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iosullasseot un de ses membres ; elle a fait une action plus indigne d'elle quand elle n'a pas accablé de toute son indication ceux de ses membres qui ont donné l'exemple d'une pareille conduite. Chaque jour, je me demande si cette assemblée est réellement la Convendoti nationale ou seulement une machine à décrets dans les mains d'une Taction. Je me suis tu longtemps sur un état de choses aussi déplorable, mais ma patience est à bout, — Eh bien, alIez-TOus-en ! s'écrie une voix de l'extrême gauche, — Oui, il n'est^que trop vrai que la Convention, soit pusillanimité, soit faiblesse, se laisse dominer; cette vérité, je dois la proclamer, dussé-je la payer de mon sang!' »
Barbaroux et Louvet défient leurs adversaires d'afûrmer qu'il n'existe dans Paris ni voleur, ni anarchiste, <• Puisqu'il en est ainsi, ajoutent-ils, est-il prudent de dégarnir cette ville de toute force armée? i>
Mais un de leurs amis, Fonfrède, vient lui-même oiïrir une transaction que la majorité se hâte d'accepter. La motion du Jeune Girondin semble en apparence ne concerner que les bataillons envoyés à Paris par les déparlements maritimes et être motivée par la nécessité de pourvoir à la défense ries côtes; mais elle admet le principe du renvoi des fédérés et par conséquent la dispersion de cette troupe, sur laquelle comptait la Gironde pour résoudre, en fait si ce n'est en droit, celte grande question de la force départementale, qu'elle avait, depuis cinq mois, tant de fois et si inutilennent soulevée.
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HISTOIHE DE LA TERRF.US.
Le 8 mars arrivent de Belgique deux des commissaires de la CoDventioD, Danton et Lacroix. Ce dernier DûOQte à la tribune à l'ouverture de la séance et anoonce qu'il est prêt à faire son rapport soit au Comité de dé~ fense générale, soit à l'Assemblée.
Barère demande que Lacroix s'explique tout haut et immédiatement, u On vous a parlé de secrets, mais y eu a-t-il au Comité de défense générale, où des Duées de commis et de secrétaires sonl'admis, où chacun des membres de la Convention a le droit d'entrer à toute heure? Qu'avons-nous besoin de secrets quand nous nous battons avec toutes les forces nationales contre l'Europe coalisée? Le secret ne sert qu'à augmenter les alarmes. Il faut donc tout publier, si nous voulons empêcher les terreurs paniques des hommes faibles et les terreurs scélérates de ces amas d'hommes de boue et de sang qui ne cherchent que des prétextes de trouble. Oui, il est à Paris de ces hommes qui ne demandent pas mieux que d'alarmer les citoyens pour se livrer ensuite au pillage, à l'assassinat; il faut leur ôter tout prétexte. Une assemblée, qui est publique, doit délibérer sur la guerre au milieu de la place publique. Plût à Dieu que la nation entière pût être dans ce moment réunie dans cette enceinte! nous la verrions se précipiter tout entière vers les points menacés pour repousser les satellites des despotes. »
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La parole est donc accordée à Lacroix, qui commence par signaler l'incurie des généraux: chargés de proléger le siège de Maë^^trichl. « Les cantonnements sur la Roër, ajoute l'ami de Danton, étaient disséminés sur plus de ik lieues d'étendue. Il y avait U%s-peu de cavalerie et les avant-postes étaient très-mal renseigoés sur les mouvements de l'enDemi. Les Autrichiens n'ont pas eu la moindre peine à pen^r dos lignes; l'évacuatioa d'Aix-la-Chapelle et celle de Liège ont été la conséquence inévitable de cette surprise. Aujourd'hui les armées de Valence et de Miraoda sont réunies ; mais ce n'est qu'en abandonnant Liège et les généreux Liégeois que l'on a pu réaliser cette jonction. Une partie des magasios qui existaient dans cette ville n'ont pu être évacués à temps ; cependant la caisse militaire, la majeure partie des effets de campement, tout ce que l'année avait de plus précieux est maintenant eu route pour Valencienoes. Gossuin et Merlin sont allés dans les départements du nord pour faire' marcher toutes les gat-des nationales au secours de notre armée. Danton et moi nous sommes prêts h communiquer au Comité de défense générale les mesures que nous croyons propres à combler les vides de l'armée et à faire rejoindre les militaires de tout grade qui se sont absentés avec ou sans congé. »
A peine Lacroix a-t-il quitté la tribune que Robespierre s'en empare et débite un discours plein d'emphase et d'acrimonie : u Je ne me dissimule pas combien paraissent critiques les circonstances; mais, pour un peuple libre, le moment d'un échec est le précurseur
d'un triomphe éclatant ; les avantages passagers des saleliites d'uD despote sont les avant-coureurs de la destruction des tyrans... Nos ressources sont immenses... La cause même de l'échec que nous venons d'éprouver est pour nous le gage qu'il n'aura aucune suite funeste. Il nous reste à purger nos années d'un esprit aristocratique qui s'est réfugié dans les états-majors, â nous débarrasser des traîtres, ,qui seront écrasés comme des insectes par la grande nation destinée à punir tous les tyrans du monde... Que la Convention dégage le peuple français des entraves dont il est environné, qu'elle s'élève elle-même à la hauteur du caractère divin dont elle est revêtue ; car c'est bien une mission divine que celle de créer ta liberté, de diriger son impulsion toute-puissante vers la chute de la tyrannie et la prospérité des peuples. Il lui suflira de tenir sans cesse le glaive de la loîlevé sur la tête des conspirateurs puissants, des généraux perfides, de fouler aux pieds tout esprit de parti et d'intrigue, de ne prendre pour guides que les grands principes de liberté et de bien public, de balayer tous les traîtres, de tendre des mains protectrices aux amis de la liberté, au peuple qui a fait la Révolution et dont la prospérité ne peut être assise que sur les bases de l'Égalité. »
Danton avait laissé à Lacroix la mission de raconter les désastres de notre armée, mais il s'était réservé de proposer les mesures du salut public qui devaient parer à
« C'est au milieu des plus grands dangers, s'écriet-il, que la France a appris à déployer toute son éner-
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gie. Le moment est arrivé où il Taut dire à la nation entière : « Si vous ne volez pas au secours de la Bel- « gique , si Dumouriez est enveloppé dans la Hollande, <i si son armée est obligée de mettre bas les armes, la n patrie est perdue. »
« Le recrutement que vous avez ordonné il y a quelques jours ne peut donner que des résultats tardifs. Ce ne sont pas ceux qui convienneot à l'imminence du péril. Il faut que Paris, cette cité déjà si célèbre dans les fastes de la Révolution, que cette cité tant calomniée, que cette cité qu'on aurait voulu renverser pour servir nos eDoemis, donne encore à la France l'impulsion qui, l'année dernière, a enfanté nos triomphes. S'il est bon de faire des lois avec maturité, ou ne fait bien la guerre qu'avec enthousiasme. Commençons par en appeler au patriotisme des Parisiens. Que la Convention nomme, dès ce soir, des commissaires qui se rendront dans toutes les sections ; que c^ commissaires rappellent à tous les citoyens en état de porter les armes le serment qu'ils ont prêté de maintenir jusqu'à la mort la Liberté et l'Ëgalilé; qu'ils les requièrent, au nom de la patrie, de voler au secours de leurs frères en Belgique. La France entière sentira le contre-coup de cette impulsion salutaire. Nos armées recevront de prompts renforts. Il faut le dire ici, tes généraux ne sont pas aussi réprchensibles que quelques personnes ont paru le croire. Nous leur avions promis qu'au 1" février l'armée de' Belgique recevrait un renfort de 50,000 hommes. Rien ne lui est arrivé. Hâtons-nous de réparer nos fautes. Que le premier avantage de nos ennemis soit, comme
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celui de l'année deniière, le signal du réveil de la nation. Qu'une armée, conservant l'Escaut, donne la main à Dumouriez, et les ennemis seront dispersés. Si nous avons perdu Âix-la-Chapelle, Bréda est en noire possession. Dumouriez réunit au génie du général l'art d'échauffer, d'encourager le soldat. L'hisloire jugera ses talents, ses passions, ses vices; mais ce qui est certain, c'est qu'il est intéressé à la splendeur de ta République. Qu'il soit secouru, et il saura faire repentir l'ennemi de ses premiers succès.
— Oui, s'écrie Barère, faisons aujourd'hui appel à Paris, demain aux départements ; engageons tous les Français à partager la gloire qui accompagnera Dumouriez : car, je le déclare, Dumouriez seul est une année. »
La proposition de Danton est adoptée. La Convention décide également l'envoi de commissaires dans tous les départements de ta République et rappelle à leur poste tous les membres de l'Assemblée absents par congé.
Mais, après les propositions dictées par le patriotisme et l'enthousiasme, arrivent les motions inspirées par la haine et la délation, u Le moment est arrivé, dit le montagnard Duhem, où Paris, par de nouveaux efforts, va imposer silence à ses vils calomniateurs. Robespierre vous a dit qu'il restait encore dans l'élat-major de l'armée des restes impurs d'aristocratie; mais il existe aussi ailleurs des hommes vils et méprisables qui n'aspirent qu'à livrer les patriotes au glaive des vengeances aristocratiques. H faut prendre contre eux une grande mesure révolutionnaire; il faut faire justice de tous ces
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folliculaires dont l'unique occupatioo est de corrompre l'esprit public, de calomnier la GooTentioD, de ta peprésenter aux yeux cle'ses commettants comme indigne de sa mission. Je demande que l'Assemblée chasse de son sein tous ces êtres immondes ; que le Comité de sûreté générale soit investi du droit de poursuivre les auteurs des feuilles périodiques qui tendraient à égarer l'opinion publique, 11 faut que tous ces reptiles impurs soient obligés, comme après le 10 août, de se cacher dans leur honle. »
Cette motion inattendue soulève de part et d'autre les plus vives interpella lions.
<< Oui, s'écrie Bourdon de l'Oise, il faut que Brissot ne puisse plus calomnier la Convention. »
Fonfrède : « Qu'on interdise donc aussi le journal de Marat. »
Bourdon : « Eh bien ! oui. m
Turreau : « Je demande que le Bulletin de la Convention soit le seul qui puisse circuler dans les départements. »
Fonfrède : « Eh quoi ! au moment où nous appelons le peuple aux armes pour conserver la liberté, vous voulez rétablir la censure et l'inquisition? »
Jean-Bon Saint-André, qui se^présente comme ledéfenseur convaincu de la liberté de la presse, entame un long discours pour prouver que tout le monde a droit de parler, que tout lé monde a droit d'écrire; mais, chemin faisant, il attaque nominativement, avec la dernière violence, les deux journalistes girondins Corsas et Brissot, les accuse de tronquer dans leurs journaux la pen-
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sée des orateurs qui leur déplaisent, de traiter d'anarchistes des hommes qui valent mieux qu'eux, et de ne s'occuper que d'iojures et de persounalités. Puis, après être tombé dans le péché qu'il reproche si amèrement à ses adversaires, il déclare, par uoe nouvelle contradiction avec les principes qu'il vient d'émettre, « que la Convention peut et doit chasser des places qu'ils occupent dans l'enceinte de l'Assemblée les journalistes qui en abusent pour corrompre l'esprit public. »
Mais la proposition de Duhem, qui devait être adop~ lée peu de temps après, ne trouve pas cette fois un appui suffisant parmi les amis du fougueux montagnard. L'Assemblée n'y donne aucune suite et se sépare dp bonne heure afin que les quatre-vin^t-seize commissaires qui viennent d'être désignés puissent, ie soir même, fraterniser avec les sections parisiennes et électriser leur patriotisme révolutionnaire.
« 11 faut balayer les traîtres, il. faut tenir le idaivc de la loi levé sur la tê^ des conspirateurs puissants el des généraux, perfides, » avait dit Robespierre. Cette parole du maître avait été entendue par les disciples. Ils la commentent sur tous les tons dans les assemblées de section. Ils cherchent à échauffer les esprits en débitant les nouvelles les plus exagérées sur la situation des affaires extérieures et sur les fautes commises