‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 21 sur 200 · LIVRE XXVL · texte numérisé non relu

LIVRE XXVL

Od exige à grands cris la lecture des noms qui se trouvent au bas de la pétition. Le président déclare que )a pièce originale n'est revêtue que de cinq signatures, quoiqu'un bien plus graod nombre d'individus soient présents. On demande que chacun des membres de la députation donne ses nom, qualité et demeure. Plusieurs, pour esquiver l'interrogatoire, font ud mouvement de [Miidente retraite; ordre est donné de Termer la barre.

Choudieu et Lamarque, l'un et l'autre fougueux montagnards, plaident tes cirrônstances atténuantes en foveur des pétitionnaires.

H Vous avez reconnu,' dit le premier, la société dont ils sont les interprètes, car vous avez déjà admis une de ses députalions, vous avez accordé une mention honorable aux sentiments patriotiques qu'elle exprimait.

<c Je ne nie point, ajoute l'autre, tes dangers que présente pour la liberté publique l'existence de la société que l'on vous a signalée. Elle se dit composée de représentants de la République, mais ce qui excuse cette prétention, ce qui ta légalise en quelque sorte, c'est que des administrations, égarées par vos décisions, ont cru devoir envoyer h Paris des citoyens des départements pour défendre ta Convention nationale, en leur donnant une espèce de caractère de représentation fédérative armée. Tel a été le résultat des déclarations insensées de quelques-uns de nos collègues sur le défaut de liberté qui préside à nos délibérations. »

Malgré cette défense tant soit peu agressive, malgré les excuses présentées par le pétitionnaire qui s! est donné pour l'organe des quatre-vingt-quatre départements, un

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décret proDonce son arrestation et refuse les honneurs de la séance à ceux qui l'ont accompagné.

Cet incident n'eut pas de suites immédiates. Durant plusieurs jours, la Convention put délibérer avec quelque calme sur la nouvelle organisation du pouvoir exécutif et entendre le rapport de Condorcet sur la Constitution. Mais le feu couvait sous la cendre. La crainte d'une disette prochaine se propageait de jour en jour dans la population parisienne; dès la pointe du jour les portes des boulangers étaient assiégées par une multitude affamée qui, se croyant à la veille de manquer de pain, cherchait à en faire provision et contribuait ainsi à augmenter l'intensité même de la crise qu'elle redoutait. On annonçait de tous côtés que les réserves des boulangers ne suffiraient bientôt plus aux demandes toujours croissantes. Pouvailr-il, du reste, en être autrement avec la méthode adoptée par la Commune pour l'approvisionnement de Paris? Afin de procurer, prétendaitr-elle, aux habitants les moins aisés le pain à un taux modéré, elle faisait acheter par l'Intermédiaire de son Comité des subsistances toutes les farines qui se présentaient sur le carreau de la balle et les revendait aux boulangers à un prix moindre. La différence était de 8 livres par sac et constituait une perte de 12,000 livres par jour. Il était à craindre que cette perte, déjà énorme, ne s'accrût encore. En effet, quand il fut de notoriété publique que le

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