‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 184 sur 200 · NOTICE SUR LES GÉNÉRAUX ET OFFICIERS · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LES GÉNÉRAUX ET OFFICIERS

QUI lOUblRIT UN RftLE DANS LES ÉVÉNEUEMS DU 1" AU 5 AVRIL 1793.

(Voit p«g* 403.^

No9 recherches pourraient paraître incomplètes si nous ne donnions des renseignements sommaires sur la destinée des généraux et officiers, qui ont figuré h un titre quelconque dans les deux derniers livres de ce volume. Pour plus de clarté, nous les avons divisés en plusieurs catégories ;

1° Généraux arrêtés avant le 1" avril, c'est-à-dire antérieurement à la rébellion de Dumouriez ;

2" Généraux et officiers arrêtés comme complices de Dumouriez;

3° Généraux qui ont suivi la fortune de Dumouriez et ont émigré avec lui ;

/l° Généraux et officiers livrés parDumouriez aux Autrichiens;

5' Généraux et officiers qui se sont déclarés contre Dumouriez et sont restés fidèles au parti républicain.

PBEUIÈBE CATÉGORIE.

e<N<BllDI AHltTÏS AVANT LB 1" AVRIL 1793.

Lanoue avait près de soixante ans en 1793. 11 était colonel depuis 1771, maréchal de camp depuis 1783; lieutenant gé-

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néral dqiuis février 1792. Le 10 mars 1793, à la suite de l'échec d'Aldenhoven, il Tut mnndé à la barre de la Convention. Il y companit le 28, et fut renvoyé au tribunal révolutionnaire {le Moniteur contirnt in extenso son interrogatoire). Si peu de charges s'élevaient contre lui que le tribunal rendit le 10 mai une ordonnance de non-lieu. Il ne reprit pas de service.

Stengel avait 50 ans en 1793. Il était né dans le Palatînat et était sous-lieutenant au régiment d'Alsace dès 1760. II fut fait maréchal de camp le 13 septembre 1792. Sa qualité d'étranger ameuta contre lui tous les démagogues, Marat, Robespierre, Ruhl, Turreau, le -dénoncèrent k l'envi comme le principal coupable de l'échec d'Aldenhoven. Traduit devant le tribunal révolutionnaire, il fut acquitté le 16 mai 1793; mais il resta suspendu de ses fonctions jusqu'en nivôse an III. Envoyé à l'armée d'Ilalie, il y commandait la cavalerie, lorsque Bfinaparte vint en prendre le commandement; deux mois après, il tombait glorieusement sur le champ de bataille de Mondovi.

MiRANDA, né en 175I|, à Caracas, dans l'Amérique du Sud, fut fait maréchal de camp au commencement de 1792 et lieutenant général le 9 octobre de la même année. Arrêté le 26 mais 1793, il fut conduit à Paris et demanda h paraître à la barre de la Convention pour se disculper. Voici la lettre qu'il écrivît à cette occasion;

« Paria, le * bttîI 1103 , l'an 2' do 1» République.

ti Citoyen président, (I Ayant été appelé par deux décrets de la Convention nationalle à la barre pour y être entendu en justîDcation de ma conduite et en n^ponse à des inculpations militaires dont il me sera facile de démontrer l'erreur ou l'injustice; ayant attendu chaque jour, depuis le 29 mars, sans que la gravité et la multitude des affaires qui sont survenues m'aient permis d'obtenir le moment si désiré par moi; réfléchissant d'ailleurs que la connaissance des faits que je me proposais de donner à la Convention nationale et dont j'avais instruit quelques-uns de ses membres devient encore intéressante depuis que la coo-

juratioD a éclaté dans toute sa noirceur, je prie la Convention Dationale de me renvoyer à ses comités militaire et de défense générale pour y être entendu et le rapport lui en être fait,

« J'offrirai cette dernière réflexion à la justice.de la Convention nationale: celui que Dumouriez a victiméparceque, deson ami, il devint son anlagoniste dus l'instant qu'il le reconnut conspirateur, est encore accusé et détenu.

« Votre concitoyen, Miband*. »

Beovoyé devant le tribunal révolutionnaire, il comparut le 12 mai ; son procès dura cinq jours et se Iern)ina par un acquittement. Suspect, à raison de ses anciennes relations avec- Pétion et quelques autres girondins, il ne recouvra sa liberté qu'après le d thermidor. Dégoûté de la liberté qu'il était venu cherclier ,en France et qui ne lui avait valu que misère tt proscription, il retourna en Amérique, où il est mort.

Ujluville, né le 23 avril 17Zi9, comptait, en 1703, plus de vingtK:inq ans de service et était lieutenant général depuis le 6 février 1792. Il commandait la ville et le cEiàteau de Namur lors de la retraite de Dumouriez et s'apprCtait à les défendre vigoureusement, lorsqu'il reçut l'ordre formel du général en chef de se retirer sur Maubeuge; il ramena toute son artillerie, douze cents malades et six mille sacs de blé. Quelques bateaux char(;és de vieux matériel étant tombés, par la négligence des gens du pays, entre les mains de l'ennemi, les représentants du peuple, Hentz et Laporte, qui étaient à Mézitres à vingtcinq lieues de là, le firent arrêter et conduire à Paris. Sur le rapport de Lecointre, fait au nom da comité militaire, Harville fut déféré au tribunal révolutionnaire. Mais Fouquier-Tinville trouva les charges si peu graves qu'il déclara qu'il lui était - impossible de traduire lé prévenu devant le tribunal. L'affaire, renvoyée devant le Comité militaire, fut l'objet d'un nouveau rapport de Camille Desmoulins qui conclut tout à fait en faveur d'Harville. Mais celui-ci ne put obtenir sa mise en liberté et resta eo prison jusqu'au 9 thermidor. Il fut réintégré dans son grade par décret du 28 ventôse an III. Il ût, de l'an 111 à l'ao X, les campagnes de Sambre-et-Meuse, de Rhin

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et Moselle et d'Italie. Il fut fait sénateur en l'an XI et monrut pair de France en 1815.

BoccHET, né à Besançon en 1731, avait fait les campagnes de Flandre de 1747 et 17i8, commandé en 1761 le génie à la défense de Belle-Ile. Il fut employé aux Iles-sous -le-Venl de 1763 à 1766, et nommé lieutenant général du génie en 1791. Hentz et Laporte le firent arrêter en même temps que le général Harville, pour avoir fait travailler aux fortifications de Namur le jour même de l'évacuation de cette place : « Ce qui évidemment, disait l'arrêté des représentants, était une preuve de connivence avec l'ennemi, puisque ces réparations ne pouvaient profiter qu'à ceux qui allaient occuper Namur. u Boochet répondait avec beaucoup de raison qu'il avait fait continuer les travaux jusqu'à la dernière heure pour ébruiter le moins possible la nouvelle de la retraite des Français; qu'ao reste tes travaux qui faisaient l'objet de l'accusation n'avaient eu rien d'utile. Il fallut plus de quinze mois pour faire rendre justice au malheureux Bonchet. Enfm un arrêté du Comité de salut public en date du 30 messidor an II, provoqué par Camot, vint mettre Qn à sa longue détention. Il est mort eo l'an X, sans avoir repris de service.

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