‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 4)Chapitre 83 sur 200 · LIVRE XXIX. t · texte numérisé non relu

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eoivrés de la conquête de la UollaDde, nous ne rêvions que succès; déjà nous étions à Amsterdam, déjà la révolution extérieure était terminée. Un mot de vos coaiiBissaires dissipa ce prestige et fit connaître l'austère vérité.

« Il nous laut un gouvernement dont toutes les , parties soient rapprochées. Il existe entre la Convention . et le pouvoir exécutif une barrière qu'il faut rompre parce qu'elle empêche cette liberté d'action qui fait la force du gouvernement. Le Conseil exécutif, presque isolé, communique avec vous non pas seulement au moyen des comités , mais par tel ou tel individu plus intimement lié avec tel ou tel miaistre. Les comilés se saisissent d'une affaire ; sur leurs rapports vous prenez des décisions précipitées. Vous avez déclaré la guerre tantôt à un peuple, tantôt à un autre, sans avoir examiné vos moyens de soutenir vos résolutions. Placés au cenlre de l'Europe, au centre de tous les peuples qui veulent être libres, vous deviez vous assurer les moyens de communiquer avec eux et d'exciter leur élan. Vous deviez employer quelque chose de cet art dont on se sert pour diviser ses ennemis. Le cabinet n'a rien fait, n'a écarté aucun ennemi, ne nous a procuré aucun allié. Tous les gouvernements nous ont tour à tour déclaré la guerre. Dans aucun pays il ne s'est fait un mouvement en notre faveur.

II Et pourquoi cette indifférence des peuples, si ce n'est de la faute de ce ministre dont on n'examine pas la conduite? En organisant la calomnie perpétuelle contre la Révolution, l'envoi dans tous les pays de libelles où

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les principaux évéaemeDts sont dénaturés, oùleshonimes qui ont le plus combattu pour la liberté sont dénigrés, il vous a aliéné l'opinion des peuples. Le ministère, tel qu'il est organisé, comprime tout, empêche tout. Un fait qui ne peut être nié, c'est qu'il y a trois mois Dumouriez proposait l'invasion de la Hollande et qu'en dépit des réclamations des patriotes bataves Pouvoir exécutif et Comité diplomatique se sont trouvés d'accord pour repousser l'idée du victorieux général.

a II faut faire de profondes modiftoationsdans l'organisation du pouvoir exécutif. Si vous ne les faites promptement, vous errerez toujours de révolution en révolution et vous conduirez la République à sa porte. »

Robespierre venait de tracer le programme du nouveau tribunal révolutionnaire et celui du futur Comité de salut public. II avait su mêler liabilement, dans son réquisitoire, les généraux et Roland, le ministre des affaires étrangères et Brissot. Il avait fait servir les désastres de nos armées à satisfaire ses haines, et cependant il avait à peine passionné son auditoire. Aussi Danton sent-i! le besoin d'élever le débat et d'électriser l'Assemblée pour lui arracher les décrets qui doivent consacrer le triomphe de la Montagne.

» Citoyens, dit-il, les considérations générales que l'on vient de vous pa^senter sont vraies; mais il s'agit moins d'énumérer les maux qu'éprouve la patrie, que d'appliquer le remède. Quand un édiftce est en feu, je ne m'attache point aux fripons qui enlèvent les meubles; j'éteins l'incendie. Vous devez être convaincus, par la

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Jecture des dépêches de DuiQouriez, qu'il n'y a pas un seul instaDt à perdre pour sauver la République. Dumouriez avait conçu un plan qui honore son génie. Je dois ici lui rendre une justice bien plus éclatante que je ne l'ai fait jusqu'à présent è celte tribune. Il y a trois mois, Diuuouriez avait annoucé au pouvoir exécutif et au comité de défense générale que, si on n'envahissait pas la Hollande au milieu de l'hiver, il fallait renoacer à tous les avantages que nous avions obtenus dans la Belgique. Puisqu'on a méconnu ce trait de génie, il faut réparer nos fautes '.'Dumouriez n'est pas découragé, il est au milieu de la Hollande, il a pris Bréda et Gertruydenberg; il ne lui fout que des soldats, et la France regorge de citoyens. Voulons-nous être libres ? Si nous ne le voulons pas, périssons, car nous Tavons tous juré. Si nous le voulons , volons tous à la frontière pour défendre notre indépendance. C'est en Hollande que se trouvent les ressources de nos ennemis;- c'est de là que Filt tire l'or qu'il prodigue à pleines mains. Prenons la Hollande, et Carthage est

détruite Il faut agir et non délibérer. Vous avez

rendu un décret qui nomme des commissaires pour les déparlements; soutenez-les par votre énergie, qu'ils ■ partent ce soir, cette nuit; qu'ils disent aux riches :

1. Robespierre et Danton font ici, l'un et l'autre, allusion aux projeta d'expédition de Hollande que Dumouriez avait proposés par son chef d'élat-major Thouvenot et que le Conseil exécutif avait repoussés dans SCS séances du 1t et du 13 décembre, sans vouloir, comme te proposait le général en chef de l'armée du Nord, autoriser la réunion d'un conseil de guerre pour en élibérer.

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« Il n'y a qu'un moyen (le vous conserver volne luxe; 8 il faut que l'aristocratie de l'Europe, succombant sous a nos efforts, paye notre dette, ou que vous la payiez; « le peuple n'a que du sang, il le prodigue. Allons, Il misérable, prodiguez vos richesses ! » Voyez les destinées qui vous attendent. Quoi ! vous avez une nation pour levier, la raison pour point d'appui, et vous n'avez pas encore soulevé le monde I ^

« Je mets de cdté toutes les passions. Elles me sont étrangères, excepté celle du bien public. Ëh bien ! dans des circonstances plus difficiles que celle où nous nous trouvons, lorsque l'ennemi était aux portes de Paris, j'ai dit à ceux qui gouvernaient alors : « Vos discussions « sont misérables; je ne connais que l'ennemi, battons a l'ennemi ! Vous, qui me fatiguez de vos contestations a particulières, au lieu de vous occuper du salut de la « République, je vous mets tous sur la même ligne, je « vous répudie tous comme traîtres à la pa'trie. » Je leur ai dit : <( Que m'importe ma réputation ! Que la France u soit libre et que mon nom soit flétri à jamais ! J'ai con- « senti à être appelé buveur de sang ; eh bien ! buvons R le sang des enoemis de la pabie. Combattons et conte quérons la Liberté. » Je le répète, et que le riche écoute ce mot : « Il faut que nos conquêtes payent la dette ou « que le riche la paye avaut peu. » La situation est cruelle. Le signe représentatif n'^t plus en équilibre dans la circulation. La jouraée de l'ouvrier est audessous du numéraire. Il faut sortir de là par un grand effort. Conquérons la Hollande. Ranimons, ea Angleterre le parti de la République qui n'est point

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