LIVRE XXVI. SI
on coniiiience par distribuer les marchandises au prix auquel les meneurs, hommes el Temmes, les Uixent euxmêmes. On agit d'abord avec un certain ordre, mais les derniers arrivants écartent violemment ceux qui se trouvent déjà pourvus. Chacun prend de force et sans payer ce qui est à sa convenance. Les tonneaux de cire, de miel, de vin et d'eau-de-vie sont' défoncés, tout est répandu dans le ruisseau, foulé aux pieds. Des cris de joie insensés, des hurlements féroces accompagnent ces scènes dignes de peuplades barbares.
Longtemps après que l'émeute s'est rendue complètement maîtresse du terrain, la municipalité parisienne parait enfm se réveiller de sa léthargie. Le maire, le procureur de la Commune et plusieurs administrateurs de police se transportent sur le théâtre principal du désordre. -Mais leurs efforts ne sont ni bien énergiques, ni bien puissants; ils renoncent vite à faire entendre raison à ceux avec lesquels ils sont peut-èlre secrètement de connivence. Ils se rendent au Comité de sûreté générale pour le consulter sur ce qu'ils ont à faire dans la conjoncture présente. Basire, au nom de ce Comité, instruit la Convention de ce qui se passe dans Paris, et propose d'autoriser, par un décret, la municipalité à prendre toutes les mesures nécessaires pour rétablir l'ordre et au besoin faire battre la générale.
"Le ministre de l'intérieur. Garât, déclare ,quc la meilleure manière de prévenir le renouvellement des troubles, c'est de faire en sorte que l'approvisionnement de la capitale soit assuré jusqu'à la récolte prochaine : " Quel que soit le sacrifice que la Commune
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demande, il est d'un si graud inléi'èt pour la République que les subsistances soient toujours aboodanles à Paris, que, suivant moi, la Convention ne doit pas bésiter un instant à faire de nouvelles avances. D'ailleurs, ces avances ne sont pas un don, car, dans les sous adiiilionnels, la Coninuine offre une bjpolhèque très-étendue. — Eli bien! s'écrie Thuriot, toujours prcl à soutenir les inlérC'ts et à excuser les fautes de la municipalité parisienne, que le ministre indique la somme nécessaire aux besoins de la ca|)itale, et je convertis d'avance en molion la demande qu'il fera. »
Le miaislrc estime que, pour assurer les subsistances de Paris, ii est nécessaire de faire à la ville une nouvelle avance de trois millions sur les sous additionnels de 1792 et de quatre millions sur ceux de 179â. Un décret était préparé d'avance. Il est mis aux voix ])ar le président Dubois-Crancé, qui le doclare adopté, malgré les très-vives réclamations qui s'élèvent des bancs de ta droite.
« Vous dilapidez les Gnances de i'ïilat, s'écrie Salles, je demande l'envoi du décret aux quatre-vingt-quatre départements. Tous les citoyens ont le droit de connaître ce que nous faisons des contributions publiques.
— Non, non! répond la gauctic, ce serait propager les divisions. »
Alin qu'au moins la Convention prouve qu'elle n'entend pas favori.ser une seule localité, Barbaroux réclame une avance de 2,200,000 francs pour Mai'seille; elle serait hypotbéquée sur les domaines comnmnaux de cette ville et sur une créance de 14 millions qu'elle a