‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 32 sur 200 · LIVRE XXVI · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI

la Gironde elle-même renonce à l'idée de frapper Maral d'un décret d'accusation, sans inslniction préalable, sans rapport d'uij Comité. Englobant ie provocateur dans la procédure a intenter contre les pillards eux-mêmes, elle adhère, par l'organe de Vcrgniaud, à la rédaction suivante, proposée par Mcaulle :

" La Convention, délibérant sur la dénonciation qui lui a été faite d'un écrit de Marat relatif aux troubles, aux pillages et taxations de denrées, qui ont eu lieu hier dans la ville de Paris, renvoie la dite dénonciation aux tribunaux ordinaires, charge le ministre de la justice de faire poursuivre les auteurs et instigateurs des délits, et d'en rendre compte sous trois jours à la Convention*. »

Pendant que l'Assemblée nationale se livrait à <^es débals orageux, le Conseil de la Commune faisait, à sa manière, une enquête sur les causes de l'émeule. Si les plus infâmes provocations avaient trouvé des défenseurs

t . Pur un décret formel de la Convention, la poursuite des crimes et délits commis à l'occasion des pillages do février fut confiée au tribunal criminel de Seine-el-Oise. Hais cette poursuite fui failn tri-amollement; au bout de irois mois d'instruction, le 21 mai 1793, on ne trouva à traduire devanl le jury que quelques individus de Irésminime importance. La plupart furent acquittés, le principal inculpé fut condamné k un an de prison et plusieurs femmes se virent infliger une simple amende. Le tribunal n'avait pas osé comprendre Marat dans l'accusation déférée au jury.

C4 lIISTOritE DE LA TEIIRKLR.

(luns le sein de l'AsseniLlou, à plus forte l'aisoii fîneitii; i!o Sanleire devail-elle en avoir à rilôtel de Ville. Une < loi ibL'i-a lion solennelle doclara qu'il n'y avait aucun blàine a iiiipuler au commandant de la force armée, cl que la seule mesure à prendre était de rédiger une adrc>se à la Convention pour lui demander d'édicter une loi qui punirait les uccaparenienls, supprimerait la liberltr du commerce des grains, int!^rdirail*la vente des espèces monna\ées, diminuerait le nombre des assignats en circulation et piononcerait des [)eines sévères, même la mui't en cerlalns cas, contre tout contrevenant à ces dispositions nouvelles.

Ainsi chacun proposait un remède à la lèpre affreuse de la misère qui rongeait la France, et les empiriques donnaient libre carrière à leur imagination. Cliaumelte, an sein du Conseil général, oubliant ce qui s'était passé <[ttelq nos mois auparavant à l'occasion du camp sous Paris', déclarait que la population indigente de la capitale ne serait tranquille que lorsque l'Éiat lui aurait assuré du travail en entreprenant de nombreux travaux publics. A la (Convention, Carra proposait le rétablissement de ces cliambrcs ardentes crét'cs à plusieurs reprises sous l'ancien régime, pour faire rendre gorge aux trailanls; Chabot voulait qu'on feniijit la Bourse de Piii'iri et présentiiit un vaste plan de finances d'après Icijucl tous les assignats émis depuis le commencen.ent de la Uévolulion devaient être rembourséa en moins de deux, années.

,1. Voir t. IV. p. 2i!>.

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