LIVRE XXVI
Pans, ce qu'elle doit aux citoyeos de toute la République, elle sera juste envers tous. Elle voue iuvite aux honneurs de la séance. »
a Non! non! » s'écrie-t-on de toutes parts. Marat lui-même demande que l'on poursuive comme perturbateurs du repos public les individus qui se sont prétendus inreslis de pouvoirs qu'ils n'avaient pas.
Que s'est-il donc passé depuis la veille? C'est que Vami du peuple s'est aperçu que dans les rangs des pétitionnaires il s'est glissé un certain nombre d'agents royalistes, dont la prôsence change le caractère de la manifestation. Il s'empresse de se dégager d'une affaire compromettante pour lui en particulier et pour le jacobinisme en général. Buzot constate te revirement qui s'est opéré dans les dispositions de son adversaire habituel. « Maret, dit-il, devait parfaitement savoir à quoi s'en tenir sur les pétitionnaires, car lui et ses collègues de la députalion de Paris se sont entretenus longtemps avec eux dans la salle des conférences. Ils ont dû se faire représenter leurs pouvoirs. Mais ce qu'il faut savoir, c'est comment les personnes qui sont en ce moment à la barre ont été entraînées à une démarche si contraire aux véritables intérêts de ceux qu'ils prétendent représenter. Oui, Parisiens, ne vous y trompez pas, votre sol ne produit rien ; c'est le nôtre qui vous nourrit et, si vous arrêtiez la circulation des grains, vous péririez de misère. C'est pour vous que cette circulation a été décrétée et c'est vous qui demandez qu'on l'abolisse! Ne vous laissez pas abuser plus longtemps dans vo$ sections par les hypocrites en patriotisme, car
38 HISTOIRE DE Lk TERRECR.
Paris, qui a été )e berceau de la liberté, en deviendrait le tombeau....
u Et vous, citoyens mes collègues, souvenez-vous de ce que vous disait naguère Vergniaud : « Le, pain est (1 cher, dit-on, la cause cq est au Temple ; eh bien ! un « jour CD vous dira de même : le pain est cher, la cause <[ en est dans la Convention nationale. » Ce temps est venu ; c'est avec l'arme ofiferte par la question des subsistances qu'on voudrait égorger les libertés publiques, n
« Les pétitionnaires, ajoute Mazuyer, ne sont pas les plus coupables. Celui même qui s'est intitulé le mandataire des quatre-vingt-quatre départements n'a été qu'imprudent. Son erreur est facile à expliquer : il existe effectivement à Paris une seconde Convention nationale. C'est une réunion de citoyens se disant défenseurs de la République, société avec laquelle les sections de Paris communiquent ofGciellement par délibérations et par commissaires et qui a la prétention de stipuler lee intérêts des départements. La décision la plus importante à prendre, c'est de mander à la barre le maire de Paris pour qu'il donne à la Convention des renseignements sur l'existence de cette société. »
Il Mazu'yer vous a dit la vérité, reprend Doulcel de Pontécoulant, il existe à Paris deux Conventions nationales. L'assemblée qui vient de vous éire dénoncée est une association monstrueuse, qui n'est qu'un simulacre de représentation composée d'hommes inconnus qui se disent des déparlements et qui n'en sont pas; car, dans les départements, il n'y a que des citoyens amis des lois, il n'y a pas de stipendiés de Coblentz. »