‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 55 sur 200 · LIVRE XXVIIT · texte numérisé non relu

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laii-eâ déjà fourais \>at lui aux armées de terre et de iner.

Vingt-quatre heures après la réceptioa de la loi réglaot ce coDtingeDt, les Directoires de départemeot feroDt la répartition des hommes à fournir par les districts de leur ressort; dans ce même délai, les Directoires de distHct fixeront le contingeat de chaque commune.

Le Directoire de département est tenu d'envoyer un commissaire par district, et chaque district, Un par canton, pour suivi'e et surveiller dans les diverses communes les opérations relatives à la levée.

Les administrateurs composant les Directoires de département et de district, les procureurs généraux des départements et de district, les procureurs-syndics des commuDes, les maires et les officiers municipaux, les membres des tribunaux civils et criminels, les grelBers, les commissaires nationaux, les juges de paix, les receveurs de districts, sont exemptés de concourir à cet appel.

Pendant trois jours, il sera ouvert dans toutes les communes de la République un registre sur lequel se feront inscrire tous ceux qui voudront se consacrer à la défense de la patrie. Dans les communes où l'inscription volontaire n'aura pas produit le total des hommes réclamés, tes citoyens, convoqués à cet effet, seront tenus de compléter ce nombre. Celte opération devra se faire sans désemparer par la voie du sort, par la désignation directe ou par tout autre mode qu'il plaira à la majorité des concitoyens d'adopter.

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C'était, OD le voit, une large porte ouverte a l'arbitraire des tyrannies locales, de toutes les plus difliciles à réprimer, les plus insupportables à subir. La Convention fit un pas de plus dans cette voie funeste en 'Violant le principe de la non-rétroaclivité; elle déclara que les citoyens, qui s'étaient fait remplacer lors des levées précédentes, seraient encore obligés de concourir avec les autres citoyens à la levée actuelle.

En même temps que l'on réorganisait l'armée, il follait penser au nerf de la guerre, aux tinaoces. Mais il est encore plus facile de faire sortir de dessous terre ■ les hommes que les écus. En pareille matière, il est dangereux de se 6er à l'enthousiasme d'une nation ; l'argent ne se laisse pas si facilement entraîner que les cœurs.

Cambon, l'organe babituet du Comité des ânance». vient le 1" février dérouler à la tribune le tableau peu rassurant de la situation. Son rapport constate les faits suivants :

Au !"■ février 1793 , il a déjà été fabriqué pour plus de 3 milliards d'assignats. Défalcation faile de ceux rentrés et détruits, il en reste en circulation pour plus de 2 milliards 300 millions. Le Trésor public est à peu près vide, il n'existe plus en caisse qu'environ 30 millions. L'arriéré des contributions s'élève au chiffre énorme de 6f|8 millions. Les recettes ordi-

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naires, tant pour les contributions directes que pour les contributioDS indirectes S montent à 220 millions ; il est vrai qu'à ce chiffre s'ajoutent 41 millions de dons patriotiques ; mais il est difficile d'en espérer autant pour les années suivantes.

Depuis que la guerre est commencée, la République dépense 200 millions par mois ; il n'y a que des ressources extraordinaires d'un genre tout particulier qui puissent faire face h des dépenses si exorbitantes. Ces ressources sont les biens du clei^é et ceux des émigrés. Des premiers l'on a déjà vendu pour 1.850 millions, il n'en reste à vendre que pour 380 millions. Il faut maintenant songer à faire ressource des seconds en y joignant les biens de la liste civile, ceux de l'ordre de Malte et des collèges, enfin les palais épiscopaux, qu'on reprendra aux nouveaux évoques moyennant le payement d'une indemnité de logement. Le nombre des émign'-s peut être évalué à soixante-dix mille, et le chiffre de leurs propriétés à 5 milliards, dont 3 suffiront pour payer les dettes des anciens possesseurs.

« Les â milliards restant disponibles, ajoute Cambon, sont plus que suffisants pour mener à bonne 6n la guerre contre les despotes européens. De cette manière, les anciens privilégiés, en s'armant contre nous, auront fourni les moyens de repousser les ennemis qu'ils nous

1. Les contributions indirectes se composaient du produit des postes, des douanes, du timbre, de l'enregistrement, des messageries et des loteries (l'impôt du sel et du labac ayant é^é aboli) : elles produisaient 70,000,000. Les contribution» directes se montaient à «50,000,000.

fit HISTOIRE DE LA TEKUia'K.

suscitent, de maintenir la suuveriiinelé oatiouaie qu'ilt^

dénient, d'établir la liberté et l'égalitéqu'ils méprisent, u

Enfin, il est une autre ressource que le financier montagnard fait largement entrer en ligne de compte, c'est l'indemnité due à la République par les nationi> délivrées, grâce à dos armes victorieuses, du joug de leurs tyrans. « Les révolutions , dit-il , ne peuveal se faire avec des contributions extraordinaires, parce que ces contributions pèsent sur la partie laborieuse et iudigente du peuple; elles ue peuvent se faire par des emprunts, parce que personne ne veut prêter à une nation qui, voulant être libre, n'a pas encore de gouvernement'. Il ne reste donc d'autres ressources aux peuples affranchis que de réaliser la valeur de leurs biens nationaux pour s'acquitter envers nous. C'est ce qu'ils feront, n'en doutez pas. »

Convaincue par les arguments du rapporteur, l'Assemblée adopte sans débat les conclusions du Comité des finances, qui propose de créer 800 millions de oouveaii'i assignats devant avoir pour gage les biens des émigrés, puisque ceux du clergé sont déjà dévorés.

1. Dans un autre passage de son rapporl, Cambon disait: «Si nous voulions dans ce niomenl contraclor un emprunt, les gens à porlefeuille, qui calculent sur la misère publique, nous diraient : A qui voulez-vous que nous prêtions? A la République francaiseT Nous ne la connaisBons pas. Il n'eiisto aucun gouvernement. Lorsque la Constitution sera terminée, si elle nous convient, nous verrons ce que nous aurons à Taire. ■

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Les ressources eo booimes et eo argent étant ainsi provisoirement assurées, il faut songer à réaliser dans un bref délai les indemnités dues par les nations auxquelles on a donné la liberté. De toutes, la plus en état de payer largement les frais de la guerre que l'on a portée chez elle, c'est la riche Belgique. Mais il Taut observer au moins certaines formes et ne paraître devoir qu'à l'enthousiasme des peuples ce que l'on pourrait exiger par la force des armes. D'ailleurs, peuton, sans fouler aux pieds les principes de modération et de désintéressement naguère si hautement proclamés, incorporer ces provinces à la République, avant que les citoyens aient été consultés, au moins pour la forme, avant que les nouvelles autorités, imitant l'exemple des municipalités savoisiennes, aient donné le signal de TannexioD?

Hais ces autorités ne semblent pas disposées à se livrer aux démonstrations que les commissaires du pouvoir exécutif se croient en droit d'attendre d'elles. Elles sont composées, au moins en grande partie, de citoyens liés au pays par des relations de famille et des intérêts considérables. Malgré leur origine*, elles n'ont pas tardé à réagir contre des exigences chaque jour de plus en plus intolérables. Aussi les agents du pouvoir exécutif, sentant leur manquer le point d'appui sur

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