‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 57 sur 200 · LIVRE XXVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVIII

environoantes '. l£ troisième était Belge, mais pour renchérir sur les démagogues de Paris, qui s'honoraient du titre de sans culottes, il se faisait appeler Charies sans chemise.

Le décret du 45 décembre avait ialroduit en Belgique les procédés révolutionnaires depuis longtemps usités en France : séquestres, con6scations, assignats, etc. Il fut reçu avec stupeur par les autorités municipales, avec enthousiasme par les sociétés populaires. Presque toutes les villes de ta Belgique envoyèrent à la Convention des adresses pour en demander ie retrait ou du moins l'atténuation*. On y invoquait les principes de

t. Danton et ses collègues, dans te but de révcriutionner de Tond en comble la Belgique, avaient appelé daos ce malheureux pays des volontaires d'une espèce loule parlicuiière. « Ce ne sont pas précisément de nouveaux soldats que oous vous demandons, écrivaienl-ils aux autorités des départements de la frontière du Nord, mais bien des patriotes déterminés k proléger efficacement les patriotes belges et à seconder vigoureusement nos opérations politiques, i Comme il n'y avait pas de danger à affronter, mais des violences et des pillages à exercer impunément, ce fie furent pas naturellement les braves gens qui accoururent, mais les mauvais sujets dn toute espèce- Ils arrivèrent coiffés de bonnets rouges, armés de piques, de couteaux ou de mauvais fusils. Dumouriez les accueillit fort mal et se b&ta de les renvoyer dans leurs foyers; mais il en resta ass«E pour former le noyau de l'armée révolutionnaire levée par Estienne avec la tolérance du général qui commandait à Bnixeltesi Ce général était Moreton-Cba brilla u qui, ayant à se venger d'injustices subies par lui BOUS l'ftncien régime, s'était jeté k corps perdti Hatls le parti démagogique. La troupe d'Estienne prit la part la plus active ans violences exercées dans plusieurs villes h l'occasion des élactiaDS et plus tard au pillage des églises.

3. Les principales villes qui prolestèrent contre le décret du 1S décembre furent Bruxelles, Namur, Toamay, Lonvain, Anvers,

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Ilfi HISTOIRE DE l\ TERREUR.

fraternité universelle et de souveraineté absolue des peuples, si hautement proclamés par l'Assemblée française; on y rappelait les promesses coQteoues dans les proclamations de Dumouriez, au moment où il avait mis le pied sur le sol des Pays-Bas*. « Vous êtes. y était-il dit sous mille formes diverses, mais avec une logique irrésistible, vous êtes nos alliés, nos amis, nos frères ; vous n'êtes ni nos conquérants ni nos maîtres. Si la Convention nationale de France rend des décrels exécutables en Belgique sur les personnes et sur les choses, que devient la souveraineté du peuple belge? Cette souveraineté doit avoir les mêmes raractères^ que celle du peuple français; donc elle est une, absolue, indivisible, incommutable. Elle est entière ou elle est nulle, car il n'y a ni demi-justice, ni demi-liberté. »

La Convention tint fort peu de compte de toutes ce!< adresses ; elles les renvoya au Comité diplomatique, avec la recommandation secrète de^ les enfouir dans ses cartons. Au contraire, elle accueillit avec faveur la déit-' béralion que lui apportèrent, le 8 janvier, les délégués de ta Société populaire de Bruges, demandant: 1* de

Moines, Gand, Bruges et Ypres. L'œuvre de Cambon ne ivnconira d'adhéaion qu'A Liëge, Hune et Cliarleroi.

L'avocil Balia avait él^ «lu sous l'inFluence française, te 18 novembre, prfeident de la muDicijialilé de Bruxelles (voir t, V, p. 64): il s'était rendu à Paris, le 4 décembre, pour remercier la Convenlion d'avoir délivré la Belgique du jouf; autrichien, et entendant ce fut lui qui revint un mois plus tard ï la l6ta d'une nombreuse dépulatioa pour solliciter de la même assemblée le rapjort du décret du 1ô d^ cembre; tant la réaction avait été rapide Ht profonde.

>. Voir l. V. p. fis et suivaulcs.

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