LIVRE XXYIII. (S
elles avaient été cominises. A peino si le quart ou tt> liers du produit de ces vols entra réelleraent dans les caisses de l'État. Beaucoup de voitures furent arrêtées sur les routes de Belgique par des paysans ameutés ; parmi les chariots mêmes qui atteignirent la frontière française, plusieurs furent détournés de leur destination appareole et devinrent la proie de œrtaîns dilapidateurs attitrés, que leur omnipotence mit à l'abri des rechercbes.
Dumouriez était sur les bords du Mœrdyck eu attendant le moment favorable pour traverser ce bras de mer.
Il Feçoit coup sur coup les nouvelles du désastre de ses lieutenaals; mais, comme un joueur désespéré qui ue veut quitter la partie qu'après avoir épuisé toutes les chances, il se raidit contre l'infortune, il refuse de se rendre au désir de son année qui le redemande à cor et à cri et ne voit son salut que dans la présence de son général. En vain les commissaires de la Convention lui font-ils les réquisitions les plus explicites, en vain ses conKdents les plus intimes lui adressent-ils les prières les plus pressantes; il perd plusieurs jours précieux et ne se résout à revenir sur ses pas que lorsqu'il s'aper- .çoitque les communications entre l'armée de Hollande et celle de Belgique risquent d'être coupées. 11 donne l'ordre aux généraux Tilly et de Fiers de mettre dans
Bréda et Geriruydemberg des garnisons suffisantes et de ramener le reste des troupes à Anvers.
Dans cette ville il trouve les esprits consterna et par les violences sacrilèges dont la Belgique vient d'être le théâtre et par les arrestations que, la veille, le commûsaira du pouvoir exécutif, le Tameux Publicola Ghaussard, a ordonnées.
Dumouriez déclare nuls et dod avenus les actes des comn[iissaires et donne à Chaussard l'ordre de quitter Anvers à l'instant même. Celui-ci vient avec fracas se plaindre d'être ainsi traité, lui, le représentant du pouvoir exécutif, lui, le délégué des commissaires de la Convention. Il reproche au général d'agir en vizir. Mais il est congédié avec cette réponse ironique : « AHez, monsieur Chaussard, je ne suis pas plus vizir que vous n'êtes Publicola. n Après avoir rassuré les autorités anversoises, Dumouriez court it Bruxelles, où de plus grandes violences exigeaient des réparations plus efficaces.
Le commissaire Chepy avait fait arrêter plusieurs personnages notables, notamment le duc d'Aremberg, et les avait envoyés à Pans à titre d'otages. La première mesure que prend Dumouriez est de faire saisir Chepy et de l'expédier en France sous la garde de la niarédiaussée, eu demandant pour lui une punition exemplaire *; la seconde est de casser et de dissoudre la légion
i . Deux jours après, Chepy était relaité ea vertu d'un arrtié ' signé Camus, Gossuin, Merlin et Treilhard. (Voirie rapport descomnduairwde la Conveniiaii, p, liO.) Ce républicain faroucbe sur-
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