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suivre les détails ni donner à toutes les troupes une ilirectiOD utile.
Dans l'intërét des finances comme dans celui du œmmandement, il fallait profiter du vide immense qui s'était fait dans les ran.^s de l'armée pour la réorganiser lie Tood en comble et la nattoitaliser, suivant l'expression de Dubois-Crancé.
Ce résultat devait être obtenu, selon le rapporteur, par trois mesures principales : 1° accorder ta même solde auK troupes de ligne qu'aux volontaires; 2* composer de nouveaux régiments en amalgamaot un ancien l>ataillon de ligne et deux bataillons de volontaires; 3° appliquer aux nouveaux régiments un mode d'avancement où se trouveraient combinés l'élection, alors en usage dans la garde nationale sédentaire et active, avec les droits de l'ancienneté, et la faculté du choix, régime maintenu dans les troupes de ligne.
Les débats que souleva le rapport de Dubois-Crancé occupèrent plusieurs séances; les opinions les plus divergentes se manifestèrent. Essayons de donner une idée de la discussion en citant quelques passages des discours des principaux orateurs qui, du reste, firent souvent plutôt assaut d'éloquence et d'enthousiasme que de logique et d'expérience * .
Barère. — « Il est impossible de vouloir en ce moment réorganiser l'armée. Les bataillons de volontaires, ces phalanges innombrables, dispersées partout,
I. La diiK-ussion sur ceUe loi imporUDle se prolongea depuis le 7 jusqu'au U ïè\nc.T. Elle su trouve éparee dans le .Vonileur du n» il an n" Gi.
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lit HISTOIRE DE LA TERRKI;R.
ne coonaissent d'autre amalgame, que celui de la liberté et de la victoire. La liberté ne veut pas de grands corp); d'armée. Des bataillons multipliés, divisés par leur régime, sont les éléments de force publique les moins dangereux. Mais, d'ailleurs, dans l'état actuel comment pourriez-Tous faire l'incorporation proposée par Dubois- Crancé? L'armée de Valence est presque entièrement composée de troupes de ligne, celle de Dumouriez, presque entièrement de volontaires... Ignore-t-on dans quelle position nous sommes? Quarante-deux mille Prussiens sont aux portes de Longwy; Custine est entouré par une armée supérieure à la sienne ; les flottes d'Angleterre croisent dans nos mers; la Hollande et l'Espagne font de grands préparatifs...
— u Tant mieux ! n s'écrie une voix partie de l'extrême gauche.
— (i Oui, tant mieux! reprend Barère. Je connais les Français. Loin de diminuer leur courage, le nombre des ennemis ne fera que l'accroître. L'année dernière nous avons fait repentir l'étranger d'avoir osé souiller la terre de la liberté, et cependant nos années présentaient le désordre d'une organisation nouvelle et précipitée. C'est encore avec ce désordre majestueux et imposant qu'elles feront la seconde campagne. Ixs despotes de Vienne, de Berlin, de Madrid et de Londres ne font ni discours, ni rapports, ni plans; ils réunissent, ils complètent leurs années et nous présentent la bataille; acceptons-la. » '
Saint-Jusl. — « L'unité de la République exige l'unité dans l'armée. I^ patrie n'a qu'un cœur. Il ne
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faut pas que ses enfaots se te partagent avec l'épée. Je ne connais qu'un moyen de résister à l'Europe : c'est de lui opposer le génie de la liberté. On prétend que le» élections militaires doivent affaiblir et diviser l'armée, que l'instabilité de l'avancement peut dégoûter les chefs, porter les soldats à la licence, énerver la discipline et compromettre l'esprit de subordination. Tontes ces difficultés sont vaines, il faut vaincre l'armée si vous voulez que l'armée vainque à son tour. La patrie est-elle donc esclave de ses gens de guerre? Si vous laissez les nominations de tant de places entre les mains des généraux ou du pouvoir exécutif, vous les rendez puissants contre vous-mêmes et vons rétablissez la monarchie. Règle générale : il y a bientôt monarchie là où la puissance executive dispose de l'honneur et de l'avancement. Il faut que l'antichambre des ministres cesse d'être un comptoir des emplois publics; il faut qu'il n'y ait plus rien de grand parmi nous que la patrie. On ne peut faire une république qu'à force de frugalité et de vertu. Qu'y a-t-il de commun entre la gloire et la fortune? L'élection des chefs particuliers de chaque corps est le droit de cité du soldat. Ce droit ne doit être exercé que dans l'intérieur des corps. Ainsi restreint, il ne peut être dangereux pour la République. Mais une armée ne peut ni s'assembler, ni délibérer; c'est aux représentants du peuple qu'appartient le choix de ceux auxquels est confié le salut du peuple. Il faut que les généraux soient élus par la Convention. »
Garrau. — » Les Lameth à l'Assemblée constituante, les Dumas et les Vaublanc ii l'Assemblée législative.
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1S4 HISTOIRU Di: LA TERBRUR.
parlaient sans cesse d'indiscipline. Eb bien ! rappelezvous ce que vos volontaires ont Tait dans tes plaines de la Champagne, ce qu'ils ont faità Jemmapes; ils étaient indisciplinés comme vous l'entendez , cependant ils ont vaincu. Eh bien, ils vaincront encore, el c'est ainsi qu'ils répondront aux calouiniateurs. «
Gamier (de Saintes) . — «Le système du Comité de défense générale consacre de grands principes; il établit l'unité de force, l'unité de régime, l'unité de récompense; il rapproche tous les défenseurs de la patrie par le lien de l'égalité; mais estr<e bien le moment aujourd'hui de transformer dos régiments en corps électoraux ? Le temps des élecUons est un temps d'agitation et de cabales; l'intrigue va parcourir tous les rangs de l'armée, depuis le soldat jusqu'au capitaine, chaque individu briguera les suffrages et dirigera ses pensées et ses sollicitudes vers un grade, lorsque son ambition tout entière devrait se porter vers la victoire. »
Serres (des Haules-Âlpes). — « Le droit d'élire semble comporter avec lui le droit de destituer. Quel danger ne résulterait-il pas pour la chose publique si te soldat était livré à toutes les inspirations de la malveillance, si l'ofTicier était exposé à tous les caprices et à toutes les intrigues de ses subordonnés? Bien plus. Dubois-Crancé vous propose de faire voter à haute voix; ne sait-il donc pas que, dans certains bataillons, on a vu les grades mis aux enchères ? veut-il donc voir se renouveler de pareils scandales? »
Isnard. — « Ne placez pas éternellement les officiers entre leurs intérêts et leurs devoirs : ils préféreront leurs
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intérêts. De là la bassesse des moyens pour acquérir la bienveillance des soldats; de là le relâchement des moeurs militaires, c'est-^-dire la dissolution de la chaîne électrique qui, tant de fois, conduisit l'armée française à la victoire. Mais, dites-vous, vous voulez enlever aux j^rdes nationales leurs droits... Leurs droits!... Quand la patrie requiert uo de ses enfants pour sa défense, soit comme général, soit comme soldat, il n'a plus de droits, il n'a que des devoirs. »
Buzot. — « Conservons l'avancement par ancienneté de service. C'est le système qui a pour lui t'expérience de tous les temps et de toutes les nations ; c'est le mode le plus expéditif en temps de guerre, c'est te seul praticable, lorsque les bataillons sont dispersés par détachements. Craignons d'affaiblir la sévérité de la discipline; ne changeons pas les ressorts d'une machine au moment où elle est en action ; battons-nous comme se sont battus les vainqueurs de Jemmapes. A la paix, nous aurons le loisir d'entendre les gens à système. »
Aubry. — « J'obéis à ma raison et à mon expéricDce en vous disant : si vous avez des cadres pour huit cent mille hommes, réduisez~les; mais avant tout con-, servez sous les drapeaux des capitaines et des lieutenants de ligne, qui ont trente ans et quarante ans de service ' .
1. Aubrv fut Gdèle, en novembre 1794, au principe qu'il émelUiit en février 1 793. Entré su Comité de salut public quelques mois apri's le 9 thermidor, il mit en disponibilité un grand nombre d 'officie rs, notamment Bonaparte, depuis peu promu au grade de général de brigade; ce qui lui attira de la part du jeune vainqueur de Toulon 1» Tameuae réponae : c On vieillit vite su feu! - Tous deux avaient
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liG HISTOIKE DK LA ÏEKRKUH.
L'obéisBdQce passive, sans laquelle il n'y a pas de succès k la ^erre, est impossible eatre le citoyen qui élit ei le citoyen qui est élu. L'égalité des droits ne donne pas l'égalité de l'intelligence et de la bravoure. »
Malgré toules les critiques de détail, le système présenté par le Comité de défense générale triompha sur presque tous les points et fut consacré par les lois des 2Ù. et 26 février, que nous allons analyser brièvement.
Toute distinction ou différence de régime et de solde eatre les régiments de ligne et les bataillons de volontaires est abolie. Les armées de la République recevront, par l'amalgame d'un bataillon de ligne avec deux bataillons de volontaires, une organisation uniforme. L'exécution de cette organisation est renvoyée à la fin de la campagne de 1793. Mais tout est d'avance disposé de manière qu'elle puisse s'effectuer d'un seul coup au moment voulu. La constitution des étals-majon^ est changée et les dénominations des hauts grades modifiées selon le nouveau système. Les lieutenants-colonels deviennent chefs de bataillon et d'escadron, les colonels chefs de brigade, les maréchaux de camp généraux de brigade, les lieutenants-générRux généraux de
raison ;run, de défendre tn principe les vieux serviteurs delà pairie; l'autre, les brillantes exceptions.
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division, les généraux d'armée généraux en chef. I^-a dignité de man'chal de France est supprimée.
Dans tous les grades, hormis ceux de cher de brigade et de caporal, l'avancemeat doit avoir Heu : le tiers par ancienneté, les deux tiers au choix, mais dans l'intérieur du bataillon où la place viendra à vaquer. Les chefs de brigade seront toujours pris à l'ancienneté parmi les trois chefs de bataillon de la demi-brigade. Les caporaux seront nommés par les volontaires de la compagnie. La partie des places réservées au choix sera donnée au moyen de l'élection à deux degrés ; tous \esi soldats, sous-oflîciers' et olTiciers de la compagnie présentant trois candidats aux officiers du grade à donner, et ceux-ci étant tenus de choisir le plus méritant des trois. Les chefs de corps seront chargés, à l'instant de la vacance, de remplir les emplois réservés à l'ancienneté. Les fonctions de général de brigade seront données aux chefs de brigade, un tiers à l'ancienneté, deux tiers au choix du ministre de la guerre rendant compte au Corps législatif; il en sera de même pour les généraux de division. Les généraux, en chef n'auront plus que des commissions temporaires; le pouvoir exécutif les choisira parmi les généraux de division, sous la ratification expresse de l'Assemblée nationale '.
1. La disposition de la loi qui accordait à l'anciennoté les deux liere des places vacanted de généraux de brigade et de généraux de division ne fut jamais observée; ce fut lrè»-heureux pour l'armée. car ce mode de noroinatioti aurait eu les conséquences tes plus déplorables- En Tait, le Conseil exécutir, ensuite le Comité de salut public, et pluR tard |c ministre de la guerre, firent toutes les nominations de généraux.
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I!R IIISTOIRI- DE LA TERHKLR.
J^s ti-oupes de ligne onl leur solde augiiieolée ei mise au niveau de celle des votoQtaires, auparavant plus favorisés. Mais les hommes qui les composent, étant engagés, sont teous de rester sous les drapeaux jusqu'à la paix, pour avoir droit aux. pensions et grati- Ëcations. Les volontaires ne sont liés que pour une campagne ; ceux d'entre eux qui continueront le service pendant toute la guerre recevront une haute paye.
Tout militaire réformé à la paix, et ayant servi dix ans, les campagnes étant comptées doubles, doit avoir une pension qui s'augmente par les années de service au-dessus de dix années.
Ceux qui n'auront pas dix ans de service seront gratifiés de 60 livres pour une campagne, de 15U pour deux, de 300 pour trois, de 500 pour quatre, etc.
Les défenseurs de la patrie (volontaires et soldats de ligne) pourront échanger leurs brevets de pension contre un bien national, qu'ils pourront acquérir au taux de dix pour cent, 300 livres de pension équivalant à un bien de 3,000 livres.
Une valeur de 400 millions de biens d'émigrés est affectée à ces acquisitions faîtes en échange de pensions militaires.
Tous les citoyens français, de dix-huit à quarante ans, non mariés ou veufs sans enfants, sont en élat de réquisition permanente, jusqu'à ce qu'on ait atteint le chiffre de trois cent mille hommes pour porter l'armée française au complet
Le contingent de chaque département est déterminé en proportion de sa population et du nombre de volon-
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