‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 72 sur 200 · LIVRE XXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXIX

Buzot D'avait pas besoin dVtre interpellé directement, a>mnie venait de le Taire Choudieu, pour intervenir dans une discussioD qui lui était deveoue presque personnelle par la part considérable qu'il avait prise aux débats précédents.

" Est-il vrai, s'écrie-t-ii, que les derniers troubles dont Parisa été le théâtre, il y a dix jours à peine, n'ont été apaisés que par les soins et le courage des citoyens dont on sollicite aujourd'hui l'éloigaemeni ? Est-il vrai que le ministre de la guerre et Saaterre lui-même oDt donné notamment des éloges aux volontaires brestois? Est-il vrai enfin que le miolstre vous ait fait part de ses inquiétudes sur les dangers de nouveaux pillages ? Paris peut-il "en ce moment opposer une résistance convenable aux malveillants, si les citoyens des départements ne le secondent? II Tant avant tout que la • garde nationale parisienne ait à sa tête un commandant choisi par le peuple et qui ait sa confiance; il Tant que te foyer de l'anarchie ne soit plus dans une prétendue muoicipatité qui n'est que provisoii-e et qui ne conserve les rênes de l'administration que pour piller et profiter des pillages qu'elle protège. Lorsque tout sera remis à sa place, je voterai pour que les volontaires qui sont ît Paris aillent aux frontières ; mais jusque-là, il faut avoir la force à opposer aux brigands. Les citoyens de Paris sont las de cet état de choses ; s'il dure encore quelque temps, l'herbe croîtra dans les murs de !a capitale.

— Vous répétez là, répond Thuriot, ce que des homIn^s que nous avons fait arrêter ont osé dire dans

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des écrits iocendiaires ; vous qous apportez des calomaies coDcerl^s avec ceux qui regrettent la mort du ci-devant roi. Nous vous prouverons, par la procédure criminelle que vous avez ordonnée contre les fauteurs des derniers troubles, que cette agitation a été excitée par des Anglais, par des émigrés, par des aristocrates '.

— Et par Marat! » crie-t-oo à droite.

Isnard veut répondre à Ttiuriot, mais son apparition à la tribune est saluée par les vociférations des Montagnards et de leurs adidés qui peuplent tes tribunes. Pendant plusieurs minutes, il lui est impossible de se faire entendre. Enfin sa voix parvient à dominer le tumulte.

«Je déclare, dit-il, que la liberté- des opinions □'existe pas dans cette enceinte. Comme représentant du peuple, j'ai le droit d'être écouté en silence. Eh bien, j'userai de ce droit en faisant constater et inscrire au procès-verbal toute interruption... »

Billaud-Varennes, Camille Desmoulins. Robespierre jeune et leurs auiis apostrophent vivement l'orateur. Pour toute réponse, le député du Var se découvre la poitrine et lance ce défi à ses adversaires : « S'il faut périr ici, nous périrons ! Moniteur, écrivez.... Oui. la Convention, je le répèle, a été au-dessous d'ellemême, elle a manqué à sa propre dignité lorsqu'elle a souiïert que les citoyens présents à ses discussions

1 . Toutes ces aili'ïgaiions de Thuriot n'avalent aucune espèce de fondement; la [irocédurc qui fut ioâtruile par le tribunal de Versailles en est une preuve irrécusable. Mais ne Tallait-il pas reporter sur l'émigration et sur les étrangers tous les méfaitâ de la démagogie?

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