LIVRE XXVII. 9t
rapprorisioDnemeDt général de l'armée. Il n'était pas rare de voir un convoi d'armes, de poudre ou de farine, arrêté ou accaparé par un corps auquel il n'était pas destiné. Tant que l'armée avait marché en avaot, on avait cru que le désordre ne durerait qu'un temps trèslimité, et on avait pris patience. Mais lorsqu'elle fut entrée dans ses quartiers d'hiver et qu'il fallut vivre sur un pays où les denrées s'épuisaient ou se cacliaient, le mal apparut à découvert et prit bientôt d'immenses proportions '.
Dumouriez vmt tout exprès à Paris pour dévoiler au pouvoir exécutif la situation affreuse dans laquelle Ee trouvaient ses troupes. Il y passa tout le mois de janvier. Mais les mémoires qu'il adressa au conseil exécutif et aux divers corailés de la Convention n'eurent d'autre effet que de faire augmenter, par l'Assemblée, l'étendue des pouvoirs dont étaient revêtus les représentants du peuple aux armées *. Il réussit mieux à
1 . Nous avons réuni h la Go de ce volume des lellrea confldentielles de Dumouriez, de Beurnonvîlle et de Biron; elles peuvent donner une idée du déndment auquel se Irouvaient réduites les armée» françaises au commencement de 1793.
i. Séance du 26 janvier, voir le Moniteur, n* S8, le Journal des débats et décréta, n° i30. Voici le texte même du décret qui Tut rendu Il cett« occasion sur la proposition de Lacroix ; ■ La Convention autorise ses commissaires â prendre toutes les mesures, mAme de sùrelé-
DictizedbyGoOJ^IC
ai HISTOIRE DE LA TERREUR.
faire adopter ses plans de campagne coDli-e la HollaDde, et surtout à obtenir du pouvoir exécuUf le sacrifice d'une grande expédition dans t'Inde, ayant pour but d'occuper l'Angleterre de ses propres périls et de détourner son attention des affaires européennes. Le général en chef de l'armée de Belgique n'eut pas de peine à. renverser l'échafaudage de ces projets gigantesques et à démontrer qu'il était impossible d'envoyer assez vite Ie.s forces navales indispensables pour surprendre les Anglais et tes chasser de leurs possessions asiatiques; que la rareté du numéraire faisait d'ailleurs une loi de consacrer toutes les ressources de la France à la guerre continentale, h la défense de la patrie*.
générale, que les circonstances rendront nécessaires ; leurs délit>érations prises ou k prendre seront exécutées provisoirement, à la charge par lesdils commissaires d'envoyer, dans les Tingtr^uatra heures, copie des arrêtés et délibérations, pour être inSrmés ou confirmés parla Convention, n
Malgré l'insistnnce de plusieurs montagnards, l'Assemblée décida en même temps que les commissaires BUS armées continueraient d'être nommés par le bureau, et non au scrutin et par appel nominal. Les démagogues s'élevaient contre ce mode, parce que les fonctions de président et de secrétaires éUiient généralemenj^ remplies par leurs rivaux. Lorsqu'ils se furent saisis do pouvoir, ils firent pas^r au Csmilé de salut public, dont ils disposaieot, le droit de nomination, i;t ne demandèrent plus que l'on eût recours au mode qu'ils avaient réciiimé si vivement quelques mois auparavant.
< . Nous avons retrouve le procès-verbal de la séance dans laquelle Dumouriez parvint à faire renoncer le pouvoir exécutif à ses projets sur l'Inde.
a Le Conseil exécutif provisoire étant rassemblé à l'Iieure accou- 'luméc, le général Dumouriez ayant été appelé, la discussion s'est éla-