‹ Histoire de la Terreur, d'après des documents authentiques et inédits (volume 5)Chapitre 115 sur 279 · LIVRE XXI. m · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. m

On aurait pu espérer que pendant ces cinq jours, toute discussion irritante serait ajournée, mais l'animosité des Girondins et des Montagnards était trop grande pour qu'ils voulussent accepter une trêve cependant si courte. C'est Ducos qui recommence l'attaque en soulevant une question non moins brûlante que celle du jugement du Roi, celle de l'ostracisme a prononcer contre certains membres de la Convention. Après avoir, en qualité de membre du Comité de correspondance, analysé plusieurs pétitions traitant de différents objets, il lit in extenso, comme pour lui donner une sorte de consécration officielle, une adresse de l'assemblée électorale des Bouches du Rhône, qui demande que la Convention rende un décret d'accusation contre Marat.

de l'accusation dirigée contre Louis XVI. Ces Commissions furenl au nombre de trois :

1° La Commission des Vingt-quatre, nommée le 1er octobre (voir t. IV, p. 447), qui fut chargée d'examiner les papiers recueillis par le Comité de surveillance de la commune 4e Paris, et notamment, en ce qui concernait Louis XVI, les papiers trouvés chez Laporte et Sepleuil, Fun, intendant, l'autre, trésorier de la liste civile; Valazé fut le rapporteur de cette première Commission ;

2° La Commission des Douze, nommée le 24 novembre (voir p. 195 de ce volume) pour examiner les papiers . trouvés dans l'armoire de fer. Rhiil fut l'organe habituel de cette Commission;

3° La Commission des Vingt-et-un, créée le 6 décembre, et formée en très-grande partie des éléments des deux premières ; elle fut composée des douze conventionnels dont nous ayons donné les noms, p. 495, et des neuf membres qui leur furent adjoints par délégation des trois Comités, à savoir : Duprat, Cochon, Cavaignac, Robert Lindet, Garan- Coulon, Barbaroux, Valazé, Poullain-Grandpré et Doublet. Robert Lindet et Barbaroux déposèrent leurs rapports au nom de cette Commission les 40 et 44 décembre.

Cette adresse se terminait ainsi : « Souvenez-vous que le peuple a conservé le droit de rappeler ceux de ses représentants qui oseraient trahir la patrie. »

Les amis de la Gironde avaient été secrètement avertis ; ils étaient tous à leur poste ; le reste de la salle était fort dégarni , comme cela arrivait souvent le dimanche. Guadet, le plus habile peut-être des Girondins, s'était chargé d'enlever le vote du décret.

A peine la lecture de l'adresse marseillaise est-elle achevée qu'il s'élance à la tribune et demande que le principe incontestable, énoncé dans cette pétition, soit consacré par un décret solennel. «Aux voix! aux voix! » crie-t-on de toutes parts. Le président Barère semble hésiter, mais l'immense majorité des membres présents exige que le décret soit voté immédiatement. Force est à Barère d'obéir aux injonctions réitérées qui lui sont adressées. Le décret préparé d'avance est lu et adopté au milieu des plus vifs applaudissements 1.

Le montagnard Merlin (de Thionville) demande quel sera le Comité chargé de proposer les moyens de mettre en pratique le principe qui vient d'être adopté ; le girondin Rouyer lui répond « que le mode d'exécution est tout trouvé et qu'il suffit de convoquer purement

4 . Voici le texte même du décret proposé par Guadet : « La Convention, sur la motion d'un membre, décrète que les « assemblées primaires de chaque département de la République se « réuniront dans le délai de huitaine pour procéder, par un scrutin « épuratoire, ou à la confirmation ou au rappel des députés de leur « département. Il sera procédé par le corps électoral au remplacement « de ceux des membres qui pourraient être rappelés par la majorité « des assemblées primaires du département. »

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