LIVRE XXVI. 4a
répond : « La Conveiilion s'occiipeia de l'objet de vos sollicitudes. Mais soyez persuadées qu'un des movcn^ de faire liaiisser le prix des denrées est d'elTiayer io commerce, en criant sans cesse à l'accaparement. I.a Convention s'occupe en ce moment, dans ses Comités, de l'objet de vos demande:! ; elle vous invile aux lioiincurs lie la séance. «
Les citoyennes pétitionnaires, [leu em])ressées d'jiicepter ces honneurs, sortent tuintiluteuseaient et si.ré|)andent dans les couloirs et dans les vestibules en criant : « C'est une dérision; on nous renvoie à d;'it\ jours ; quand nos enfants nous demandent du lait, nous ne les ajournons pas au surlendeaiain^. » Naturelienienl leurs récits ne contribuent pas peu à animer les fauteurs d'émeutes. Fidèles à leur tactique babituelle, ceux-ci avaient, le premier jour, mis en avant les femmes, se réservant de se montrer en temps opportun. Ix lendemain paraît un article furibond de Marat : « Quand les lâches mandataires du i^uple, disait le misérable follicHiairc. encouragent au crime par l'impunité, on ne doit pas trouver étrange que le peuple, poussé au désespoir, se fasse lui-même justice. Laissons là les mesures répressives des lois. Il n'est que trop évident qu'elles ont toujours été et seront toujours sans effet ; dans tout pays où les droits du peuple ne sont pas de vains titres constatés fastueusement dans une simple déclaration, le pillai^e de quelques magasins, à la jtorte desquels on pendiviil les accapareui's, mettrait fin aux malversations. »
<■ liévoliiiions de Paris, n°1'J0.
DictizedbyGoOJ^IC
m H'STOmE DE LA TERREUR.
Gel appel au meurtre et au pillage est comrueQté dans plusieurs sectious, notamment dans celles de l'Oratoire et des Gravilliers. On y vojt des oITicîers municipaux en écharpe, qui semblent légaliser par leur présence tous les désordres qui vont éctalerj à leur (ête, se distingue Jacques Roux, le prêtre apostat qui avait conduit Louis XVI au supplice et s'ê(ail décerné à luimOnic le surnom de Marat de la Commune. Il n'en fallait \>ss tant pour mettre lefe^ aux poudres; bientôt dans chaque rue, dans chaque carrefour, se fornaent des groupes d'hommes à âgure sinistre. Des cris de : lUort aujo accapareurs! se font entendre. La force armée ne parait nulle part; elle semble vouloir laisser le champ libre à l'émeute; le commandant général, Santerre, suivant sa louable coulume, s'est esquivé dès la pointe du jour et est parti pour Versailles, sous prétexte d'organiser de nouveaux bataillons de gendarmerie. On commence par enlever Je pain qui se trouve chez les boulangers, mais ce médiocre bulin ne peut satisfaire les principaux agitateurs. Ils font circuler, parmi leui's aiïid<is, le mot d'ordre convenu : Mettons à la raison les épiciers! De tous les côtés onse porte dans le quartier des Lombards, où, à cette époque plus encore qu'aujourd'hui, était concentré le commerce du savon, du sucre et des autres denrées dont le renchérissement faisait l'objet des plaintes continuelles de la population parisienne. Les marchands qui veulent s'opposer à la violation de leur domicile et de leurs propriétés sont l'objet des sévices tes plus graves. Plusieurs sont menacés de la lanterne s'ils osent résister au peuple souverain. Les magasins sont envahis;
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