LIVRE X.XVII. n
Il De pul malheureusement pas empêcher une autre expédition, que le ministre de la marine projetait d^uis plusieurs mois, et qui était sur le point de se réaliser.
Des réfugiés, italiens avaient persuadé au conseil exécutif que le peuple de ta Sardaignc était mûr pour la liberté, et que les Français n'avaient qu'à se présenter devant celte tie pour y être reçus comme des libérateurs. Il y a toujours péril à prêter l'oreille aux suggestions des proscn'ls. Le roi de Prusse et l'empereur
blie sur les moyens de soutenir les efforts des e réunir contre la République française, et particulièrement sur cette question, savoir si la République doit et peut, dan^ cette campagne, b'in la guerre sur mer en même que sur terre, et conséquemment s'il convient de préparer une expédition dans l'Inde.
■ D'après les différents Taits exposés par la ministre de la marine, d'après le grand nombre de considérations présentées dans cette conférence, l'opinion s'est généralement fixée sur les points suivants ;
( La Ootte TraDcaise qui se trouve dans la Méditerranée se trouvant très-fatiguée par les tempêtes i l'armement de 30 Taisseaux, qui se fait à Brest, ne pouvant réellement être terminé à l'époque pour laquelle il a été annoncé; le mauvais succès de quelques demandes failesi Calais et b Boulogne donnant lieu de prévoir de grandes difficultés à se pourvoir du nombre de matelots nécessaire pour cet armement; l'impossibilité défaire partir pour l'Inde des forces navales suffisantes avant quelesAnglals aient le temps d'y porter une escadre; l'état des finances et l'excessive rareté du numéraire ne permettant pas d'espérer qu'on puisse réunir des espèces en assez grande masse pour saflire i la consommation de la guerre maritime en même temps qne des armées de terre portées à l'eilérieur de la République ; la prudence prescrivant de réserver la plus grande partie des moyens pour saivreavecplus de vigueur la guerre offensive sur le continent:
t II paraît convenable, quant à présent, de se borner li mettre l'Ile de France dans nn bon état de défense. ■
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n HISTOIRE DE LA TERREUR.
d'Allemagne savaient ce qu'il leur en avait coulé pour s'être lancés au milieu d'un pays inconou, sans magasins, sans réserves, sans approvisioDoements, sur la seule espérance, dont les émigrés les avaient flattés, de voir tes populations accourir à leur rencontre et fourDir à tous leurs besoins. C'était la même faute que la France révolutionnaire allait commettre en envoyant, sur des promesses de même oature, sa flotte et ses soldats en Sardaigne.
Il ne s'agissait de rien moins que d'opérer une descente, dans la plus mauvaise saison de l'année, sur une côte où les écueils et les bancs de sable forment presque partout une défense naturelle; de conquérir, avec quelques milliers d'hommes, une île vaste et insalubre, dont les habitants ont les mœurs sauvages et guerrières qui rendirent si difficile aux Génois, et ensuite aux Français, la soumission de la Corse.
Les entreprises les plus folles trouvent toujours des approbateurs. Les raisons et les encouragements ne manquèrent donc pas à celle-ci. C'était, disait-on, le meilleur usage que l'on pût faire de la flotte considérable rassemblée à Toulon, la plus utile diversion que l'on pût tenter pour empêcher le Piémont de concentrer ses forces en Savoie et dans le comté de Nice; ce devait être le complément nécessaire de notre domination en Corse, le gage assuré de notre suprématie dans la Méditerranée.
Écho des passions de sa. ville natale, Barbaroux gourmandait chaque jour la lenteur que le ministre semblait mettre à ordonner les derniers préparatife de