I. Voir le discours de Barbaroux, Moniteur de f793, n
1. On trouvera a la fin de ce volume deux pièces consUtant l'ar- <lflnt républicsnisme que professait, en 1793, celui qui devînt grand r^érendaire de la Chambre des pairs sous la Restauration.
3. Telle était la mission ostensible des trois commissaires de la Convention ; mais ils en avaient une autre beaucoup plus importante: c'était de surveiller la conduite de Paoli, dont la toute-puissance sur ses compatriotes était encore entière, mais qui déjii semblait vouloir s'en servir pour se rendre indépendant. Les deux premiers commissaires ne firent en Corse qu'un séjour de quelques mois. Lacombe- Saint-Uicbel, ofGcier d'artillerie très-distingué, resta seul et ne re\ inl en France que dix-huit mois après [juin t79i}. Lorsque Paoli eut proclamé que tous les liens étaient rompus entre la Corse et la France, et appelé les Anglais à son secours, ce fut Lacombe-Saint-Hichel qui, avec des forces très-peu considérables en proportion de cellps dont son adversaire disposait, loi tint tète et conserva cette Ile à notre patrie.
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les préparatirs D'avançaieat pas. Les oavires de commerce, aiTrétés depuis deux mois, restaient oisirs dans les ports de Marseille et de Villefranche.
Il n'y a rien là qui doive étonner, le désordre et la dilapidation n'étant pas moindres dans l'administration des fournitures de la marine que dans celle des rouraitures de la guerre. Quand on voulut embarquer le biscuit, on s'aperçut qu'il était pourri; au lieu de diviser les provisions de poudre sur uq certain nombre de navires, on les accumula presque toutes sur un seul bâtiment, qui Tut rejeté vers la cale d'Italie par la tempête et ne put arriver à temps. Ou n'avait préparé ni numéraire pour le prêt des soldats, ni chaus-* sures, ni effets de campement. Le conseil exécutif avait délégué aux autorités militaires et maritimes de Toulon le soin de désigner un général pour commander les troupes de débarquement. L'amiral Truguet, qui avait été depuis trois mois l'âme de l'expédition et avait naturellement réservé à la flotte le rdie le plus important, prit en passant en Corse le général Casablanca. Celui-ci n'avait aucune des connaissances nécessaires pour conduire à bien une entreprise aussi dilTicile. il aurait fallu un olBcier supérieur ayant fait ses premières armes dans la guerre d'Amérique et habitué aux opérations maritimes; il aurait fallu 15 ou 20,000 hommes d'infanterie, aguerris et déterminés, une artillerie bien équipée et quelques escadrons de cavalerie pour éclairer les troupes de débarquement.
Loin de là, on n'avait affecté à l'expédition qu'un millier de soldais de ligne, à prendre dans les trois
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régiments qui tenaient garnison en Corse, six mille volontaires des Bouches-dn-Rhône et huit cents volontaires corses. Les équipages de la flotte avaient été ramassés à la hâte dans les ports de la Méditerranée et contenaient im certain nombre de clubistes qui s'étaient accoutumés depuis longtemps à signifier et imposer leurs volontés à lears chefs*. Les six mille volontaires dos Bouclies-du-Rhône formaient ce qu'on appelait la Phalange marseillaise. Soit réunis en corps spécial, soit dispersés dans les rangs de la garde nationale, ils avaient pris une part très-active à toutes les agitations dont le Midi avait été le théâtre depuis trois années; les plus ardents d'entre eux venaient de rentrer triomphalement à Marseille, après avoir été faire à Paris le 10 août et le 2 septembre '. Le général Brunet, successeur d'Anselme au commandement de l'armée des Alpes maritimes, se montra fort peu disposé à recevoir parmi ses troupes réguhères une bande aussi indisciplinée, un renfort aussi dangereux. Il s'empressa de
1. Voici comment s'exprime une letlre écrite d'Ajaccio au moniteur et dalée da 3| décembre n9î {.Voniteur de i193, W 27) :
• Il n'f a pas assez de discipline à bord des équipages, on a manqué un de ces jours de pendre un homme qui, le lendemain, a été reconnu très-innocent de ce dont les agitateurs l'accusaient. Cette leçon n'a cependant pa^t été perdue pour les matelots ; car, voyant en quels Taux pas quelques pendeurs de profession les entraînent, ils en ont dénoncé un qui sera chassé de la Botte. Il est fâcheui qu'il n'y ait pas une justice plus sévère pour ces pendeurs qui se font un jeu d'assassiner et un honneur de s'en vanter. On peut juger des mauvais effets qu'une (elle conduite produirait en pays étranger. ■
t. On trouvera à la fin du volume une série de documents relatirs à la phalange marseillaise; nous y renvoyons nos lecteurs.
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mettre les volontaires provençaux à la disposition de l'amiral Truguet, sans se préoccuper autrement de la manière dont ces soldats d'une espèce toute particulière se comporteraient dans une entreprise un peu plus sérieuse que celles dont ils avaient jusqu'alors été les héros.
La phalange marseillaise qui, sur le papier, et pro-' bablement dans les états de revue que l'on présentait au trésor, comptait pour six mille hommes, n'en fournit que quatre mille au moment de l'embarquement. Le 8 janvier 1793, 39 vaisseaux de transport, escortés par plusieuns navires de guerre, partirent deVillefranche et firent voile pour la Corse. Mais, arrivée en vue de cette tle, la flotte fut assaillie par une tempête épouvantable. En essayant d'entrer dans le port d'Ajaccio, quelques bâtiments de haut bord se perdirent, notamment le Vengeur, vaisseau tout neuf de 80 canons *. D'autres, plus heureux, purent aborder sans grandes avaries; mais le plus grand nombre se réfugia dans la baie de Saint-Florent, près de Bastia, DOtammeut le Commerce de Bordeaux, vaisseau de 7A, qui avait à son bord le général d'âilaire-Ghanvert, commandant en chef des volontaires marseillais.
Deux jours après, ayant voulu reprendre la mer, cette partie de la flotte fut rejetée sur les câtes de Provence ; elle n'arciva en Sardaigne qu'après les déplorables événements que nous allons raconter.
I . H ne faut pas confondre ce vaisseau avec celui qui a immortalisé ce nom en sombrant glorieusement près de Brest, à la Bn do combat des 10-13 prairial an ii.