabinets, j'avais cru jusqu'à présent que le vœu des puissances coalisées était de rétablir en France la monarchie, l'ordre et la paix en Europe, de terminer cette guerre d'une manière prompte et honorable, pour mettre fin h tant de convulsions et de malheurs, attacher par là les peuples à leurs souverains, et les préserver du fléau terrible de l'anarchie et des révolutions. Je trouvai dans les conférences d'Anvers que je m'étais trompé. J'y vis que chacun ne pensait qu'à soi, et qu'on avait beaucoup moins en vue l'intérêt général que des intérêts particuliers.

a L'ambassadeur d'Angleterre, par exemple, donna clairement à entendre que ce n'était point là le but de sa cour, et que le retour de l'ordre ne l'intéressait pas du tout. Il démentit même, involontairement peut-être, la réserve connue de son caractère, pour annoncer avec beaucoup de vivacité que le vœu de l'Angleterre était de faire des conquêtes sur la France, et que ce pays-là devait être réduit à un véritable néant politique. 11 alla même jusqu'à dire : u Chacune des puissances coalisées

■ Il doit chercher à faire des conquêtes et à garder ce qu'elle aura <i conquis. » Puis, s'adressant à moi, il me dit. Prenez toutts Its u places frontières de votre côté, et procurez-vous une bonne a barrière pour les Pays-Bas. Quant à l'Angleterre, je le dis « franchement, elle veut faire des conquêtes et elle les gar- " dera. " Ces propos et beaucoup d'autres de cette espèce

. m'ont suffisamment convaincu que les cours coalisées ne le sont que par des intérêts partiels et isolés, qu'on n'a en vue que son propre agrandissement et son avantage, que la forme du gouvernement en France est ce dont on s'occupe et se soucie le moins, et qu'on n'a d'autre véritable projet que celui de s'agrandir et de s'enrichir à ses dépens. Pour y réussir, la chose n'étant d'ailleurs pas aisée, on n'épargne ni les promesses ni les assurances pour encourager à des opérations hardies et décisives la puissance la mieux disposée ou la plus à même d'agir.

L'on se sert de ses succès pour suppléer à de faibles eiïorts. On prodigue les encouragements et les éloges pour mettre en avant une armée victorieuse et aguerrie, qui doit à la longue se fondre et s'affaiblir. L'on envisage tout cela comme offrant le double avantage de n'avoir plus que la moitié à faire, et d'avoir vu se diminuer les moyens d'une puissance dont on craignait l'agrandissement el les succès. L'anéantissement politique de la France intéresse vivement l'Angleterre, la Prusse et la Hollande : je ne crois pas me tromper, et tout a servi à m'en convaincre. Ces puissances craignent et veulent éloigner le rétablissement de la monarchie, qui augmenterait l'influence de l'Autriche. Les conséquences de ce système sont aisées h déduire.

CI II est indispensable que je sois instruit sur ces importants objets des intentions de Votre Majesté, Cette guerre ne ressemble à aucune autre. Je croirais qu'on devrait voir plus loin que le moment actuel. Les opérations militaires doivent marcher de front avec les combinaisons politiques et les dipositions du cabinet. Je désirerais être, en conséquence, positivement instruit du système adopté dans la crise actuelle des affaires : si l'on veut faire des conquêtes, s'ouvrir par là le chemin vers Paris, ou se procurer une barrière pour les Pays-Bas, s'arrêter à un certain point, marcher sans prendre aucun intérêt à la situation et à l'oi^anisation politique de la France, en un mot quels sont les principes qu'on a adoptés et le but définitif qu'on se propose. Indépendamment de la nécessité absolue de faire marcher de concert les plans du cabinet et les opérations militaires, j'ai trop senti dans mes négociations avec Dumouriez, qui ne pouvaient être différées, combien il est pénible et délicat d'agir sans être au fait de ce qu'il est si important de savoir.

d J'ose donc réitérer à Votre Majesté mes pressantes et respectueuses instances, de vouloir bien nommer un ministre, chargé de ses pleins pouvoirs, qui soit auprès de moi, ou trèsprès dans le voisinage de l'armée.

a CoBOunc. »

Mémoire succinct sur ta négocialion avec le général Dumouritt.

u L'armée autrichienne ayant forcé le général Dumouriei, par l'affuire décisive du 22 mars, de quitter soa camp derrière Louvain et de se retirer au delà de Bruxelles, le maréchal prince de Cobourg marcha vers cette ville el se campa eo deçà. Son armée n'était forte que de 30,000 hommes, et celle de Dumouriez lui était encore très-supérieure en nombre. U fut donc décidé qu'on ne pouvait pas sans une grande témérité se porter en avant de Bruxelles, jusqu'à ce que le corps prussien du prince Frédéric de Brunswick nous eût joints, ou que le renfort de quelques balailloos et de deux régiments de cavalerie que nous attendions fût arrivé.

« Après que celte résolution fut prise, arriva un aide de camp du général Dumouriez, pour dire au maréchal prince de Coboui^ que son général était décidé à mettre fin à toutes les calamités qui déchiraient sa malheureuse patrie, à rétablir la royauté constitutionnelle, à dissoudre la Convention nationale et à pnnir les scélérats de Paris. Il ajouta que le général souhaiierait que monseigneur le maréchal envoyât une personne afQdée pour pouvoir s'expliquer plus amplement.

« Le colonel Mack fut envoyé chez Dumouriez , qui avait établi son quartier général à Ath, et campé son armée derrière la Dendre.

u II lui accorda une entrevue particulière dans uo cabinet écarté. Des officiers généraux et les plus fidèles à l'entour du général Dumouriez étaient présents à cette entrevue, et entre autres le lieutenant général Valence et le général Thouvenot. Le général Dumouriez commença par dire au colonel Mack qa'il ne pouvait plus être spectateur tranquille de toutes les horreurs qui se commettaient en France, qu'il voulait disperser celte criminelle Convention nationale, rétablir la royauté constitutionnelle, sauver le Dauphin, le proclamer roi et sauver les jours de la reine; mais que, pour qu'il pCtt faire tout cela avec sécurité et succès, il était nécessaire que le prince de Cobourg s'engageât à le laisser tranquille dans sa position

derrière )a Dcndre, et, bieo loin de l'attaquer, lui prêtât tout le secours qu'il pourrait lui demander.

a Pour bien comprendre la manière dont le colonel Mack cnvisf^a cette proposition, 11 est nécessaire de se faire une juste idée de la force respective des deux armées et de la position où se trouvait la nfitre relativement à celle de Dumouriez. L'ennemi était très-supérieur en forces, il avait E|0,000 hommes, nous en avions 30,000. 11 occupait une position avantageuse derrière la Dendre, avait Anvers à sa gauche et Namur à sa droite. Il pouvait marcher à nous avec ses fiO.OOO hommes, non-seulement nous empêcher de pénétrer plus en avant de Bruxelles, mais nous attaquer avec avantage et nous forcer de nous replier, avec autant de perles que nous avions eu d'avantages dans nos marches précédentes, l'ennemi ayant des places, plus de troupes, et pouvant les augmenter encore par la jonction du corps d'armée qu'il avait en Hollande; tandis que nous étions dans un pays ouvert, avec une armée fatiguée, manquant de beaucoup de choses, et n'ayant aucun renfort de quelque conséquence a e^rer. Sous ce point de vue, la proposition de Dumouriez paraissait certainement très- avantageuse. Cependant le colonel Mack sentit d'abord que, si l'entreprise de Dumouriez sur la France n'avait pas le succès qu'il en attendait, il pouvait revenir sur nous, et qu'alors notre inaction tournerait tout entière à notre désavantage.

(T Le résultat de ces différentes rédexioos fut que le colonel Mack déclara à Dumouriez, d'un ton ferme et décidé, que le prince de Cohourg n'entamerait jamais avec lui une espèce de négociation tant qu'il resterait un seul Français dans les Pays-Bas, et qu'avant toute chose il était indispensablement nécessaire qu'il évacuât non-seulement tous les pays, mais aussi les places de Namur et d'Anvers et lesdeux forteresses de Bréda et Gertruydenberg, occupées encore par ses troupes. Le colonel Mack ajouta que, le prince de Cobourg ayant une armée victorieuse de 60,000 hommes, il en emploierait ^0,000 pour l'attaquer de nouveau et le faire retirer derrière ses frontières, tandis qu'il en enverrait 20,000 pour couper toute retraite à ses troupes de la Hollande. Dumouriez répliqua au premier instant : « Mais je suis ici aussi fort que vous ; j'attends

H des renforts considérables en peu de jours, et je saurai me II détendre, »

(i Le colonel Mack ne lui répondit que par un geste signincatif, que le prince de Cobourg en resterait invariablement à sa première résolution. Dumouriez réfléchit quelques instants, puis il lui dit : « Eh bien, les Pays-Bas ont toujours été la proie <i d'une bataille, fen ai livré deux, j'ai eu le malheur de les H perdre, et je m'accorde avec le prince de Cobourf; de me « retirer sur la frontière de la France et de donner mes ordres Il aux commandants des places fortes qu'elles soient évacuées « sans délai. » Le colonel Mack lui déclara qu'en ce cas-là le prince de Coboui^ ne le suivrait que jusqu'à la frontière, et y resterait pour voir d'un œil tranquille ses opérations sur Paris, et qu'il ne se mettrait pas en mouvement avant que d'être requis de sa part de marcher à son secours.

a Cette promesse réciproque ayant été solennellement donnée, le colonel Mack quitta Dumouriez pour en faire son rapport à M. le maréchal prince de Cobourg. Les jours suivants, Dumouriez remplit ses engagements, en évacnant entièrement les Pays-Bas, en nous cédant Anvers et Naœur et à la Hollande Bréda et Gertruydenberg.

« Le soir, avant que Dumouriez se filt retiré eotièrement au delà de la frontière, il demanda à son quartier général de Tournay une nouvelle entrevue avec le colonel Mack. II loi dit que des commissaires étaient arrivés à Lille pour lui porter le décret de la Convention nationale en vertu duquel il devait se rendre à la barre, mais qu'il ferait arrêter ces scélérats, nous les enverrait, et préparerait sa marche sur Paris le plus t6t possible; que son armée était d'accord avec lui. Il fat question aussi, dans cette entrevue, de la cession momentanée de quelques places-frontières et en général des destinées à venir de la France. Dumouriez exigea, comme une condition préalable, qu'aucune puissance étrangère, mais surtout les émigrés, ne devraient se mêler de l'organisation intérieure du Kouvernement français; il exigea aussi qu'en cas de malhenr imprévu il aurait pour sa propre personne, ses généraux et officiers, un asile sûr chez nous et l'entretien analogue à leur grade, et que les troupes qui voudraient le suivre seraieu

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prises à notre solde : ce que le prince de Coboui^, sur le rapport que le colonel Mack lui en fit, crut pouvoir accorder, en décidant que les troupes seraient à la solde de l'empire après avoir prêté serment de fidëlilé.

u Le lendemain de cette entrevue il se retira avec son armëe dans les deux camps retranchés de Maulde et de Bruille et prit son quartier génënil à Saint-Amand. Nous marchâmes avec l'armée à Mons et à Toumay. Deox jours après, il nous livra les quatre commissaires et le ministre de la guerre Beumonville, qui les avait accompa^és. Aussitôt après celte arrestation, il ût imprimer et répandre la proclamation cijointe, harangua son armée, régiment par régiment, et Ùt dire au prince de Cobourg qu'il la trouvait entièrement disposée h ce qu'il attendait d'elle, même les bataillons nationaux, dont il n'avait pas attendu tant de bonne volonté.

« Le même jour au soir, Dumouriez envoya un oflicier au prince de Cobourg, pour lui faire dire, qu'après raidi, étant sorti à cheval avec sa suite, il rencontra un bataillon de troupes nationales, s'approcha pour savoir par où il marchait, et fut reçu par une décharge de mousquelerie de la plupart des soldats du bataillon, en sorte qu'il avait eu la plus grande peine à se sauver aux avant-postes autrichiens et au village de Bury, après avoir passé l'CscauC sur une petite barque au risque de sa vie. Dumourieï fit prier le prince de Cobourg de lui envoyer le plus vite possible le colonel Mack, à qui il dit, à son arrivée, que cette étrange aventure ne pouvait être que l'effet des insinuations des commissaires nouvellement arrivés à Valenciennes, qu'ils avaient trouvé moyen de faire parvenir à ses Irouprs nn manifeste qu'ils avaient fait imprimer. Cependant le colonel Mack trouva déjà chez lui trois oQiciers arrivés, coup sur coup l'un après l'autre, de ses deux camps, pour le prier, de la part de son armée, de revenir sur le champ: que l'armée avait nouvellement assuré qu'elle voulait vivre et mourir pour lui, mais qu'il s'était la veille répandu un bruit sourd et lugubre, même dans quelques régiments de ligne, parmi les soldats, que leur patrie serait livrée à l'ennemi, et forcée de recevoir ses lois. Le général Dumouriez dit au colonel Mack qu'il s'en était déjà aperçu lui-même le jour précédent, et qu'il serait de la dernière VI 3i

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importance de dissiper ces bruila caasés et fomentés par les commissaires de Valenciennes, et, par celte raison ui^nte, il . conjurait le prince de Qpboui^ de lui faire parvenir le plus tiA possible une proclamalion signée de sa main, et en nombre suOlsant d'exemplaires imprimés, de la nature de celle gai est jointe à ce mémoire, poar pouvoir tranquilliser les esprits faibles, agités et indécis. Le colonel Mack lui dit qu'il en ferait son rapport au prince de Cobourg. Ils se séparèrent ie maliD à trois heures.

i< Ditmouriez fut reçu dans son camp aux acclamations de toute son armée. Le maréchal se décida à accorder au général Uumouriezlaproclamation qu'il avaitdemandée par les raisons suivantes :

H 1° Si Dumouriez réussissait, comme toutes les apparences la faisaient croire, il n'en pouvait résulter qu'un très-grand bien pour la cause des souverains; s'il ne réussissait pas, nous avions toujours l'avantage du nouveau désordre, de la division d'opinions, de partis, que son entreprise produirait dans son armée et en France, dont nous pourrions profiter.

3° Nous avions suivi depuis Bruxelles, lentement et restant toujours deux marches en arrière, l'armée de Dumouriez jusqu'à l'extrême frontière, n'ayant pas même assez des troupes pour nous soutenir vis-à-vis d'une armée plus forte en nombre et protégée par ses forteresses , si cette armée eût conservé son chef et son ensemble ; aussi ne nous étions-nous portés enliërement jusqu'à la frontière que lorsque Dumouriez se trouva en guerre ouverte avec la Convention nationale, par les lettres qu'il avait écrites et par l'arrestation des commissaires et Aa ministre de la guerre. Cette proclamation ne pouvait donc pas être refusée à Dumouriez, puisque, sans elle, it était à craindre que son armée ne verrait plus en lui qu'un traître, s'assurerait de sa personne et élirait ou ferait nommer par les commissaires à Valenciennes un autre chef, et se présenterait à nous avec plus d'union et d'ensemble que jamais. •

« 3* Si nous avions été en état d'entreprendre d'abord un siège, il eut fallu peut-être hésiter à donner cette déclaralioD, pour ne passe lier les mains et perdre du temps; mais, n'ayant pas une seule pièce de siège, et rien moins qa'un nombre

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NOTES. Ml

sufTisant de troupes pour pouvoir l'enlrepreodre avec quelque apparence de succès, n'ayant pas même l'espoir d'avoir notre grosse artillerie et dos renforts avant six semaines, le cas était trës-dilTérent.

M 4» La perspective d'obtenir quelque place-frontîère et d'y mettre nos troupes, pour la sûreté de notre armée et celle de Dumoun'ez, perspective que ce général nous faisait envisager comme certaiue, et qu'on pouvait trouver vraisemblable, était également décisive et avantageuse; mais il )a faisait dépendre uniquement de )a déclaration qu'il demandait, assurant itérativement que cette cession momentanée ne pouvait jamais être regardée par lui, et ne devait passer en France que pour UD <lép6t, puisqu'il ne consentiraiC jamais, et se prêterait encore moins au démembrement de sa patrie, dans laquelle son vœu le plus cher et celui de son armée étaient de rétablir ta royauté constituiionnelle.

« 5° Ces places-frontières couvraient en même temps les Pays-Bas et nous mettaient à Tabri de tout événement, et si même la cour de Vienne et les autres cours désavouaient la déclaration, le prince de Cobourg était toujours à même de tenir sa parole aux Français et d'obérr à son souverain. 11 rendait les places qui lui avaient été confiées, en retirant toujours le profit clair d'en avoir acquis une connaissance exacte, ainsi 'que plusieurs autres facilités pour en faire le siège ensuite, qu'il pouvait se procurer sans compromettre sa parole. Dans ces entrefaites, l' armée de Dumouriei s'engagerait avec celle de la Convention nationale, ce qui pouvait encore être très-avantageux à nos opérations, et le prince de Cobourg pouvait recevoir, sur tous ces objets, les ordres de sa cour, môme longtemps avant l'arrivée de son artillerie de siège et des troupes qu'il avait à attendre des puissances coalisées.

« Totis ces motifs réunis et la considération que l'occupation de ces places, quoique conditionnelle, pouvait être très-utile dans les négociations, si l'on trouvait bon d'en entamer, engagèrent le prince de Cobourg à envoyer, le lendemain au soir, cette déclaration à Dumounez. Mais cette même nuit, il fut obligé de se sauver, et nous apprit que les inquiétudes et les soupçons que les commissaires de Valenciennes par leur mani-

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feste et leurs émissaires avaient trouvé moyen de faire naître, s'étaient accrus visiblement, en sorte que déjà les canonoiers déclaraient qu'ils voulaient quitter son camp pour se retirer à Valenciennes, que cet exemple avait été suivi d'abord par la plupart des bataillons nationaux et que, lorsque le général Dumouriez s'adressa à ses troupes de ligne pour leur dire qu'elles devraient engager et forcer ces factieux à faire cause commune avec elles, elles déclarèrent que, quoique disposées à marcher avec lui sur Paris pour y combattre les factieux et les régicides, pour rétablir la constitution de l'année 1789 et mettre le roi constitutionnel sur le trûne, elles ne combattraient jamais contre des compatriotes et frères d'armes innocents,

« Il n'y avait plus de sûreté pour lui après cette déclaration des troupes de ligne. Il se sauva, la nuit du 5 au 6, avec plusieurs généraux et officiers; deux ou trois mille troupes de ligne le suivirent, et on apprit le lendemain que toutes les troupes des deux camps retranchés de Maulde et de Bruille les avaient entièrement quittés, et s'étaient jetées dans Condé, Valenciennes et Maubeuge, tandis que les grandes routes avaient été couvertes de plusieurs fuyards, disant qu'ils allaient chez eux, puisque le général Dumouriez les avait quittés. Le prince de Coboui^ profita sur-Ie-cbamp de ces circonstances. Les camps retranchés de Maulde et de Bruille, qui auraient pu coûter beaucoup de monde s'il avait fallu les attaquer et les forcer, et qui sont cependant indispensablement nécessaires pour faire une entreprise quelconque sur une des forteresses françaises de ces environs, ont été d'abord occupés. L'armistice illimité qui avait existé a été levé, une seconde proclamation qui annulait la première a été rendue, toute l'armée a été campée et le blocus mis devant la forteresse de Condé, puisque tous les renseignements qu'on a été à même de se procurer s'accordent à dire que cette place n'était approvisionnée que pour peu de temps. 'I

Trhs-respectueuse note.

Il J'ai appris à mon vif regret, pnr la note datée du 8 courant que Votre Majesté a daigné m'adresser, le méconteniement que lui ont causé mes négociations avec Dumouriei.

NOTES. iS33

J'espère, toutefois, que les rapports que jfî lui ai transmis depQÎs lors auront Don-seulement rassuré Votre Majesté, mais encore l'auroot convaincue que nous avons lirédeces négocialions des avantages que je n'aurais pu obtenir, le cas échéant, qu'au prix de millions.

a Je ne puis m'empécher d'exprimer à Votre Majesté (espérant qu'Elle accueillera mes aveux avec indulgence] la vive douleur que j'ai éprouvée eu trouvant dans sa gracieuse note l'expression de la crainte que moi-même, ainsi que les personnes employées par moi, nous n'ayons apporté dans une affaire de cette importance la circonspection et la prudence nécessaires, et n'ayons, par conséquent, compromis ainsi le succès de nos opérations.

a Le mémoire rédigé par le colonel Hack, et présenté à Votre Majesté, lui aura 'probablement inspiré des sentiments plus favorables. Toutefois, je croîs nécessaire d'y ajouter les (Aservations qui suivent.

II Déjà, après le combat décisif de Louvain, du 22 de ce mois, j'ai examiné la question de savoir si je pouvais risquer de m'avancer seul avec une armée de 30,000 hommes, puisque, malgré mes représentations constantes et réitérées, malgré l'envoi de courriers expédiés souvent .deux fois par jour, je n'avais point réussi à décider le corps prussien de Bois-le- Duc à se rapprocher de ma sixième aile seulement d'une étape.

« Je me suis, au contraire, assuré qu'on montrait peu de zèle k venir à notre secours et qu'on ne se souciait guère que l'ennemi pât rallier ses troupes néerlandaises et se jeter sur moi, avant que je ne parvinsse à me réunir au corps prussien qui, après l'évacuation complète des Pays-Bas par les Français, n'aurait, dès lors, plus eu aucun prétexte pour demeurer en Hollande.

Il C'est pourquoi je ne fis avancer vers Louvain que des troupes légères, et que je ne passai devant celte place qu'après m'éire assuré que l'ennemi avait quitté Bruxelles et avait effectué sa retraite sur Hall. Toutefois je ne dépassai pas la HoDtagne-de-Fer et je ne m'approchai de Bruxelles qu'après avoir acquis la certitude que l'ennemi avait reculé jusqu'à Ath.

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s» HISTOIRE DE LA TERREUR.

« Le principal motif gui me dôtermioa à m'avancer dans ces conditions jusqu'à Bruxelles, c'était que Bruxelles est capitale, mais rien ne m'aurait autorisé, dans ma pensée, i dépasser cette ville, si les offres de Dumouriez ne me fusseot parvenues heureusement juste à point.

<i II n'y a pas à douter que Dumouriez, qui avait en Flandre bon nombre de magasins à sa disposition, n'eût assuré sa retraite dans les forteresses, et qu'il pouvait, couvert par Anvers, mouvoir tout k son gré ses troupes hollandaises sur Termonde et les rapprocher de lui , puis s'arréler en deçà du Dender-Bach et renouveler l'attaque avec des forces supérieures.

« C'était donc pour nous un grand bonheur d'avoir effectué ainsi l'évacuation de l'autre moitié des Pays-Bas, d'Anvers et de Namiir, moitié qui aurait bien pu nous coâter quelques milliers d'hommes, encore sans compter que le sort des batailles n'est pas toujours certain.

« Et ce bonheur nous le devons, Sire, à l'aveu que Dumooriez avait fait à table au colonel Mack, à travers les fumées du Champagne, en présence de vingt à trente officiers, aveu d'oîi il résulte qu'il nous attribuait des forces considérables.

(I Ainsi, Mack pouvait lui dire que j'irais l'attaquer avec &0,000 hommes et que je détacherais 20,000 hommes pour couper la retraite à ses troupes hollandaises, car l'occasîoo n'eût pas manqué pour cela, si j'avais eu 60,000 hommes à ma disposition au lieu d'en avoir 30,000.

(i C'est seulement après que Dumouriez eut rempli sa promesse relativement aux places fortes de la Hollande et des Pays-Bas, et qu'il eul effectivement retiré son armée jusqu'à Mons et à Tournay, que je m'avançai avec toute la précaution possible, en allant d'abord de Bruxelles à Hall; et je ne continuai ma route vers Mons et Tournay qu'après m'étre assuré que Dumouriez était en guerre ouverte avec la Convention et qu'il n'y avait plus à compter sur une réconciliation avec elle.

n Votre Majesté connaît, par mes rappoi-ts, la suite de ces événements.

H Je crois positivement pouvoir me flatter de l'espoir que Votre Majesté ne doutera pas que je n'aie tiré tous les avant^es possibles des désordres que suscitèrent, dans une partie d»

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l'armée, les proclamations de Dumouriez et celles des cammissaires de Valendennes, ainsi que de la perturbaiioD causée par sa fuite dans le reste de l'armée.

«J'occupai instaDtanémeot les camps de BruilleetdeMaulde, le premier desquels oiïrant les plus grands avantages à une armée, eace que le petit camp retranché de Maulde prolége son aile gauche et la forteresse de Condé son aile droite, et qu'il est hors de doute que nous eussions dû sacnlîer quelques milliers d'hommes pour prendre ce camp, qui nous est indispensable pour peu qu'on veuille entreprendre quoi que ce soit contre une forteresse.

« En même temps jebloquai ta forteresse de Condé, ce que je n'aurais pu hasarder sans le concours des circonstances favorables que je dois à Dumoutiez, puisque je n'avais toujours à à ma disposition qu'une armée de 30,000 hommes et que je ne pouvais, avant une huitaine, compter sur l'arrivée du corps prussien.

« J'aurais immédiatement aussi bloqué Valenciennes, qui était déjà à demi bloqué par Condé, et j'aurais occupé le camp de Famars, si j'eusse eu à ma disposiiion 20,000 hommes ou même 10,000 hommes de plus, avantjige d'auunt plus désirable que Valenciennes était mal approvisionnée en vivres et en munitions, ce qui nous donnait la certitude que, dans le cas où il eût fallu l'assiéger, le siège aurait été moins long et moins opiniâtre.

« Maintenant ces avantages sont perdus. Le camp de Famars est déjà occupé en forces par l'ennemi, qui travaille jour et nuit aux retranchements de ce camp.

(1 La communication avec Valenciennes est parfaitement ouverte, et, si nous voulons à l'avenir assiéger cette place, la prise de Famars nous coûtera nécessairement de plus grands sacrifices en hommes et en temps, qu'elle ne nous aurait coûtés si nous eussions pu agir comme j'ai dit plus haut.

« Si les Hanovriens, en dépit de mes instances et représentations réitérées, n'avaient pas aussi misérablement tardé à venir (Dieu sait pourquoi !), les grands avantages que nous oiïrait Valenciennes n'auraient pu nous échapper. Mais Votre Majesté sait, par le compte rendu du congrès d'Anvers, que je

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S36 HISTOIRE DE Lk TERREUR.

ne pouvais compter sur ces alliés- avant la moitié de mai, et de même sur les Hollandais et sur les troupes hessoises payées par l'Angleterre.

a Jamais, je le répète encore ane fois, je ne me serais déterminé à dépasser Bruxelles avant d'avcùr appelé à moi tous mes renforts, et c'est ce que nous avons réussi à faire sans perdre un seul homme, à partir de Bruxelles jusqu'à l'extrême frontière; de plus, nous avons occupé sans coup férir les camps de Bruille et de Maulde, et nous avons bloqué Condé, sans que cette opération nous ait coûté un seul homme. EnQn nous avons pris Anvers et Namur sans effusion de sang. Tous ces avantages, nous les devons exclusivement aux négociations de Dumouriex et à leurs conséquences, sans compter les avantages que nous . ohtenons par rapport à la constitution actuelle de l'armée de Dumouriez, et surtout par rapport à la personne même de œ général que nous gagnons et qui est (Votre Majesté daignera me croire sur ce point) le plus excellent général que les Français, notamment ceux de nos jours, aient pu avoir. Dumonriez éuit véritablement l'idole de ses soldats.

a Quant à la sincérité des intentions qoe m'a révélées ftimouriez, il l'a démontrée suffisamment par sa conduite, et le seul reproche que je pourrais lui faire, c'est d'avoir procédé avec trop de précipitation et trop d'assurance, et d'avw'r négligé les règles de prudence et de circonspection.

Il Mais j'assure à Votre Majesté que je n'avais jamais cru h l'iuraillibilité des projets de ce général, de mâme que je n'avais jamais douté des avantages que mes opérations militaires devaient en tirer de toute manière.

0 Ma position vis-à-vis de Dumouriez a été toute différente de celle qui existait l'année passéeentre Dumouriez et le duc de Brunswick.

tt Alors Dumouriez pouvait tout gagner en gagnant un peu detemps,etleduc de Brunswick pouvait tout perdre en perdant seulement quelques jours. Alors Dumouriez, tout en négociant, pouvait devenir l'idole de sa patrie.

« Hais cette fois-ci il savait déjà que les Jacobins demandaient sa tête, et que les commissaires avaient reçu l'ordre de le citer devant la baire de la Ck>Dvention. .

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a Alors, le doc de Bruoswick pouvait toutfaire et devait tout Taire.

« Mais aujourd'hui, passé Bruxelles, je n'aurais pu rien faire (à moins d'uoo témérité compromettante ). d'ici à quelques

a Du resté j'avais réellement fait, jusqu'au premier mars, bien des choses qui peuvent excuser une interruption de quelques semaines.

« Dumouriez est ud de ces hommes qui ont ta manie de jouer un rôle, peu importe lequel : j'ai cru découvrir que du rôle qn'il allait jouer maintenant la cause des souverains tirerait beaucoup de profit, de même aussi que le repos de l'Europe; de telle sorte que je ne doutais nullement que de tout cela il ne dût résulter de grands avantages pour mes opérations militaires.

« C'est pour cela aussi que je ne crus pas devoir lui refuser la [M'oclamation qu'il m'avait demandée, car il était évident qu'il n'était pas possible de commencer le siège avant six semaines; mais je pouvais bien dans l'intervalle attendre les ordres de Votre Majesté, et, dans le cas où celte affaire n'eût pas été approuvée, évacuer les places fortes que j'avais occupées, pour tenir ma parole, sans compromettre le moins du monde mes opérations, à moins qu'il ne se fût trouvé d'autre moyen de m'emparer de ces places et d'accomplir en même temps ma promesse. Si Dumouriez n'avait commis les fautes que j'ai exposées plus haut, je serais entré dans ces forteresses, et, quand même j'aurais élé forcé de les abandonner, j'aurais maintenant l'avantage de les connaître et je n'aurais à coup sûr, tant que je les tenais, rien fait pour en améliorer l'état.

H D'après les circonstances que je viens d'exposer ici et d'après celles que j'ai déjà antérieurement fait connaître à Votre Majesté, je me flatte de pouvoir compter sur l'approbation bienveillante de Vob^ Majesté en tant qu'il s'agît de ces négociations. Je regrette seulement que la grande distance où je me trouve doive faire envisager à Vienne les objets tout autrement qu'ils ne sont réellement.

« Cela ressort par exemple de l'opinion qui y règne, que Dumouriez est toujours partisan des Jacobins et du duc d'Or-

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léaos, dont i) élait l'ennemi déclaré, il y a déjà plusieurs mob; de même aussi cette autre opinion, que les fils du duc d'Orléans participeraient à ces gamineries (bubemiùcke), tandis que je puis assurer à Votre Majesté que le duc de Chartres, qui a passé avec Dumouriez, est un des hommes les plus vertueux et les plus intéressants, et qui a pleuré des larmes de sang sur les méfaits de son père.

(I La distance ou je me trouve, surtout en raison des questions-politiques qui se préseuteot si sonvent, m'a mis dans an extrême embarras, et je répète avec instance la demande que Votre Majesté daigne envoyer à l'armée ou près de l'armée un ministre muni d'instructions et de pouvoirs sufiisants. >

L'empereur François à son frère l'archiduc Charles.

11 Cher frère.

Il J'ai reçu parStemfeld, par lequel tu as envoyé la nouvelle de la prise d'Anvws, la réponse h la lettre que je t'avais fait parvenir par Wratislaw. Je te réponds maintenant par le colonel Fischpr que je te renvoie. J'ai été charmé de voir que tu restes à l'armée jusqu'à ce que tu sois proclamé gouverneur. J'espère que cela doit être fait maintenant. Les hésitations du comte Metternich me contrarient d'autant plus que maintenant l'activité est pies que jamais nécessaire, afln de pouvoir profiter du zèle et de la bonne volonté de la nation.

« Prends donc, je t'en prie, aussitôt que tu seras nommé, possession du gouvernement près duquel nous avMis placé, autant que possible, des hommes honnêtes et considérés; supplée par ton activiié à la lenteur du comte Metternich; songe que tu peux, en ce moment, rendre à la monarchie des services que lu ne seras peut-être plus jamais à môme dé rendre dans l'avenir.

ti Je te répondrai bientôt au sujet de tes charges à la cour et de Warnsdorf. J'ai encore un service d'amitié à réclamer de toL Quand tu seras au gouvernement, fai»-moi des rapports positifs et donne-moi des informations sur tout ce qui se passe, et, s'il arrive quelque chose d'important, n'hésite pas à envoyer des courriers et des exprès. Fischer m'A rendu compte des

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entretiens avec Dumouriei. Je ne me ùe pas à cet individu, car il peut Dous tromper avec ses paroles ; il sait comment mentir ans gens; puis, quand il est ensuite au milieu du danger le plus pressant, il sait comment se tirer d'afTaire. Aussi ar-je écrit au prince de continuer d'agir, nonobstant les négociations et comme si celles-ci n'esistaientpas, etde déclarer ses iiitentions à Dumouriez, car alors on pourra voir s'il a des vues honnéies. Dieu veuille qu'il ne nous (rompe pas. J'attends avec une véritable impatience le moment de te voir à la tête du gouvernement. Sur ce, porte-toi bien, donne tous mes complimenls à Warosdorf et crois-moi pour ta vie, « Ton meilleur ami et frère,

<i François.

'Vienne, avril 170;j <. ■

i< le profite du départ d'un courrier qu'on expédie au prince Cobourg, pour t'écrire aujourd'hui. L'événement étrange de la livraison de Reurnonvilie et de ses acolytes me paraît Atre un bon résullat de la loyauté récente de Diimouriez, ei, ce qui vaudrait mieux, me parait promettre la paix pour cette année encore...

Il Quant à ce que tu as fait avec Dumouriez, cela a été

fait d'après les conseils et les ddsirs du prince Cobourg; tu as donc eu raison de le faire. Mais comme frère, et parlant à toi ■ seul pour que tu en fasses ton profit, il faut que je le dise que toute cette histoire de Dumouriez ne me plaît pas du tout, et, comme tu dois le savoir, j'ai immédiatement écrit au prince pour qu'il rompe avec lui. Les Français trompent avec de belles paroles, comme cela s'est déjà vu l'an passé, et nous n'en avons pas pris exemple. D'ailleurs, avec qui négocierons-nous en France, puisque personne n'y tient le pouvoir, et qu'il n'y règne ni une classe de la nation et encore moins un chef définitif? La déclaration du prince !'a rendu ridicule aux yeux de tout le monde, et semble, s'il m'est permis de dire cela, être rédigée

1. L> date du jour manque, mtlê, d'aprta les lettres aotérieuros et pos< térieures de l'empereur François & son frère, et d'après les événemenis dont il y est parlé, ou peut la considérer comme a; ant été âcrit« du 12 au 15 avril.

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par Dumouriez. Heureusemeat que Mettemich et Stahreobeq; ont réparé les choses par uoe contre-déclaratîoD, ce qui a été le seul, mais, dans tous les cas, un mauvais eipédient. J'mlerdis donc, par ce même courrier, au prince Cobour^ de négocia davantage. Il agira et fera la guerre avec toute la fureur possible jusqu'à ce que sumeone un changemeot en France qui nous permette de songer à la paix. Pour le reste, il laissera n^ocier les ministres qui ont déjà mes instructions à cet effet. Il y a une grande différence entre un général et du ministre. Tous les deux exigent des études spéciales et la pratique constante des affaires, qui sont de nature si complètement dissemblable. Pardonne-moi de t'avoir écrit tout ce bavardage, mais mon cœur s'est ouvert et tu peux t'imaginer la situation désagréable dans laquelle je me trouverais s'il me fallait d'ici désavouer le prince...

■ Vienne, le 38 tvril 1763. ■

u Une chose qui m'a vivement contrarié a été d'apprendre qu'on a délivré chez vous de nouveau à Dumouriez un faux passeport de la part du gouvernement; cela nous discrédite considérablement auprès des princes voisins et autres. Comme j'ai déjà, quand le fait s'est produit la première fois, admonesté le comte de Metlernich par l'entremise de Trautmannsdorf, Metternich a considéré ma remontrance comme une . offense personnelle, il a présenté à la conférence cette admonition avec une déclaration, et en a référé à Vienne en termes tranchants. Ces taquineries qui, pour dire toute ma pensée, ressemblent le plus naturellement du monde aux radotages des vieilles blanchisseuses, quand elles se produisent parmi des chefs qui doivent servir ensemble, nuisent considérablement au service...

■ Lattmboiui, 35 Juillet 1703. »

ilémoire jvslijicatif sur la nigocialion faite avec Dumourùi'.

« Le maréchal prince de Cobourg n'avait reçu de S. H.

1. Ce mémoire jlisttficallf ne pone pu de date, mais d'ans de ses phrates il résulte qu'il & été écrit six Eçnnines iprès tes éfénements, c'est-

D,i.,.db,Googlc

NOTES. 5li

l'empereur aucun pleia pouvoir qui l'autorisât à entamer, encore moins à conclure des arrangemeata ou des négociations politiques avec les généraux enDemis'et les autres agents de l'autorité en France. Tout ce qu'il a été dans le cas de faire à cet égard, il l'a fait de son chef, et d'après la conviction où il était qu'un générât d'armée, séparé par une grande distance de son souverain, peut quelquefois dans cette guerre, qui sous tous les rapports est si extrêmement différente de toutes les autres, saisir une circonstance imprévue et profiter d'un instant décisif; il y est même obligé, s'il peut opérer par là un changement avantageux dans )a situation politique et militaire des affairas, au lieu de le laisser échapper à jamais, pour rester dans les bornes que l'intérêt seul de son souverain et des puissances coalisées l'avait engagé de franchir. Après plusieurs alTaires sanglantes, et où le sort des armes fut disputé par l'ennemi avec beaucoup d'habileté, d'acharnement et de valeur, le général Dumouriez se trouvait avec son armée derrière la Dendre, ayant des forces encore très-supérieures aux nôtres, étant en possession de la citadelle d'Anvers et de ^'amu^, ayant un corps de 12,000 hommes en Hollande et étant maître do Bréda et de Gerlruydenberg, Les revers de l'armée de Belgique lui avaient fait perdre du terrain, mais ne l'avaient encore, eu égard h la supériorité des forces, que médiocrement alTaibli. Elle avait encore une excellente position, elle était presque d'un tiers plus forte que la nôtre, elle était appuyée par des forteresses, elle avait ses derrières libres et une retraite sûre. Dumouriez, dont le génie entreprenant est fertile en ressources, dont l'ascendant sur son armée était connu, pouvait marcher à nous avec ses fiO.OOO hommes : nous en avions à peine 30,000 à lui

fc-dire vers le 1S mai. Kous en donnons des frognipnts considi'rables. Les parties que nous arons rcIranchOes racontent les fails qui te troutent relatés dana les mémoires précédents, et forment pat conséquent double emploi avec eui.

Par la correspondaiice de l'empereur François, on voit qu'il avait cti' fort nx^conient des ut^ciations entanii^es avec Dumouriez, el s'irlout de la proclamation du 5 avril signée du prince de Cobour;. Ce mémoire est destiné à démontrer k l'empereur que le prince n'a pas commis les fautes qu'oa lui impute.

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Opposer. Non-seulement il pouvait nous empâcher de pëDétrer plus avant de Bruxelles, mais nous forcer de nous replier avec autant de perles que ndus avons eu de succès. L'ennemi pouvait, outre les avantages mentionnés ci-dessus, se renforcer des troupes qu'il avait en Hollande ; tandis que notre armée, fatiguée par tant de marches, de batailles et d'affaires successives, affaiblie mémo par nos succès, manquant encore, vu la célérité que nous avions mise dans nos opérations, de beaucoup de choses qui n'avaient pu nous joindre, et n'ayant point d'artillerie de siège ni de longtemps aucun renfort de quelque conséquence à efipérer, se trouvait dans un pays ouvert, sans appni, entièrement réduite à ses propres forces, et ne pouvant rien hasarder sans risquer entièrement sa sûreté, la campa^e qui venait de s'ouvrir, la réputation de ses armes et Içs Pays^Jas. »

Ici le mémoire entre dans le détail des négociations ouvertes avec Dumouriez, et ne fait que répéter ce qui a été dît dans les mémoires précédents. ,

« ... S'élevait alors la question de savoir s'il convenait plus ou moins à S. M. l'empereur et aux puissances coalisées que la royauté constitutionnelle fût rétablie en France. Voici en peu de mois sous quel point de vue cette proposition délicate et intéressante fut envisagée :

« Différentes circonstances Irès-convaincantes prouvaient que la première constitution que s'était donnée la France, quoiqu'elle eût pour base l'usurpation et de grandes erreurs politiques, avait encore pour elie les regrets, l'assentiment et le suffrage de la plus grande partie de la nation. Or on ne pouvait de bonne foi se dissimuler que la nation n'entrât pour beaucoup dans cette guerre, et en général dans les déterminations publiques. On savait que la grande majorité des opinions politiques est contre la royauté absolue et la Convention nationale; on savait que les Français, dont cette première constitution paraît encore être l'idole, n'obéis.>wnt qu'avec crainte et avec horreur aux décrets tyranniques de la faction qui règne aujourd'hui. On croyait pouvoir supposer que les moyens les plus prompts de rétablir -l'ordre et de faire cesser cette anarchie.

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NOTES. 8i3

cet oubli de tous les principes, cette violation de tous les droits, qui eât pu à la longue influer sur l'existence des trônes comme sur le sort des particuliers, pouvaient, pour le premier moment, être regardés comme utiles et véritablement avantageux. On croyait, n'ayant pas alors de notions précises, que c'était là le grand but. le grand objet de la sollicitude des souverains. On se dit alors : Si c'est en donnant les mains avec prudence à ces propositions qu'on peut sauver les jours de la famille royale; si c'est un moyen de ramener l'armée à un roi, qui, s'il en redevient le chef suprême, saura bien tût ou tard s'en servir avec succès pour relever son trône et l'affermir ; si c'est le rétablissement de la première constitution qui peut seul ramener l'ordre et la paix; s'il est possible alors d'en rectifier avec le temps les imperfeclious et les nombreux défauts ; si la dignité et les revenus d'un roi^ môme constitutionnel, peuvent produire aisément dans des mains habiles des modifications successives; si une monarchie limitée dans un pays, dont la guerre, l'anarchie et les déprédations ont épuisé les ressources, ouvre un accès facile à l'influence dii dehors; si l'on compte aussi pour quelque chose la frn de tant de convulsions et de malheurs, la sûreté, la vie de tant de milliers de particuliers et de soldats, la cessation du bouleversement affreux qui déchire la France et reflue sur toute l'Europe, d'une guerre dispendieuse et sanglante qui absorbe les finances des souverains et retombe sur leurs peuples, dont il importe tant qu'ils continuent à être aimés î si enfin l'on considère que cette opération salutaire s'achemine et se consomme par un générai qui parle en son propre nom, prévient d'avance qu'il n'a ni autorisation ni pleins pouvoirs, ne compromet par conséquent en rien ni l'opinion ni la dignité des souverains, et leur laisse, quand les difficultés seront levées et les premiers avantages bien décidément obtenus, l'entière liberté de confirmer ce qu'on a promis ou d'y faire les modifications nécessaires, de s'y refuser ou d'y souscrire; si tout cela ne peut être contesté, se dit-on alors pour peu qu'on veuille entrer dans l'état des choses et la combinaison des circonstances, on peut pi;endre un parti qui y soit analogue et donne quelque cbose à l'état actuel des affaires et à la crise des événements.

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su HISTOIRE DE LA TERREUR.

(( Voilà quelles furent les rédeiions d'après lesquelles on se dëtermina à entrer en pourparlers avec Duœouriez, et les premières bases des négociations entamées avec ce général. >

ici encore Cobourg revient sur des faits déjà connus par les mémoires précédents; puis il passe k l'exposé des motifs qui l'engagèrent à donner à Dumouriez la proclamation qu'il demandait. Ces motifs ont été exposés in extenso, page A03. 1« mémoire se termine ainsi :

« Examinée en détail, même sévèrement analysée, cette proclamation ne parait pas être de nature à faire une sensaiioa aussi fâcheuse que celle que l'on dit avoir été produite dans les cours intéressées à cet objet.

(i Encore une fois, il parait que, pour bien juger de celte pièce, il faut se placer au point où l'on en était, avant que l'on sût que l'entreprise de Dumouriez n'aurait pas un grand succès. Si la déclaration eût entraîné toute l'armée, eût-on blâmé la déclaration? Si nous étions dans Valenciennes , Lille on Condé, maîtres pour longtemps de ces places, et, suivant la tournure des négociations, maîtres peut-être d'y rester pour toujours, eftt-on trouvé de l'inconvénient à s'en être procuré l'entrée de cette manière î

g Si l'on avait eu à combattre une nation assez unie d'intérêts et d'opinions, et ime armée dans les mêmes principes, aurait-on refusé une déclaration qui tendait pour le moment actuel à rétablir ia monarchie? Et, pour remonter plus haut, si l'on se fût trouvé avec des forces inférieures et une armée fatiguée dans un pays ouvert et sans places fortes, vis-à-vis d'un ennemi établi dans une position avantageuse ayant presque le double de monde et maître de quatre forteresses, eûton refusé d'entrer en négociation, s'il promettait de se retirer, de toutévacuer et de tout rendre?

« Enfin ce Dumouriez, qu'on n'a jamais pu aimer et estimer, mais qu'on a craint et admiré longtemps, qu'on aurait acheté à tout prix, qu'on aurait détaché à tout prix de la cause si criminelle et si dangereuse qu'if défendait si bien, fallail-il refuser de se l'attacher et de l'enlever à la soi-disant

KOTES. &i5

République française, quand, au lieu de payer si cher sa déreclion, c'était lui qui la payait par les plus grands sacrifices, et qu'on gagnait à la fois la moitié des Pays-Bas, quatre forteresses, de grandes espérances, l'armtSe française et Dumouriez?

<i Quanta la promesse de rétablir la première Constitution, outre que )e prince de Cobourg ne partait ici qu'en son propre nom, et qu'après avoir obtenu les avantages, la cour de Vienne et les autres puissances coalisées restaient toujours complètement en droit et en mesure de mettre à celte concession telle restriction que la politique, les circonstances, leurs volontés ou nos succès pouvaient y poser-, outre tout cela, dis-je, Dumouriez avait positivement répondu aaji objections qu'on lui fJt à cet égard : qu'il ne pouvait absolument pas dans U premier momenl parler aux Français d'une autre forme de gouvernement que la première Constitution; que la masse de ses compatriotes ne voulait que cela; que non-seulement il ne réussirait pas en tenant un autre langage, mais qu'il risquait tout, ainsi que son armée, s'il ne posait pas cette Constitution pour base de toutes ses entreprises. Le colonel Mack lui parla de la noblesse et lui demanda ce que cette malheureuse et respectable portion d,e la nation française deviendrait. Il répondit : » N'ayez pas peur que je l'oublie: mon but est bien de la rétablir, mais il faut encore attendre quelque temps. Elle est perdue à jamais, et moi et mon armée avec elle, si l'on en fait mention dans ce momenl-ci. Quelqiie temps encore, et elle n'aura pas à se plaindre.

Il Quant à la promesse particulière de ne pas vouloir faire de conquêtes, et de regarder les places-frontières comme un dépôt qu'on s'engageait à rendre, cette condition, que Dumouriez faisait envisager comme base essentielle de nos premiers succès, a été expliquée ci-dessus: d'ailleurs, quoi de plus facile que de désavouer, modifler, éluder une mesure du moment, prise en son nom par un général d'armée qu'on pouvait toujours regarder et même déclarer comme n'ayant pas eu de pleins pouvoirs et d'autorisation de son souverain, et comme n'ayant agi que d'après sa propre impulsion et les circonstances du moment? Alors on retournait au point d'oii l'on était parti,

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et l'on n'avait encore non-seulement rien perdu, mais beaocoup gagné.

(i La proclamalion dj 9 avril a aonulë celle du 5. On lit camper l'armée sur le territoire de l'ennemi, on investit Coodé. Tout cela se Qt sans perdre un homme et sans le moindre délai. On ne fit rien de plos alors, puisqu'à présent, à l'heure où ceci s'écrit, c'est-à-dire six semaines (^ris, on n'a pas encore, malgré le changement de circonstances, été complètement en mesure de rien entreprendre et qu'on a dû se borner à repousser avec avantage les attaques de l'ennemi. Qu'a-l-on perdu par conséquent à ces négociations? Et ensuite est-il bien prouvé, bien démontré, que sans elles nous fussions oii nous sommes?

« Toutes ces considérations ont paru si claires et si évidentes à milord Auckland, ambassadeur d'Angleterre à La Haye, qu'il a dit et écrit, lorsqu'il a été instruit de tout ce qu'il est indispensable de savoir pour porter un jugement équitable sur cet objet, que dans des circonstances semblables on n'eût pu mieux faire.

H Le maréchal prince de Cobour^ n'a rien vu dans tout l'ensemble de cette négociation, de ces manifestes et de ces événements, qui pût être désavantageux ni à sa cour ni aox puissances coalisées , rien qui compromit leur dignité on pilt ternir la gloire de' leurs armes.

H L'événement a prouvé que Dumouriez n'avait pas asses connu sa nation et son armée, mais il n'a pas prouvé qu'on eût dû refuser des avantages qui, en grande partie, ont éié réellement obtenus.

« Le maréchal se serait cru très-coupable de les avtnr négligés.

« Il a agi d'après sa propre conviction, et d'après la combinaison des circonstances; il avoue qu'il a besoin de relire les ordres qui lui sont parvenus depuis, pour se persuader qu'il n'a commis que des fautes, d

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STATISTIQUE DES TROUPES QMl ÉMIGRÈRENT AVEC DUMOURIEZ.

Les historiens varient sur l'effectif des troupes qui suivirent la fortune de Dumouriez.

Au premier moment la rumeur publique, même en France, porta cet effectif à des chiffres considérables. Un document d'apparence oDlcielle contribua à entretenir ces exagérations. Le Moniteur donna (n° Ht), sans commentaire et ainsi qu'il suit, la nomenclature des bataillons et régiments passés avec Dumouriez aux Autrichiens :

u Berchiny (hussards) : Colonel général (hussards), Bourbon (dragons), les chasseurs des Cévennes, un bataillon de volontaires, le 25< régiment d'infanterie, les chasseurs braconniers, la comp^nie des tireurs d'Ëgra, de Givet et un escadron des chasseurs volontaires de Santerre. u

Cette liste avait été, paralt-il, envoyée aux jotirnaux par un officier belge au service de France, nommé Ransonnet; mais, dès qu'il en eut connaissance, le général en chef, Dampierre, déclara que le citoyen Ransonnet, « d'un civisme et d'un cou- ' rage connus, avait été trompé. » et que les troupes émigrées ne s'élevaient pas à plus de six ou sept cents hommes *.

1. Voir la lettre de Dampierre «n Monit#ur, n* Iti; le dlofen RaDMOnet devint t'tta det oieflleura géDâreui de dirision de l'Empirei il /al taé 1 EwUds, te SI mai 1809.

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Damouriez, dans ses mémoires, porte à huit cents cavaliers et à huit cents hommes d'infanterie l'effectif des troupes qui suivirent sa fortune. 11 n'exagère que de moitié.

Ce sont les pièces de la comptabilité autrichienne qui vont nous apprendre la vérité et nous donner des détails intéressants sur l'organisation provisoire qu'avaient reçue les' corps français.

A Monsieur le commissaire supériear des gusTres de Eberen.

a ie me serais certainement appliqué à devancer l'ordre que m'a transmis votre lettre du 6, si la chose avait été heureusement possible.

M En ce qui touche le corps de troupes disséminées dans leurs cantonnements et peu habituées à l'ordre, tout ce que j'ai pu obtenir eu fait de renseignements à partir du Zi de ce mois, se résume comme suit ;

(1 Le 8, j'ai appris la formation de l'infanterie:

(1 Le 10, celle du régiment de Bourbon, composé de dragons et de chasseurs à cheval ;

« Hier, c'est-à-dire le 11, j'ai pu vérifier l'eFtectif du régiment de cavalerie, couiposé de cuii'assiers et hussards.

« Je vous transmets le tableau de revue de ces trois formations sur lesquelles

L'infanterie compte ù58 hommes

Lesdragonsde Bourbon 215 »

L'autre régiment de cavalerie 209 >i

« A cette occasioQ, j'ai pu constater enfin que, sur le premier régiment de hussards passés parmi nous, cent cinquante hommes ont déserté ou ont été débauchés vers la fin du mois dernier, avec les selles et l'équipement.

H Le tiers de l'infanterie n'a ni fusils, ni gibernes, ni cartouches par conséquent. Les hommes prétendent qu'ils ont été désarmés par nos avant-postes.

« L'infanterie et la cavalerie (celle-ci, les dragons et les cuirassiers, est fort bien montée, à l'exception de l'escadron de chasseurs) ne pourront pas, d'ici à quelque temps, faire un

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service ntile, attendu qu'ils manquent généralement d'objets d'habillement et d'équipement.

<i Le maréchal de camp Thouvenot, qui se trouve en ce moment au quartier général, s'appliquera vraisemblablement h faire un rapport oral sur les conditions de son corps de troupes.

u Pfeffsr.

■ Uuie, lelSuud 1793. •

An comte de Wallis, président du Conseil atiH^w supérieur de la guerre, à Vienne.

n A la suite des conférences tenues avec le général français Dumouriez, passé chez nous, on lui a donné aussi l'assurance que les officiers d'élat-major et régiments qui le suivraient seraient, autant que le permettront les circonstances, entretenus par nous jusqu'à ce que l'occasion se présente, en avançant dans l'intérieur de la France, de les entretenir sur leur propre territoire. En effet, tout l'état-major général français et une partie d'infanterie, de chasseurs, de cuirassiers, dragons et hussards ont passé chez nous et ont requis leur entretien.

« Afin de commencer cette affaire avec tout ['ordre voulu, j'ai, dès le 6 avril, délégué le commissaire des guerres Pfeffer auprès du général Dumouriez, et lui ai remis les 10,000 fl. nécessaires pour l'entretien des officiers et des troupes.

n Dumouriez, quant à sa personne, n'a point reçu d'argent comptant, mais il a vendu son équipage et s'entretient sur son argent à lui appartenant. Le commissaire des guerres PfefTer a reçu l'ordre de se rendre à Leuze ofi il se trouve encore, d'y régler la question des troupes, de les payer sur leur pied usuel, puis de m'envoycr ici les états d'effectif et de solde à payer afin qu'ils soient soumis à la sanction supérieure. Malgré tout l'empressement et toute l'activité déployée par ce commissaire pour débrouiller l'effectif et les soldes attribuées à chacun des hommes de cette nation, arrivés à un extrême degré de désordre, et professant des principes très-versatiles, il n'a pu réussir qu'hier seulement à finir son travail et à me l'envoyer.

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a ... Comnie tous ces bommes-là, et surtout les officiers de l'état-major généra), ne peuvent âire simplement abandouoés & leur sort sans préjudice pour nous, qu'il faut évidemment les entretenir, et que les circonstances peuvent changer un jour, je prélèverai les sommes nécessaires sur les fonds de l'Empire et je ferai entretenir les hommes sur le pied établi pour l'armée impériale. Quant aux simples soldats, comme quelques-uns de ces hommes sont en haillons, je leur ferai donner dés uniformes français pris dans ceux que nous avons conquis, et qu'on ne peut d'ailleurs pas employer pro afrario.

H En ce qui touche leur habillement déCuitif, j'enverrai ultérieurement un projet dans ce sens.

< Je suis, etc..

Il Gobouhg.

■ Au quartier gaufrai de Quiévraio, 10 mai 1793. ■

Les pièces présentées par le colonel Pfeffer à l'appui de sa comptabilité nous fournissent, avec toute l'exactitude possible, le nombre et la composition des débris de régiments émigrés avec Dumouriez et réunis au camp de Leuze sous les ordres du général de Ruault.

Les dragons de Bourbon — 215 hommes — avaient un colonel (le baron de Martba), deux lieutenants-colonels, un lieutenant-colonel surnuméraire et 21 officiers;

Les hussards de Berchiny — 209 hommes — avaient un colonel (Nordmann), deux lieutenants-colonels et 30 officiers;

L'infanterie — fi59 hommes — avait pour colonel un maréchal de camp (Second), deux lieulenants-colonels et 55 oBiciers.

En dehors de cet effectif, il y avait au camp, à titre de supplémentaires, cinq maréchaux de camp, Vouillers, Thouvenot, de Neuîlly, de Bannes, Dumas; quatorze officiers supérieurs; deux commissaires supérieurs des guerres, Soliva et Beauvalon, et un médecin en chef, Menuret.

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Le (aux des traitements alloués aux divers officiers de l'armée de Dumouriez fut ainsi réglé :

1 maréchal de camp 15,000 '.

1 adjudant général €.000

2 adjudants ... 2.û00

2 — supplémentaires 1 ,800 ^

1 commissaire supérieur des .

guerres H, 594 '■ 16 •■ 3 ''

1 secrétaire d'état-major i ,200

1 payeur 2,916

1 médecin 6,000

1 lieutenant-colonel à la suite. 2,700

La somme que l'état-major et les troupes coûtèrent du 6 au 30 avril est résumée ainsi par le commissaire-ordonnateur Pfeffer :

Les généraux, y compris leur

état-major 7.148 '■ 17'' 5 ^

L'infanterie 13,371 5 11

Dragons-chasseurs 6,943 12 10

Cuirassiers et hussards 9,057 3

Ensemble 36,320 i 19- 2 "

Équivalant en monnaie de l'Empire à l(i,202 "- 36 ^^

La question de savoir à qui, de l'Empire ou de l'Empereur, incomberait la dépense des troupes émigrées souleva de nombreuses difficultés. Elle donna lieu notamment aux deux lettres suivantes du prince de Cnboui^, qui renferment des détails intéressants : 1° sur la destination ultérieure qu'on voulait donner«à ces troupes-, 2° sur les promesses formelles que le prince avait faites ait général frani^ais et qu'il tenait à remplir avec une scrupuleuse fidélité.

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est HISTOIBE DE LA TERRbDR.

A S. Ex. le comte de Mercy-Argenieau, mbiistre de S. M. 1. el R. A.

« Au quartier géii^rt] de Herin , ce 15 Juin 1753.

« Le maréchal prince de Coboui^ reçoit du Conseil auHqae de guerre une intimation qu'il s'empresse de communiquer i S. Exe. M. le comte de Mercy-Ar^nteau.

(I Sa Majesté l'Empereur, d'après la dépêche ci-dessas énoncée du conseil de guerre, lui a fait savoir que S. Exe. M. te comte de Mercy-Argenteau était chaîné, de la part du monarque, d'essayer s'il ne serait pas possible d'engager l'Angleterre à transporter toutes les troupes et tous les ofiiciers qui sont passés avec M. Dumouriez dans les provinces de la France qui sont actuellement en insurrection.

(I En cas que la chose ne fût pas possible,- l'intention de Sa Majesté est, l'état de la caisse de l'Empire n'étant pas suffisant pour pourvoir aux dépenses qui y sont proprement attachées, que les 883 hommes de divers régiments français qui sont passés avec M. Dumouriez fussent pris à la propre solde de S. M. l'Empereur, et qu'on n'en conservât qu'exactement autant d'officiers qu'il en faut pour cette quantité de troupes, renvoyant le général ïhouvenot, ainsi que les autres oHiciers qui, d'après le principe ci-dessus, ne seraient pas indispensablement nécessaires.

(I M. le maréchal de Wallis, président du Conseil de guerre, ajoute que comme cet objet repose en partie snr une n^ocialioD ministérielle, il va se concerter là-dessus avec la chancellerie d'État, se réservant de me faire connaître le résultat ultérieur de cette concertation.

M Le maréchal prince de Cobourg, en communiquant littéralement à S. Eï. M, le comte de \fercy-Argenteau cette dépêche du Conseil aulique de guerre, a l'honneur de le prévenir qu'il désirerait sur cet objet délicat être instruit de la manière dont il envisage qu'il ,fùt possible de concilier l'exécution des ordres suprêmes de 5. M. avec les égards qu'on doit à la parole qu'on a donnée a des généraux et à des ofGciers qui ont pris un pani d'après cet engagement solennel, à la situation maiheu-

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reuse où ils seraient réduits par cette violation d'une promesse précise et non équivoque, et enfîn aux suites fâcheuses qui, si ces gens-là étaient absolument sans ressources, pourraient, sous diftérents rapports, en résulter pour les Jnlérëts véritables de S. M. et de la cause commune.

a It reste d'ailleurs i observer que la caisse de l'Empire ayant été chargée jusqu'ici du payement et de la solde de ce rassemblement, et y ayant suffi, il ne parait pas nécessaire de le mettre à la charge de la caisse de S. M.

ic COBOURG, n

Au comte de Wallis, à YUnne.

■ Quartier gÉDénl de HériD, 20 Juin 1703.

n Je me suis entendu avec le commissaire général des guerres, baron de Riedheim, au sujet de l'entretien sur les fonds de l'Empire des troupes et officiers passés parmi nous avec Dumouriez, et je me suis arrangé avec le ministre d'État, comte de Mercy-Ai^nteau, en ce qui touche le renvoi du général français Thouvenot et des autres officiers superflus de l'éiat- major français. Le baron de Riedheim m'a dit que l'on pouvait d'autant plus entretenir ces officiers pendant quelque temps sur les fonds du trésor de l'Empire, que, par la suite, on pourra imputer ces dépenses sur la part à payer par la cour de Prusse. Le trésor serait ainsi dispensé de faire une dépense que les officiers français regardent eux-mêmes comme une avance jusqu'au moment où ils auront l'occasion de rentrer dans leur pairie d'une manière convenable et y recevoir leur arriéré de solde. C'est pour cela que je les fais payer sur le pied français.

« 1(6 comte de Mercy-Ai^nteau déconseille d'autant plus le renvoi du général Thouvenot et des officiers français, que ce renvoi ferait une sensation pénible parmi ceux des officiers ennemis qui seraient peut-être disposés encore à passer chez nous, et serait de plus une transgression évidente de la promesse qui leur a été faite. Ce qui précède vous permettra de conclure que je suis forcé de m'en tenir à la décision déjà

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prise, et de conserver, tant que les circonstances le permet- Iront, les officiers en question sous ma protection et à la solde du contingent impérial.

Il COBOUHG. »

11 ne parait pas que les troupes du camp de Leuze aient Taii campagne sous une dénomination particulière. Leur pelit nombre les fit probablement incorporer dans d'autres corps; car, è partir de la fin du mois de juin, il n'en est plus question dans la correspondance du prince de Cobourg avec le cabinet de Vienne.

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