LIVRE XXVIIi
La coQli'e-partie Je ces scènes se passa dans un grand nombre de villages et même de petites villes, où l'autorité militaire n'avait pas pu envoyer de troupes. Les délégués des commissaires français n'y eurent aucun succès et Turent obligés de s'enfuir au plus vite. A Ëngbien, près Bruxelles, le fameux ChaHes-sans-Chemise fut accablé de coups et laissé pour mort sur la place.
Dans la seule ville de Lié^e, où l'on savait que la majorité était d'avance favorable à la réunion, les choses se passèi-ent avec plus de régularité et de décence. Mais, par cela même qu'il eut lieu en pleine liberté, le vote fut accompagné de certaines restrictions importantes. La municipalité elle-même les formula. Bien que composée des adversaires les plus déclarés du gouvernement de l'ancien évéque, elle mil poijr conditions à la réunion : 1° qu'en même temps qu'il serait accordé des indemnités aux Liégeois qui avaient autrefois souffert pour la cause de la liberté, il en serait alloué aux membres du clergé, dont les emplois seraient supprimés; 2° que l'on ne donnerait pas au cours forcé un effet rétroactif, c'estii-^ire que, pour le remboursement des dettes contractées entre Liégeois et pour le rachat des rentes constituées avant la réunion, on ne pourrait pas astreindre le's parprésence du général a ramené le calme, n 11 est plus que vraisemblable que les coups de plat de sabre furent les arguments persuasifs dont se servirent les amis <le la France pour manifester leur indignation. La manière dont oo Iraila les opposants de Hons fut une leçon pour ceuK des autres villes qui ne parurent pas au. scrutin. Les documents ofllciels pux-mèmes lais-^ent as$ei facilement comprendre que presque partout le nombre des abstentions fut h-èsconsidérable.
ticuliers à recevoir au pair cette monnaie de papier déjà si fort dépréciée ' . ,
Aussitôt que les réserves de la ville de Liège, furent connues des commissaires de la Conveation, ils Tulminèrent un arrêté déclarant que ce vote devait être considéré comme nul et doo avenu, parce qu'il conleoait des conditions injurieuses et inadmissibles.
La question des assiji^nats tenait naturellement fort à cœur aux promoteurs des décrets du 15 décembre et du 31 janvier; ils comptaient sur la Belgique et le pays de Liège pour en absorber une quantité considérable dès que le cours forcé y aurait été légalement établi. Dans une circonstance récente, Cambon n'avait-il pas comparé les biens domaniaux et le papier monnaie qui en était la repré.^entation à u la manne du désert qu'il fallait faire manger au peuple belge pour lui donner le goût de la liberlt''? »
C'était justement cette question du cours forcé, mêlée à celle du séquestre des propriétés ecclésiastiques, qui avait complètement modifié les dispositions des
I . Voir VHUloire de la Révolution liégeoûe de 17S9 à 1795, ptr Borgnfit, cbap. iiii et xkiii. Cet ouvrage, Irës-conaciencieux, entre, à roccasion de la réunion du pays de Liège ii la France, dans des délatls très-curieux.
î. .'aoniieur, »" 10: Journal des débats et dëcrett, n' *43. p. 411.