‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 8 sur 200 · LITRE XXVI · texte numérisé non relu

LITRE XXVI

effet. C'est ladémissiOD de Roland, du miaislrequi avait juré tant de fois de mourir à son poste. « Je vicDS, écrit-il, offrir à la Convention mes comptes et ma personne : je crois avoir rempli mes devoirs eo qualité de membre du Conseil exécutif, et je n'entends pas échappera la responsabilité des délibérations auxquelles j'ai participé effectivement; mais je déclare que je nô signerai point le compte général qui doit être rendu au l" février. Ce compte renferme des parties sur lesquelles je n'ai jamais pu être éclairé ni satisfait, spécialement en ce qui concerne les fournitures des armées et le nombre d'hommes qui les compose'. «

Après cette déclaration solennelle, Roland se livre à un long panégyrique de sa propre administration :

I. Dè§ le 16 janvier, Roland envoya h la CoaveotioD le compta des dépenses de son administralion. Il y joignit celui des dépenses faites sur le crédit de 100.000 livres à lui ouvert après le 40 août pour répandre dans les départements des écrits propres i former respfil public; il n'avait employé que 33,000 livres. L'Assemblée ordonna l'impression de ces comptes, mais ce fui tout. Jusqu'au 31 mai, l'ei-ministrc ne cessa d'en demander l'examen et l'apurement, notamment par deux lettres du 34 février et du ÎS mars; ses ennemis surent toujours trouver des prétextes pour en ajourner l'approbation. Collet d'Herbois, qui, en inara 1792, s'était trouvé en concurrence avec Roland pour la place de minisire de l'intérieur et qui depuis cette époque s'élait constitué son ennemi personnel, s'était chargé, à la Société des Jacobins, de dresser l'aijte d'accusation dirigé par les frères et amis contre leur ancien affilié. Il Gt paraître son factum le 3 mare 1793. Ce prétendu rapport ne contient aucun fail, ne présente aucune preuve; il n'esl qu'une violente et groseière diatribe contre le ministre tombé. Le 31 mai arriva, et lu Honlagne apura i sa manière les comptes de son ennemi. Elle proscrivit Roland et envoya sa femme i l'échafaud.

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n Obligé de correspondre avec tous les départements, j'ai déployé une grande activité, un zèle ardent, parce que l'un et l'autre tiennent à mon caractère et à mes principes ; dévoué à la liberté sous le despotisme même, trop simple dans mes mœurs pour avoir besoin d'argent, trop vieux pour désirer autre chose que la gloire, passionné pour le bien public, dont j'ai fait mon idole , j'ai Uavaillé k l'opérer avec cette énergie et cette Fermeté qui ne s'effraient d'aucun obstacle. La calomnie s'est déchaînée contre moi; son absurdité ne peut se comparer qu'à sou audace. J'ai tout bravé, j'ai dû le faire; il n'est pas de dégoût, de persécution, de dangers même, que ne doive supporter celui qui se consacre à faire le bien. Son dévouement ne doit avoir de bornes que l'inutilité dont il devient quand lui-même n'inspire plus de confiance. Ce moment est arrivé pour moi ; j'avais promis de rester jusqu'à ce que la Convention prononçât mon renvoi ; mais notre situation politique est telle que tout ce qui peut entretenir la division et la défiance dans le Corps législatif est capable d'entraîner les plus grands malheurs. Il est de peu de conséquence peut-être que l'on soit injuste à mon égard, et ma perte ou celle de ma gloire ne serait pas celle de l'État. Tout ce qui peut exciter les inquiétudes, soulever les passions, doit être rigoureusement proscrit. Ce n'est pas assez qu'un homme en place soit pur, il ne faut pas qu'il soit suspecté. J'appelle sur mon administration toute la sévérité de la Convention, je n'en crains pas les effets. Je demeure pour les attendre et les subir dans les murs de Paris. Je me présente à mes contemporains, comme h. la

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