LIVRE XXVI. a
ceux-lè mêmes que le scnilin épuratoire du 9 jaovier avait fait sortir du Comité *.
La séance du leDdemaia est marquée par deux iocideals qui montrent combien a été rapide, combieo est profonde la chute du parti girondin.
Le 20 janvier, Kersaint, l'un des députés de la droite qui s'étaient prononcés le plus énergiquemeDl contre la condamnation du roi, avait donné sa démission dans une lettre que l'on peut considérer, à bon droit, comme l'un des actes les plus courageux de cette époque *.
La Montagne avait exigé que le député qui avait osé
t. Voir tome V, p. 134, 331 et 380.
i. La lettre de Kersaiot était ainsi conçue :
s Citoyen président, ma santé depuis longtemps atfiiiblie me rend rbabitnde de la vie d'une Assemblée aussi orageuse que la Convention, impossible. Mais ce qui m'est plus impossible encore, c'est de supporter la honte de m'asseoir daos son enceinte avec àes hommes de sang, alors que leur avis, précédé de la terreur, l'emporte sur celui dos gens de bien, alors que Marat l'emporte sur Pétion. Si l'amour de mon pays m'a Tait endurer le malheur d'ëtra le collègue des panégyristes et des promoteurs des assassinats du 3 septembre, je veux au moins défendre ma mémoire du reproche d'avoir été leur complice et je n'ai pour cela qu'un moment ; demain, il ne sera plus temps.
K Je rentre dans le sein du peuple; je ma dépouille de l'inviolabilité dont il m'avait revêtu, prêt à lui rendre compte de toutes mes actions, et, uns crainte et sans reproche, je donne ma démission de député à la Convention nationale.
* A. GlTT KERSÀINT. 1
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li HISTOIRE DE LA TERREOR.
braver aiosi les colères de la démagogie fût mandé à ta barre. Kersaint se présente trois fois dans la journée du âJ ; il ne peut être reçu; enfin, il est admis au commencement de la séance du 22. Il ne cherche pas à se mettre à couvert derrière la loi qui défend d'incriminer les représentants à raison de leurs opinions. Il ne veut rien rétracter de ce qu'il a écrit : « Oui, je l'avoue, dit-i], le plus grand sacrifice que j'aie pu &ire à ma patrie a été de m'asseoir sur les mêmes bancs que Marat, cet homme qui a osé imprimer qu'il fallait égorger deux cent cinquante mille citoyens, et qui, à la tribune, n'a pas désavoué cette horrible pensée. Vous avez respecté en lui la liberté des opinions; respectezla également en moi. <>
La droite réclame pour Kersaint les honneurs de la séance, et même quelques députés demandent qu'il soit invité à reprendre ses fonctions. Mais la gauche rappelle que la loi répute infâmes et traîtres à la patrie les fonctionnaires qui abandonnent leur poste, et, pour montrer le cas qu'elle fait de la leçon que le démissionnaire semble avoir voulu lui adresser, elle exige que l'ordre du jour soit immédiatement mis aux voix. Kersaint se retire applaudi par quelques amis, hué par la Montagne et les tribunes '.
Une heure après éclate un autre coup de théâtre préparé par la Gironde et dont elle espérait le plus grand
1 . KersaJDt paya de sa tête sa courageuse démarche. Le 3 octobre 4793 il fut arrêta par les ordres du Comité de salut public dans le départ«nieiit de l'Eure, traduit le 5 décembre suivant devant le tribunal rcvolulionnaire, condamné et enéculé le m^mc jour.